L'orthoténie globale

Jusqu'ici, Aimé Michel était sur la piste d'alignements journaliers, qui, lorsqu'il y avait sufisamment d'observations, formaient des réseaux. En cherchant ce qu'il y avait de commun dans les réseaux du 2 et du 7 octobre, il commençait à imaginer une structure permanente. Aiguillé par d'autres chercheurs, il va finir, par découvrir des alignements permanents.

1.— D'abord, j'insiste : mon livre a été écrit il y a cinq ans. Depuis sa parution, en France, aux États-Unis, de nombreux investigateurs ont critiqué, perfectionné, fignolé cette théorie : théorie dont je ne suis que le promoteur et qui depuis a été considérablement améliorée. J'en fus le protagoniste et ne suis plus de toute façon le seul chercheur travaillant sur les lignes que
j'ai indiquées dans mon livre.
...

2.— Néanmoins, tous les chercheurs qui ont étudié les alignements basés sur les observations actuelles et non simplement d'une façon superficielle et théorique, sont maintenant convaincus que certains de ces alignements correspondent à un agencement bien ordonné et commandé par des intelligences de l'extérieur. Il n'y a pas sur ce point particulier de divergence d'opinion parmi les personnes citées ci-dessus.

Je dis CERTAINS alignements. Le premier résultat obtenu par l'investigateur qui dès le début refit mes calculs, Alexander Mebane, de la Civilian Saucer Intelligence de New-York, montre qu'un nombre considérable de lignes droites que j'avais tracées peuvent s'expliquer simplement par les lois du hasard. Alex. Mebane nous a rendu un grand service en élaguant les lignes incertaines ou soi-disant et en faisant ressortir clairement celles : certainement PAS incertaines, c'est-à-dire inexplicables. C'est sur celles-ci que j'ai concentré mes efforts ces cinq dernières années. Cela nécessiterait un nouveau livre pour exposer en détail ce que cette étude m'a apporté. Ainsi, je ne mentionnerai qu'une de ces lignes : à savoir celle de Bayonne-Vichy du 24 septembre 1954 (page 74 de mon livre).

3.— L'alignement Bayonne-Vichy avait déjà attiré l'attention de Alex. Mebane (p. 258-259). Par sa méthode de calcul, il a trouvé une probabilité de 1/500.000 dans le cas le plus défavorable et de 1/40.000.000 dans le cas le plus favorable (voir note 5, p. 79 de mon livre. Édition américaine).

Actuellement, dans mon livre cette ligne n'a que 6 points. En 1958, mon ami et antagoniste, François-Jacques Bergier, me présenta une coupure du journal « Le Parisien Libéré » relatant une observation faite ce même 24 septembre ; observation que je n'ai pas citée dans mon livre — je n'en eus pas connaissance. Regarde m’a-t-il dit, une de plus de « Soucoupe Virgilienne » et ton alignement s'explique par le hasard. Dès l'abord, je fus très bouleversé par cette objection. L'observation avait eu lieu au Portugal, dans un petit village des Monts de la Sierra de Gardunha, près de la frontière hispano-portugaise. Il me vint alors l'idée de prolonger la ligne Bayonne-Vichy vers le Sud-Ouest au delà de Bayonne pour voir où elle passait. Tant que je vivrai, je n'oublierai jamais la stupéfaction de Bergier — et de moi-même — lorsque nous trouvâmes que la ligne coupait la Sierra de Gardunha à l’endroit de l’observation portugaise et cela à 600 kilomètres de Bayonne ainsi repérée avec précision sur l'alignement établi par moi 2 ans auparavant. De ce fait, que la probabilité de cette coïncidence extraordinaire soit due au hasard, même dans le cas le plus défavorable, il ne restait plus qu'une chance sur plusieurs dizaines de milliers. Cela fut la seconde occasion de ma vie de découvrir le point EXACT de l'observation simplement en prolongeant la ligne. Nous verrons dans un moment, que depuis nous avons fait encore mieux.

4. — Vers la même période, un de mes amis, astronome de profession, me fit un jour cette remarque qui me donna à réfléchir. Il serait remarquable, m'a-t-il dit, de trouver que ces observations formant des alignements soient toutes observations faites le même jour. Mais ne seraient-ils pas des alignements permanents suivant lesquels les observations se répéteraient à différentes dates ?
Note: cet astronome était feu l'astronome Pierre Guérin.

Je me suis rappelé qu'en effet cet alignement du 24 septembre 1954, traversait Dôle dans le Jura, où, à deux occasions, les jours précédents, un objet avait été vu. Approfondissant la chose, je me suis assuré que cette ligne avait été « visitée » une bonne douzaine de fois la semaine avant le 24 septembre et la semaine suivante. Appliquant ma méthode de calcul à l'ensemble de la période, c'est-à-dire en tenant compte de toutes les observations, la probabilité que cette ligne puisse être un caprice du hasard s'avère être de l’ordre de 1 à plusieurs millions. C'était vraiment une ligne permanente.

