168 avant JC
Macédoine, éclipse de lune
En réalité: éclipse de lune

vers 9 avant notre ère, Tite Live mentionne la prédiction d'une éclipse:
Castris permunitis C- Sulpicius Gallus, tribunus militum secundae legionis, qui praetor superiore anno fuerat, consulis permissu ad contionem militibus uocatis pronuntiauit, nocte proxima, ne quis id pro portento acciperet, ab hora secunda usque ad quartam horam noctis lunam defecturam esse. id quia naturali ordine statis temporibus fiat, et sciri ante et praedici posse. itaque quem ad modum, quia certi solis lunaeque et ortus et occasus sint, nunc pleno orbe, nunc senescentem exiguo cornu fulgere lunam non mirarentur, ita ne obscurari quidem, cum condatur umbra terrae, trahere in prodigium debere. nocte, quam pridie nonas Septembres insecuta est dies, edita hora luna cum defecisset, Romanis militibus Galli sapientia prope diuina uideri; Macedonas ut triste prodigium, occasum regni perniciemque gentis portendens, movit nec aliter uates. clamor ululatusque in castris Macedonum fuit, donec luna in suam lucem emersit.
Lorsque les Romains eurent achevé leurs retranchements, C. Sulpicius Gallus, tribun militaire de la seconde légion, qui avait été préteur l'année précédente, convoqua les soldats avec l'autorisation du consul, et les prévint "de ne point regarder comme un présage l'éclipse de lune qui aurait lieu la nuit suivante, depuis la seconde heure jusqu'à la quatrième. C'était, dit-il, un phénomène périodique et dû à des causes toutes naturelles, qu'on pouvait d'avance calculer et prédire aussi sûrement que le lever et le coucher de la lune et du soleil. Puisque les phases diverses de la lune, tantôt dans son plein, tantôt sur son déclin et réduite au simple croissant, ne leur causaient aucune surprise, ils ne devaient pas regarder comme un prodige qu'elle s'obscurcît tout à fait, quand la terre la couvrait de son ombre. Cette éclipse arriva à l'heure indiquée, dans la nuit qui précéda le premier jour des nones de septembre, et fit regarder, par les soldats romains, Gallus comme un sage inspiré des dieux. Les Macédoniens, au contraire, y virent un présage funeste, annonçant la ruine du royaume et l'anéantissement de leur nation. Ce prodige s'accordait d'ailleurs avec les prédictions de leurs devins. Aussi, leur camp ne cessa-t-il de retentir de cris et de hurlements, jusqu'à ce que le disque de la lune eût reparu.
(Livius, liv XLIV, ch XXXVII)
Note: C'est la traduction de M. Nisard, en 1864. La date indiquée par Tite live, pridie nonas Septembres, soit le 4 septembre, ne correspond pas du tout avec celle calculée, qui est le 21 juin. La suite du texte de Tite Live place encore la bataille au mois de Septembre, en la situant 13 jours avant le 10 des calendes d'octobre, qui est en fait le 21 septembre, ce qui placerait la bataille le 8 septembre, et l'éclipse le 7. Il ne faut pas accuser Tite Live, mais le calendrier fantaisiste des pontifes de l'époque qui plaçait le début de septembre au moment du solstice d'été.

vers 73 de notre ère, Pline mentionne aussi la prédiction.
Et rationem quidem defectus utriusque primus Romani generis in vulgum extulit Sulpicius Gallus, qui consul cum M. Marcello fuit, sed tum tribunus militum, sollicitudine exercitu liberato pridie quam Perses rex superatus a Paulo est in concionem ab imperatore productus ad praedicendam eclipsim, mox et composito volumine.
Le premier Romain qui exposa publiquement la théorie des éclipses du soleil et de la lune est Sulpicius Gallus, qui fut consul avec Marcellus, mais qui alors était tribun militaire. La veille du jour où Persée fut défait par Paul-Émile il parut par ordre du général, afin de prévenir les alarmes de l'armée, devant les troupes assemblées pour annoncer l'éclipse qui allait survenir; peu de temps après, il composa un livre sur ce sujet.
(Pline1, liv II, ch 9)

