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Le désaveu du pape selon le Constitutionnel
Nous avons vu que le pape avait publié deux brefs, où il reconnaissait l'apparition de la croix de Migné comme inexplicable... pour lui, et que le 28 novembre 1828, l'évêque de Poitiers, avait publié un mandement où il la reconnaissait comme miraculeuse.
Mais voila qu'on réclame au pape de la décréter comme un miracle, ce qui engagerait toute l'église et non plus seulement son opinion personnelle. Il va donc prendre l'avis du monde savant, et le résultat est sans appel.
DESAPPOINTEMENT DE LA NOUVELLE LIGUE , AU SUJET DU PRÉTENDU MIRAGLE DE MIGNÉ , EN 1826 , LE 17 DÉCEMBRE.
La quarantaine de prières et dévotions, ouverte le 8 novembre dernier , suivant le petit imprimé de M. l'archevêque de Paris, doit , comme il le dit formellement , se clore le 17 du présent mois de décembre , et la clôture ne devait pas se faire sans quelque cérémonie d'éclat. Ce n'était point au hasard que le prélat avait voulu que la sainte quarantaine se terminât le jour anniversaire du miracle de Migné.
A peine était-elle commencée , que tous les évèques de France , qui en avaient prescrit de semblables dans leurs diocèses , ont reçu par la grande - aumônerie une circulaire qui les invitait à écrire au pape pour le presser de donner au plus tôt la bulle que déjà plusieurs d'entr'eux lui avaient demandée pour consacrer , avec le sceau de l’infaillibilité le fameux miracle, ils voulaient avoir cette bulle pour le jour où finirait la quarantaine.
Dans l'attente de ce jugement pontifical , sur lequel ils comptaient , ils désiraient fort que leurs prêtres ne parlassent pas trop hautement du miracle , de peur que les mécréans ne renouvelassent leurs railleries, et que ces railleries , parvenant au saint Père, ne le fissent différer encore de donner la bulle qu'ils attendaient . Aussi , un missionnaire qui préconisa le miracle de Migné dans la chaire de Sainte-Geneviève , le 26 novembre , à la fête du vieux miracle des ardens , fut-il, le lendemain, mandé et vertemeut semoncé par M. l'archevêque.
Mais le pape , à qui probablement était parvenu le livre curieux où l'abbé de la Neuville à démontré la supercherie des faiseurs et prôneurs du miracle de Migné , faisait appeler près de lui les plus habiles physiciens et chimistes de Rome , pour les charger de s'enquérir si on avait pu le produire par des moyens naturels . Ils n’ont pas tardé à en faire leur rapport ; et ils ont offert au saint-pére de lui faire apparaître le mème prestige , soit dans sa chambre , soit en plein air, et partout où il voudrait. Alors le pape, s'indignant contre les évêques qui le sollicitaient, s'est écrié: " Tant que je serai sur le saint-siège , il n'en sortira pas une ligne en faveur de la jonglerie de Migné. " Ainsi, la sainte quarantaine de M. l'archevêque de Paris et des autres prélats se terminera sans l'éclat dont les congréganistes se flattaient de tirer un grand avantage.
Le Constitutionnel, 17 décembre 1828, 1843, page 2
Note: Il n'est pas sùr que la pape ait vraiment parlé de jonglerie, mais il évident qu'il ne pouvait pas reconnaitre officiellement un miracle en sachant que le phénomène était reproductible.
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