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2021 Marc Lefrançois mélange tout.

Marc Lefrançois |

et son livre |
Marc Lefrançois, né en 1973, n'est franchement pas un historien, ni même un historiographe. Ce serait plutôt un anecdotiste, abreuvant ses lecteurs de courtes historiettes à propos de personnage historiques. Des historiettes largement connues et déclinées sur tous les tons, parfois même attibuées à des personnages plus célèbres que l'original. On pourrait dire des poncifs, et même des rumeurs dans la mesure où on n'en cherche jamais la source originale. Un exemple, parmi 1000 serait "vaste programme!", répartie attribuée au général de Gaulle après qu'un de ses collaborateurs ait crié "mort aux cons!"
On lui doit ainsi: Dans l'intimité des rois et reines de France, Histoires insolites des rois et reines de France, Histoires insolites des grands aventuriers, Les bons mots de l'histoire, etc...
Le livre qui nous intéresse ici est Ma dose quotidienne d'Histoire, débitant 365 séances de lecture, mais qu'il aurait mieux fait d'appeler Ma dose quotidienne d'histoires, et dont est tiré le passage suivant.
Charlemagne contre les extraterrestres.
Depuis Abraham Lincoln, chasseur de vampires, on sait qu'il est possible de compter sur un chef d'état pour combattre les forces du mal.
Note: Abraham Lincoln n'a jamais été chasseur de vampires. Il ne l'est que dans une fiction de Seth Grahame-Smith parue en 2010.
Hé bien, savez vous que Charlemagne lutta lui ausi contre les forces occultes, et plus précisément les extraterrestres.
Note: Il n'y a que quelques illuminés et le vice-président J.D. vance pour prendre les extraterrestres pour des forces occultes.
Agobard, très sérieux bibliothécaire de Charlemagne, et futur évêque de Lyon, attire l'attention de l'empereur sur l'existence d'un "peuple des airs".
Note: Agobard n'était pas le bibliothécaire de Charlemagne, c'est son prédéceseur Leidrade qui le fut. Il n'attira pas l'attention de l'empereur à qui le livre d'Agobard n'était pas destiné. Au contraire il dénonça la croyance au "peuple des airs".
Il est question de créatures vivant entre les anges et les hommes, des êtres originaires d'un pays mystérieux, entre terre et ciel, appelé la Magonie.
Note: La Magonie est bien un pays mystérieux, et lointain, mais il n'est dit nulle part qu'il est situé entre terre et ciel.
Se déplaçant dans des vaisseaux qui voguent sur les nuages, les magoniens capables de modifier le climat par la magie, déclenchent des intempéries qui sont désastreuses pour les cultures.
Note: Les navires des magoniens viennent dans les nuages, mais pas forcément sur eux. Ce sont les tempestaires, et non les magoniens qui déclenchent les intempéries.
Alors, pour se prémunir de tels méfaits, les paysans se mettent à planter dans leurs champs de grand mats chargés de formules.
Note: Cette pratique est mentionnée dans un capitulaires de Charlemagne, et rappelée par Arago, qui avertit de ne pas y voir l'ancêtre des paratonnerres. Mais elle n'est pas mentionnée par Agobard, qui explique que les paysans payaient un "canonique" à de prétendus tempestaires pour préserver leurs récoltes.
Plus inquiétant, des êtres aériens auraient enlevé des Terriens pour leur montrer leurs bonnes intentions avant de les ramener indemnes sur Terre.
Note: Cette fois, il s'agit d'une pure invention de Montfaucon de Villars dans sa fiction Le comte de Gabalis.
Terrifiés des Lyonnais s'empresseront de capturer de supposés aériens, puis de les jeter dans le Rhône attachés à de grosses pierres.
Note: Plusieurs auteurs, mélangent la fiction de Montfaucon de Villars, et les massacres de l'an 810, mais les victimes furent attachés à des planches et non à de grosses pierres.
Alors qu'Agobard combat l'esprit de superstition dans un ouvrage « De grandine », Charlemagne finit par interdire dans ses Capitulaires toutes pratiques liées à ces croyances.
Note: Pour une fois, c'est vrai.
Une interdiction reprise par son fils Louis le pieux, mais qui veillera à s'assouplir avec le petit fils de Charlemagne, le roi Charles le chauve, prétendant avoir lui-même rencontré une « créature d'une blancheur éclatante, munie d'une arme jetant une lueur extraordinaire comme celle d'une comète ».
Note: Un manuscrit attribué à Charles le Chauve raconte un voyage extatique qu'il fit, accompagné d'une créature qui lui remit un peloton de fil jetant une lumière extraordinaire, mais il n'y est nullement question des tempestaires.
Conclusion
A part le fait que Charlemagne ait bien condamné les pratiques des tempestaires, il n'y a rien de vrai dans tout ce que vient de raconter l'auteur. Reconnaissons tout de même qu'en matière de faussetés, il est loin derrière Guy Breton.
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