SUR LA LIGNE!

Sur ces entrefaites, pendant la nuit du 24 octobre deux apparitions presque simultanées eurent lieu en France, à Tulle et à Brive. De nouveau, elles étaient sur la ligne ! Mais cette fois c'était 3 ans plus tard. Était-ce une coïncidence ? En 1960, j'ai voulu étudier la question et j'ai fait le calcul du prolongement planétaire de cet alignement particulier. J'obtins ainsi sur la mappemonde une ligne qui traverse l'Europe, l'Union Soviétique, la Chine, Formose, la Nouvelle-Guinée, la Nouvelle-Zélande, l’Amérique du Sud (de Valdivia au Chili à la côte brésilienne entre Saô-Luiz et Fortaleza), l'Atlantique, le Portugal et l'Espagne. À première vue, je fus frappé par quelque chose : il y a eu cinq vagues d'apparitions depuis 1954 ; à savoir une en Europe occidentale (celle relatée dans mon livre), une aux États-Unis au 1957, une dans une zone limitée du Brésil autour de Fortateza, une autre en Nouvelle-Guinée en 1959 (Rapport Cruttwell) et finalement une en Nouvelle-Zélande en 1960 (voir particulièrement les numéros de la Flying Saucer Review de mars-avril 1960, de septembre-octobre 1960, et aussi de janvier-février 1960, p. 30). De ces 5 vagues, 4 sont littéralement « semées » le long de la ligne Bayonne-Vichy, de sorte que celle ligne dont le rôle principal, mis en lumière pour la première fois suite aux observations en Europe, semble en définitive jouer le rôle principal dans les activités extra-terrestres se manifestant sur la surface de notre planète.
Note: Le grand cercle passe effectivement par le sud de Formose, mais le fait qu'il traverse des pays où des vagues ont eu lieu ne prouverait quelque chose que si on y retrouvait des séries de points alignés, comme de Bayonne à Vichy.

LES GRANDES VAGUES

Néanmoins, je réservais mon jugement et attendais le cours des événements. Voici le fait saillant : chacun sait qu'une nouvelle vague eut lieu en Argentine en 1962 et une fois de plus — pour la cinquième fois en huit ans sur le Grand-Cercle Bayonne-Vichy. Notre ami Cristian Vogt passait à Paris à cette époque pendant que l'organisation C.O.D.O.V.N.I. observait cette vague dans son pays, il vit sur notre carte indiquant le Grand-Cercle et en fut vivement frappé. Pour la première fois dans l'histoire de l'ufologie, l'esquisse d'un système ordonné intéressant toute la planète nous sautait aux yeux... Il faut le dire, nous fûmes tous profondément émus. Évidemment, constamment quelques UFOS avaient été observés à travers le monde. Mais le phénomène des grandes vagues, original et maintenant bien familier aux investigateurs, paraît suivre quelque disposition topographique embrassant la planète tout entière. Parmi les six vagues observées, 5 sont disposées sur le même Grand-Cercle. Quant à la sixième, la vague américaine, qui pouvait manquer de noter la coïncidence avec le lancement du premier Spoutnik ? Par ailleurs, la vague américaine fait ressortir quelques différences avec les vagues classiques : par exempte l'absence du grand cigare-nuage.

5 — Ici, je dois dire quelque chose du travail de Jacques Vallée concernant la généralisation du concept de Grand Cercle et les résultats troublants auxquels il est arrivé. Cependant, il le ferait mieux que moi s'il le jugeait opportun. Ce travail implique une délicate recherche nécessitant l'analyse trigonométrique et statistique, ce qui pourrait mener très loin.

