|
2025 Acermendas idéalise l'action d'Agobard.
Sous le pseudonyme d'Acermendax, il mène depuis des années un combat sans merci contre l'obscurantisme, le charlatanisme, la superstition et la connerie en général. Un combat qui lui vaut de nombreux ennemis, mais aussi le sympathie des auteurs sceptiques. Cofondateur de l'Association pour la science et la transmission de l'esprit critique (ASTEC), il anime aussi La Tronche en biais, consacrée à la zététique, et un blog intitulé La Menace théoriste, comprenant en particulier Le Bureau du bizarre. C'est dans ce Bureau du bizarre qu'il publie: « Tempestaires ! » Les extraterrestres débarquent à Lyon ?
Cela commence comme du Guy Breton. Une étrange affaire venue des cieux Un jour d’été à Lyon, sous le règne de Louis le Débonnaire, quelque chose descend des nuages. Une rumeur parcourt les rues : des vaisseaux volants sillonnent le ciel, des sorciers contrôlent le climat, et quatre individus capturés sont accusés d’être tombés de ces navires célestes. Acte I : La rumeur qui venait des nuages Tout commence par une catastrophe ordinaire : un orage de grêle ravage les champs lyonnais. Pour les paysans du IXe siècle, cette calamité qui met en danger leur survie même, ne peut être le fait du hasard. Quelqu’un en est responsable. Rapidement, le bouche-à-oreille accuse des sorciers, les « Tempestaires », capables de manipuler les éléments. Pire encore : ces jeteurs de sorts collaboreraient avec des êtres venus de Magonie, un pays mythique d’où descendraient des navires volants pour emporter les récoltes détruites...Ce jour-là, à Lyon, quatre étrangers sont capturés, ligotés, et accusés d’être tombés de ces vaisseaux fantômes ; Note: Cela parait vraisemblable. Mais Agobard ne dit pas qu'on lui amena les quatre prisonniers le jour d'une chute de grêle. Il dit, au contraire, que quand on lui amena, les prisonniers étaient maintenus dans les fers depuis plusieurs jours. la foule exige leur lynchage. L’évêque de la ville intervient. Indigné par cette croyance absurde, Agobard tente de raisonner la foule. Il explique que ces quatre individus sont les victimes d’une rumeur infondée, d’une psychose collective, et que les phénomènes météorologiques ne peuvent être causés par des sorciers ou des navires volants. Note: Acermendax, comme d'autres auteurs, imagine qu'Agobard utilisa, pour innocenter les prisonniers, les arguments qu'il développe dans son livre contre la possibilité de faire tomber la grêle. En fait, persuadé de l'impossibilité que les prisonniers soient tombés d'un vaisseau aérien, il a du, bien plus probablement, faire subir un interrogatoire rigoureux à leurs accusateurs, jusqu'à ce que, penauds et génés, ils avouent qu'ils avaient simplement supposés que leurs prisonniers étaient tombés de ces supposés vaisseaux. La rhétorique d’Agobard est musclée. Il demande pourquoi, si les tempestaires ont tant de pouvoir, ils ne se font pas payer pour faire pleuvoir en temps de sécheresse ? ... Touché. Note: Non, cette rhétorique anti-tempestaire n'est que dans son livre. Nous ignorons la réaction à son livre, dont on ne connait qu'une copie qui faillit ètre perdue. Et les liturgies anti-grêle ont perduré pendant neuf siècles. Il rappelle également que Charlemagne lui-même a interdit les pratiques superstitieuses liées aux tempêtes Note: Non plus. Agobard ne parle absolument pas de cette interdiction de Charlemagne dans son traité. C'est Péricaud, son traducteur, qui la mentionne dans une de ses notes. Acte II : La légende réinventée L’histoire aurait pu rester une curiosité médiévale, mais en 1670, l’écrivain Montfaucon de Villars s’empare du récit d’Agobard et le transforme en conte fantastique. Dans Le Comte de Gabalis, les navires de Magonie deviennent des véhicules de « Sylphes », des esprits de l’air, dans un récit à mi-chemin entre Kabbale, parodie et ésotérisme galant. La légende est lancée. Acte III : Une leçon à tirer ? En l’an 815, Agobard a écrit deux phrases pour réfuter une rumeur ; douze siècles tard, on les détournait en un récit de réalisme fantastique s’autorisant à croire à une réalité alternative où les faits importent moins que la jouissance que procure leur interprétation. Dans l’intervalle, l’immense progrès des connaissances n’a pas guéri l’espèce humaine de sa soif d’extraordinaire... Conclusion |
|
| Dernière mise à jour: 09/07/2026/B> |