Le grand blasphème du livre de Josué.

Blasphème, oui. En se plaçant au point de vue de la théologie chrétienne, enseignée par l'église de Rome, et même en la réduisant au niveau du catéchisme, Le livre de Josué est un grand blasphème, et il n'est d'ailleurs pas le seul livre biblique à blasphémer. Le blasphème vient de l'assimilation de Yahvé, le dieu de Josué, au Dieu des Chrétiens, car dire que Yahvé est Dieu revient à confondre Dieu, qui, pour les chrétiens, est bon, omnipotent et à l'échelle de l'univers, avec un médiocre, et surtout criminel, dieu national. Car, à l'aune de la morale chrétienne, Yahvé est bel et bien un criminel, et un grand.
Ce qui est effarant, c'est que, bien que l'église de Rome ne demande plus de prendre les textes bibliques au pied de la lettre, les fondamentalistes le font encore. Pire: il en est qui compare Josué à Jésus-Christ, alors que Josué a commis un ethnocide. C'est un peu comme si on demandait de canoniser Hitler, c'est même pire.

La grandeur de Dieu, et celle de Yahvé
Pour le chrétien comme pour le musulman, "Dieu est grand". Mais quand on parle de grandeur, on entre dans le domaine du quantitatif. Peut on estimer la grandeur d'une divinité? La réponse est oui, on peut estimer la grandeur d'une divinité ou tout au moins son échelle de grandeur, et les dieux de l'antiquité gréco-romaine nous l'avait déjà permis. Pour les anciens, il y a des dieux à l'échelle du monde, comme Ouranos et Cronos, des dieux à l'échelle des peuples de culture grecque, comme Zeus, Hadès et Poséidon, des dieux à l'échelle d'une cité comme Athéna ou Artémis, enfin il y a des dieux à l'échelle de la maison: les pénates.
Or la Bible qui se veut monothéiste, n'échappe pas à cette classification. L'Elohim de la Genèse, qui a créé les cieux et la Terre à partir du chaos, est un dieu à l'échelle du monde, alors que le Yahvé de Moïse et Josué, qui ne s'intéresse qu'au seul peuple hébreu, et à l'occasion manie les phénomènes naturels, est un dieu à l'échelle de Zeus, qui ne concerne que les grecs, et qui manie la foudre.

Il y a plus. Le Yahvé De Moïse est aussi celui qui dit à Abraham: "tu n'auras d'autre dieu que moi". Mais ceci ne signifie pas que Yahvé soit le seul dieu de l'univers. Il est simplement le seul dieu que les hébreux doivent adorer. On est là dans le cadre de l'hénothéisme, où plusieurs peuples peuvent avoir chacun un dieu unique, sans que ces dieux puissent être confondus. Ainsi les peuples sémites adoraient souvent Baal, comme dieu unique, à ce détail près que chaque peuplade avait son dieu Baal particulier, ce qui n'est pas trop étonnant quand on sait que Baal signifie assez vaguement "Seigneur", terme également utilisé par les chrétiens.
En fait, confondre deux dieux, pour la seule raison qu'ils sont le dieu unique d'un peuple, revient à confondre deux pères, parce qu'ils sont chacun le père unique d'un enfant, ce qui est évidemment idiot.

Plus fort: Avec l'émergence du christianisme, et le progrès des sciences, il a fallu compter deux grandeurs de plus dans l'échelle. Avec le système de Copernic, les planètes forment un système bien plus grand que dans la cosmologie hébreu, ou le ciel n'est qu'un simple décor, mais le Dieu de ce système est encore isomorphe au Dieu de la Genèse.
Tout change à partir du 18 ème siècle, ou l'univers est maintenant assimilé à la voie lactée, notre galaxie. Contenant des étoiles qui vont se compter par milliards, des étoiles autour desquelles tournent peut-être des planètes, il oblige à augmenter d'une grandeur la puissance du Dieu qui l'a créé.
C'est pire au 20e siècle, où l'univers contient des milliards de galaxie. Cette fois, son Dieu créateur doit être supérieur de deux grandeurs au Dieu de la Genèse. Ainsi si l'on admet que le Dieu des chrétiens, supposé créateur de l'univers, est de première grandeur, Elohim, comme Ouranos, ne sont plus que de troisième grandeur. Le Yahvé de Moïse et de Josué, devient comme Zeus, de quatrième grandeur, les dieux à l'échelle de la cité, de cinquième grandeur, et ceux à l'échelle de la maison, de sixième.

Tout ceci peut paraître extravagant, mais il faut se rappeler qu'en s'en tenant aux seuls dieux de l'antiquité gréco-romaine, Varron estimait à 30 000, le nombre des dieux. De ce seul point de vue quantitatif, le Yahvé de Moïse et Josué ne peut être le Dieu des Chrétiens.