APPELLATION-CODE BAVIC

  Quant à moi, je m'étais limité, avec le concours d'un ami astronome, à l'analyse serrée de l'alignement Bayonne-Vichy auquel Vallée a donné l’appellation-code BAVIC L'idée — confirmée ultérieurement — était que l'étude approfondie de BAVIC, dans une zone limitée (en France par exemple) pouvait ouvrir une piste conduisant à de futures découvertes. Alors nous avons commencé à examiner le terrain, à étudier soigneusement les atterrissages signalés sur la ligne : travail qui nous a permis, en effet, de définir avec une très grande précision la trajectoire de cette ligne. C'est à quoi nous sommes arrivés en août 1962 lorsque se produisit en France la plus sensationnelle observation de l'année.
  Le 29 août, au village de Vauriat (Puy- de-Dôme), quelques personnes virent, à 13h45 (en plein jour) un véritable ballet, qui dura plusieurs minutes, exécuté par une escadrille d'engins inconnus. L'un des témoins oculaires, ingénieur, pilote expérimenté, membre de l'Aéro-Club d'Auvergne, envoya un premier rapport au Général Chassin et ensuite un second à mon ami l'astronome. L'escadrille composée de 4 unités a été nettement observée à courte distance et à basse attitude- J'ai été immédiatement frappé par le comportement compliqué de ces engins : même manœuvre en zigzag que j'ai déjà signalée au cours des apparitions de la vague de 1954 — voir mon livre page 182, milieu — marquant un changement de direction à l'intersection de deux lignes. Nous devions par conséquent, chercher où se trouve le petit village de Vauriat. Le rapport dit, dans le Puy-de-Dôme. Mon ami, l'astronome, prit une carte au 1/200.000° du Puy-de-Dôme — carte Michelin n°73 — qui est du format 40cm x 50cm et porte des milliers de noms. Après une heure de recherches, nous n'avions pas encore trouvé ce petit village. C’est alors que mon ami eut une idée : « BAVIC ». s'est-il dit, BAVIC traverse le Puy-de-Dôme. Alors Vauriat doit se trouver sur BAVIC !
  Il prit alors une règle et traça BAVIC sur la carte. Il consulta de nouveau le rapport d’observation qui dit : « L'observation a eu lieu juste à côté de la gare de Vauriat ». Il y a donc une ligne de chemin de fer traversant le village. Mon ami fit le raisonnement suivant : « Si Vauriat est sur BAVIC, ce que je dois faire est de suivre BAVIC sur l'ensemble de la carte jusqu'à ce que l'alignement coupe une ligne de chemin de fer et là je trouverai Vauriat ».

C'ÉTAIT VAURIAT !

  Il posa le doigt à l’une des extrémités de BAVIC, suivit la ligne et arriva à une ligne de chemin de fer. À quelques millimètres du point d'intersection BAVIC coupe juste le centre d'un petit village. Mon ami se pencha et lut le nom :
  C'était Vauriat !
Note: Sans se référer à BAVIC, il aurait été plus simple de suivre les quelques voies de chemin de fer qui figurent sur la carte. Il aurait trouvé en quelques minutes.
Par ailleurs, dans un autre texte, Aimé Michel donne une version lègèrement différente:
Un de mes amis (que je ne nommerai pas parce qu'il appartient au Centre national de la Recherche scientifique) entreprit de repérer ce lieudit sur la carte du Puy-de-Dôme au 200 000e, tâche fastidieuse et sans espoir: cette carte mesure un mètre dix de long sur cinquante centimètres de large et comporte des milliers de noms (c'est la Michelin n° 73). Après avoir vainement cherché pendant une heure ou deux, il eut soudain une idée: l’alignement "Bavic" ne traverserait-il pas le Puy-de-Dôme? Si, précisément, si donc l’observation était authentique, il y avait une bonne chance pour que Le Vauriat se trouvât sur cet alignement, car la manœuvre décrite était celle d'une intersection de lignes.
II porta donc sur la carte les coordonnées de "Bavic" qu'il traça avec beaucoup de soin, et se reporta au récit des témoins.
"Les quatre objets, pouvait-on lire dans la Montagne, se mirent alors à décrire une sorte de ballet au-dessus de la gare..."
La gare! Il y avait donc une voie de chemin de fer! Notre ami mit le doigt sur une extrémité de la ligne et la suivit jusqu'à ce qu'elle coupât une voie. A ce point précis, "Bavic" traversait un tout petit village. Notre ami se pencha et lut: le Vauriat. Il m'appela aussitôt au téléphone et, je dois le dire, sa voix tremblait.
(Aimé Michel, Oui, il y a un problème soucoupe volantes, Planète n° 10, 5-6 1963, p.89-107)
.

  À moins d'un millimètre, c'est-à-dire 200 mètres, à l'échelle — car n'oublions pas que le Grand Cercle fait le tour de la terre — la ligne découverte en 1957, nous a permis de localiser une apparition en 1962. Une fois de plus la méthode de la ligne droite nous avait donné la très rare émotion d'avoir fait une découverte. Cela nous incita, cette fois, à organiser sans tarder la recherche systématique dans les régions traversées par BAVIC. C'est ce que nous avons entrepris, ici en France, depuis l’automne 1962. Il est encore trop tôt, cependant, d'exposer,ici, les nouveaux faits auxquels le flair nous a conduits, car quelques-uns d'entre eux demeurent incompréhensibles. Mais, dès maintenant, nous avons la certitude comme dit le dicton français qu'« il y a de quoi faire ». Les pilotes des U.F.O.S., cela n'est pas douteux, nous dominent à leur gré par leur technique, mais à présent, il est prouvé que les méthodes de la science humaine permettent d'étudier quelques caractères de leur comportement.
  Je voudrais, pour finir, insister sur deux faits : D'abord, l’Orthoténie qui n'était qu'une simple théorie est devenue à la fois une méthode de recherche et un fait. Un fait, car il n'est plus douteux que l'observation de notre planète par les extra-terrestres est organisée, tout au moins en partie sur les Grands Cercles de la Terre. Une méthode, car nous commençons à interpréter le sens de cette organisation et à concevoir la possibilité de prévoir des apparitions futures.
(Aimé Michel, Orthoténie globale, Lumières dans la nuit n°62, octobre 1963, p.6-7)