vers 100, Plutarque raconte différemment l'éclipse.
Quand la nuit fut venue, et que les soldats, après le souper, se disposaient au sommeil et au repos, la lune, qui était dans son plein et déjà haut dans le ciel, se mit tout à coup à noircir : elle perdit peu à peu sa lumière, et, après avoir changé plusieurs fois de couleur, elle s'éclipsa complètement. Les Romains frappaient avec grand bruit, comme c'est leur coutume, sur des vases d'airain pour rappeler sa lumière, et ils élevaient vers le 65 ciel une grande quantité de torches et de flambeaux allumés. Les Macédoniens ne firent rien de semblable ; leur camp était en proie à l'horreur et à l'épouvante ; un bruit courait sourdement à travers la multitude, que le phénomène annonçait la chute du roi. Paul Emile n'était pas entièrement neuf sur cette matière : il avait entendu parler des anomalies de l'écliptique, qui précipitent la lune, après certaines révolutions réglées, dans l'ombre de la terre, et la font disparaître à nos yeux, jusqu'à ce qu'ayant traversé l'espace obscurci, elle resplendisse de nouveau à la lumière du soleil.
(Plutarque1, Vie de Paul Emile, ch 17)

1545 Johann Funck se trompe d'année.
Olympiade 153 année 2, mundi 3797
Eclipsis ) totalis facta in fine aestatis. Plutar. in Aemilio Paulo.
Hanc eclipsim Sulpiti Gallus tribun militum postea Cos, primus inter Rom: reddita causa, praedixit. Plin.lib.2.ca.12

la 2ème année de la 153ème olympiade, l'an 3797 de la création
Il se fit une éclipse totale de lune à la fin de l'été. Plutarque, dans la vie de Paul Emile.
Sulpitius Gallus, tribun militaire, puis consul, prédisit cette éclipse, premier des romains à en donner la cause. Pline, livre II, ch. 12.

(Funccius, fol 61)
Note: la 2ème année de la 153ème olympiade, correspond en fait au 2ème semestre de l'an 167 AC et au premier de l'an 166.

1555, Marc Fritsche a lu Plutarque, Pline et Tite Live.
Mundi 3798. Urbis 586.
Eclypsis Lunae totalis facta in fine aestatis, de qui Plutarchus in vita Pauli Aemilii pluribus verbis agis. Hanc Sulpitius Gallus Tribunus militum, postea consul primus inter Romanos reddita causa praedixit. Plinius lib2.cap.12. Facta est autem haec Eclypsis, quem admodum ex Livio et Plinio conijci potest, 4.die mensis Septemb.

Année de la création 3798. An de Rome 586
Une éclipse totale de Lune eut lieu à la fin de l'été, dont Plutarque parle en un assez long discours. Sulpitius Gallus, tribun militaire, plus tard consul, le premier parmi les romains la prédisit et en donna la cause. Pline livre II, ch. 12. Aussi cette éclipse eut lieu, ce qu'on peut exactement conjecturer de Tite Live et de Pline, le quatrième jour du mois de septembre.

(Fritschius2)
Note: cette date conjecturée "exactement" (admodum) d'après Tite Live, est malheureusement aussi fausse que le calendrier qu'elle utilise. L'éclipse a eu lieu à la fin du printemps, et non de l'été.

1557, Conrad Lycosthènes copie Fritsche

éclipse (Lycosthenes)
anno mundi 3798. ante Christum 165
Eclypsis lunae totalis facta in fine aestatis, de qua Plutarchis in vita Pauli Aemilii pluribus verbis agit. Hanc Sulpitius Gallus Tribunus militum, postea consul primus inter Romanos reddita causa praedixit. Plinius lib.2.cap.12.Facta est autem haec Eclypsis, quem admodum ex Livio et Plinio conijci potest, quarto.die mensis Septemb.

Année de la création 3798. 165 avant Jésus-Christ
Une éclipse totale de Lune eut lieu à la fin de l'été, dont Plutarque parle en un assez long discours. Sulpitius Gallus, tribun militaire, plus tard consul, le premier parmi les romains la prédisit et en donna la cause. Pline livre II, ch. 12. Aussi cette éclipse eut lieu, ce qu'on peut exactement conjecturer de Tite Live et de Pline, le quatrième jour du mois de septembre.

Lycosthenes, p 161
Note: Lycosthenes recopie textuellement Fritsche, et son erreur de date, sans le citer.
Sa représentation de la lune éclipsée est conventionnelle, mais absurde.


Analyse:

visibilité de l'éclipse
Il y eut bien une éclipse totale de lune, visible en Macédoine, le 21 juin 168 av JC. Les dates calendaires indiquées par Tite Live sont manifestement fantaisistes, mais les indications astronomiques sont cohérentes. Au chapitre 36, il indique qu'on était au solstice d'été, ce qui est exact. Si le solstice d'été survenait au début de septembre, la faute en est au calendrier romain d'avant Jules César, devenu passablement chaotique au grè des décisions des pontifes.

Dernière mise à jour: 10/11/2014

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