Les crimes des hébreux et de leur dieu
L'incompatibilité du pentateuque avec le dogme chrétien apparait quand on découvre les crimes racistes, réclamés par Yahvé, dans le livre des nombres. Pinhas, fils d'Eleazar, assassine ensemble Zimir, fils de Salou, et sa maitresse Kozbi, fille de Sour, une Madianite. (25, 6-11). Aujourd'hui, une telle relation inter-ethnique susciterait l'enthousiasme des intellectuels, et ferait l'objet d'un roman, voire d'un film, mais dans le livre des nombres, c'est une abomination, et Yahvé récompense Pinhas.
Quelques chapitres plus loin commence un itinéraire de la mort, prélude au grand génocide du livre de Josué. Les Israélites massacrent les Amorrhéens et occupent leur villes, puis ils massacrent les habitants de Bachân. Ils empalent ensuite ceux des chefs d'Israel qui avaient fréquenté des femmes Madianites. Puis, sur l'ordre de Yahvé, Moïse planifie l'extermination des Madianites.
5 Les milliers d'Israël fournirent, à raison d'un millier par tribu, douze mille hommes armés pour la campagne.
6 Moïse les mit en campagne, un millier par tribu, et leur joignit Pinhas, fils d'Éléazar le prêtre, porteur des objets sacrés et des trompettes pour les acclamations.
7 Ils firent campagne contre Madiân, comme Yahvé l'avait ordonné à Moïse, et tuèrent tous les mâles.
8 En outre, ils tuèrent les rois de Madiân, Évi, Réqem, Çur, Hur et Réba, cinq rois madianites ; ils passèrent aussi au fil de l'épée Balaam, fils de Béor.
9 Les Israélites emmenèrent captives les femmes des Madianites avec leurs petits enfants,

Ce n'est pas une bataille, mais un ethnocide: Il n'y a pas de prisonniers. On massacre tous les hommes. On massacre même Balaam, coupable d'avoir béni les Israélites, au lieu de les maudire. Mais il y a pire:
14 Moïse s'emporta contre les commandants des forces, chefs de milliers et chefs de centaines, qui revenaient de cette expédition guerrière.
15 Il leur dit : « Pourquoi avez-vous laissé la vie à toutes les femmes ?
16 Ce sont elles qui, sur les conseils de Balaam, ont été pour les Israélites une cause d'infidélité à Yahvé dans l'affaire de Péor : d'où le fléau qui a sévi sur la communauté de Yahvé.
17 Tuez donc tous les enfants mâles. Tuez aussi toutes les femmes qui ont connu un homme en partageant sa couche.
18 Ne laissez la vie qu'aux petites filles qui n'ont pas partagé la couche d'un homme, et qu'elles soient à vous.

Et voila! On massacre les femmes et les enfants, et on viole les petites filles. Quel saint peuple!

Hélas l'abominable livre de Josué va encore plus loin. La première partie nous raconte, avec un effrayant cynisme, l'effroyable ethnocide que Josué fit subir aux légitimes habitants de la Palestine pour leur voler leurs terres.
Se prétendant mandé par Yahvé, Josué fait massacrer, à l'exception de la prostituée Rahab, tous les habitants de Jéricho, hommes et femmes, jeunes et vieux, jusqu'aux taureaux, aux moutons et aux ânes (Josué 1,21). Il incendie la ville et interdit qu'on la rebatisse. (Josué, 1, 26)
Puis il attaque la ville de Ai, l'incendie, et attaque ses habitants jusqu'à ce qu'il ne leur restât plus un survivant ni un rescapé. il pend son roi. (Josué, 8, 22 à 29)
Les habitants de Gabaon, échappent à l'extermination, au moyen d'une ruse, mais sont réduits au servage. (Josué,9)
Les rois de Jérusalem, d'Hébron, de Yarmut, de Lakish et d'Églôn se coalisent pour se défendre, mais leur armée est exterminée, et Josué les fait pendre (Josué, 10, 3 à 26)
Puis il attaque Maquéda, puis Libna, puis Lakish, puis Gezer, puis Églôn, puis Hébron, puis Debir, et extermine la population de toutes ces villes. Josué soumit tout ce pays, à savoir : la Montagne, le Négeb, le Bas-Pays et les pentes arrosées, avec tous leurs rois. Il ne laissa pas un survivant et voua tout être vivant à l'anathème, comme Yahvé, le Dieu d'Israël, l'avait ordonné. (Josué, 10, 28 à 40). Notons que Yahvé est implicitement reconnu comme "Dieu d'Israël", donc, comme nous l'avons vu, de quatrième grandeur.
Les Amorites, les Hittites, les Perizzites, les Jébuséens et les Hivvites s'étant coalisés, "nombreux comme le sable", avec une énorme quantité de chevaux et de chars, Josué les battit aux eaux de Mérom, et ne laissa pas un survivant. Puis il il coupa les jarrets de leurs chevaux et livra leurs chars au feu. (Josué, 11, 7 à 90). Ici, Josué ajoute la stupidité à la cruauté. Plutot que de récupérer chevaux et chars pour son armée, il laisse agoniser les chevaux et détruit les chars.
Puis il s'empara de Haçor, tua son roi, massacra les habitants et incendia la ville. (Josué 11, 10 à 11)
Et de par Yahvé, interdiction totale aux hébreux de ne pas commettre ces crimes: Quiconque sera rebelle à tes ordres et n'écoutera pas tes paroles, quoi que tu lui ordonnes, qu'il soit mis à mort! (Josué, 1, 18)
Le plus odieux apparait ensuite: "Yahvé avait décidé d'endurcir le cœur de ces gens pour combattre Israël, afin qu'ils soient anathèmes et qu'il n'y ait pas pour eux de rémission". (Josué, 11,20). Yahvé avait déjà fait la mème chose lors de l'exode, endurcissant le coeur de Pharaon afin qu'il refuse de laisser partir les hébreux (Exode, 4,21). Or si Yahvé avait le pouvoir d'agir sur la conscience du pharaon, on se demande pourquoi il ne s'en est pas servi pour l'inciter à laisser partir les hébreux. La réponse est dans la bible . C'était pour pouvoir montrer sa puissance en frappant l'Egypte (Exode 7, 1 à 5). De même il aurait pu inciter les rois Cananéens à acorder l'hospitalité aux hébreux, mais non, il les mêne à leur perte, afin de laiser tout le territoire aux Hébreux. Ce machiavélisme en dit long: Yahvé est un dieu de haine (nous n'écrivons plus un Dieu), qui se repait dans le crime. Un dieu aussi incompatible avec le Dieu des chrétiens, omnipotent et bon, qu'avec celui des musulmans, puissant et miséricordieux. Un dieu bien plus comparable à Satan qu'à Dieu, et qui fit commettre des atrocités que même les nazis ne commirent pas: ils n'ont jamais exterminé qu'une partie des populations soumises, et non l'intégralité, comme ici, et n'ont pas non plus exécuté, mais simplement muté, ceux qui refusaient d'obéir à des ordres d'extermination. A coté de Josué, Hitler a l'air plutôt minable.