Mieux encore! Il y a d'autres grands cercles où l'activité ufologique est permanente. Don Johnson nous rappelle que Michel et Vallée avaient trouvé deux autres alignements remarquables: AUPER et CAMAC. Et tenez vous bien: David Saunders avait montré que ces alignements recoupaient BAVIC au même point!

If BAVIC is real, it ought not to be a unique occurrence. There should be other examples of orthoteny. Saunders applied the same statistical technique to other great circle lines proposed as remarkable by Michel and Vallee. Two other alignments that occurred in France in the autumn of 1954 were also statistically remarkable. One of these lines is known as CAMAC and is based on eight reports, all dated October 7, 1954. The other is known as AUPER. It was originally defined by just five observations dated October 1, 1954, but was reinforced by four more points that occurred on September 17, 1954, a week before BAVIC.

When Saunders plotted these three lines on a map he made two startling discoveries. First. all three of these lines seem to pass through the same point (see Figure 1). Saunders noted that when testing this interpretation by computing the precision of the intersection, he found it to be “a perfect intersection beyond what would be expected from the approximate determinations of the individual lines.”

The intersection is very close to a village in central France called Le Vauriat, Puy-de-Dôme. It was the scene of an unusually good UFO sighting on August 29, 1962. If you had followed the debate between Michel and Menzel during the 1960s, you would have known that Menzel was particularly unhappy with Michel’s conclusion that Le Vauriat is on BAVIC. Not only is it on BAVIC, Saunders reported, but Le Vauriat is on all three of these great circle lines.
Si BAVIC est réel, il ne devrait pas s'agir d'un cas isolé. D'autres exemples d'orthoténie devraient exister. Saunders a appliqué la même technique statistique à d'autres lignes de grand cercle jugées remarquables par Michel et Vallée. Deux autres alignements observés en France à l'automne 1954 présentaient également des caractéristiques statistiques remarquables. L'un de ces alignements, connu sous le nom de CAMAC, repose sur huit observations, toutes datées du 7 octobre 1954. L'autre, appelé AUPER, a été initialement défini par seulement cinq observations datées du 1er octobre 1954, mais a été confirmé par quatre points supplémentaires relevés le 17 septembre 1954, une semaine avant BAVIC.

Lorsque Saunders a tracé ces trois lignes sur une carte, il a fait deux découvertes surprenantes. D'abord, ces trois lignes semblent passer par le même point (voir figure 1). Saunders a noté qu'en vérifiant cette interprétation par le calcul de la précision de l'intersection, il a constaté qu'il s'agissait d'une intersection parfaite, bien au-delà de ce que l'on pourrait attendre des approximations obtenues par le tracé des lignes individuelles.

L'intersection se situe tout près du village du Vauriat, dans le Puy-de-Dôme, en France. C'est là qu'a eu lieu une observation d'OVNI particulièrement prometteuse le 29 août 1962. Si vous aviez suivi le débat entre Michel et Menzel dans les années 1960, vous sauriez que Menzel était particulièrement mécontent de la conclusion de Michel selon laquelle Le Vauriat se trouvait sur la ligne BAVIC. Or, comme l'a rapporté Saunders, non seulement Le Vauriat s'y trouve, mais il est situé sur les trois lignes orthodromiques.

Figure 1. Orthotenic alignments in the french wave of 1954.
(Don Johnson, New lines in UFO research: Orthoteny revisited, IUR vol.25 n°1, spring 2000, p.18-19,32)

Fabuleux, n'est ce pas? La science est en marche. Nous semblons sur le point de découvrir comment les extra-terrestres s'y prennent pour explorer la Terre.
Dommage que l'auteur s'autorise des erreurs de localisation de près de 20 km.
En fait, Le Vauriat se trouve bien sur BAVIC, et les trois alignements cités se recoupent approximativement bien, mais pas sur Le Vauriat.

Non M. Saunders, Le Vauriat n'est pas le nombril du monde.
Et nous verrons plus loin que tout cela va progressivement s'effondrer.

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Dernière mise à jour: 11/01/2026