Les écclésiastiques complices du blasphème
Le livre de Josué, incompatible avec la foi chrétienne, n'aurait donc jamais du être admis au canon des livres bibliques. Et pourtant, ce vaste blasphème, a reçu pendant des siècles, les justifications d'écclésiastiques persuadés que la bible était bien la parole de Dieu, alors qu'ils avaient sous les yeux la preuve du contraire. Ces justifications ne sont en fait que des sophismes, que ces mêmes écclésiastiques auraient probablement été les premiers à dénoncer s'ils avaient été émis par leurs adversaires.

La lacheté et la pusillanimité des arguments de ces écclésisatiques, défendant les crimes de Josué, sont tout simplement nauséabondes. Lisons plutôt:

1782 L'abbé Clémence honore le crime et flétrit le patriotisme
Le critique ose répéter que vingt-quatre mille hommes furent égorgés pour la chose du monde la moins criminelle; aux yeux ce cet impie, l'idolâtrie, le culte d'une divinité infâme, car Béelphéhor fut, selon la plupart des Savans, le Dieu de l'obscénité, des unions scandaleuses prohibées par l'autorité du vrai Dieu, & par les lois de la Nation ne sont que des bagatelles.
Note: Le critique et l'impie, c'est Voltaire, qui croie en Dieu, mais pas en l'Eglise. L'idolâtrie, c'est le culte de Baal-phégor, dieu unique lui aussi, mais coupable de ne pas exiger l'extermination des autres peuples, car, pour l'abbé Clémence, ce serait à cela qu'on reconnait un "vrai Dieu".
(Clémence2, p 351)

Mais, dit-il, , rien ne nous apprend que les trente deux filles offertes au Seigneur aient été immolées; ... On peut suppléer au silence du texte par une conjecture très vraisemblable: ces captives purent être vendues selon l'usage de ces temps là, au profit du Tabernacle, avec le butin dont elles faisoient partie.
(Clémence2, p 352)
Note: Donc, le "saint peuple", a vendu des jeunes filles comme du bétail, comme cela se faisait à l'époque, chez des peuples que nous qualifions de barbares..

Mais Josué tuoit tout sans miséricorde. Oui, ceux qui résistoient; mais tandis qu'il attaquoient les places fortes d'assiette dans les montagnes, le grand nombre des habitans gagnoit la plaine,
Note: Oui, vous avez bien lu: Alors que pour tout patriote normalement constitué, résister à l'envahisseur est une action noble et courageuse, pour l'abbé Clémence, c'est une action digne de mort, donc, on peut le supposer, criminelle. Tous les patriotes de France et de Navarre, tous ceux qui ont résisté à l'ennemi, doivent s'en retourner dans leurs tombes. Mais l'Abbé Clémence ajoute un mensonge à son cynisme: le Livre 10 du livre de Josué dit bien, comme nous l'avons vu plus haut, que Josué ne laissa pas un survivant.
(Clémence2, p 279)

1824 l'abbé Du Clot invoque la volonté divine
Nous disons d’abord que rien ne pouvait être plus sagement conçu qué la manière dont Josué prit la ville de Jéricho par les ordres et l’intervention particulière de la toute-puissance de Dieu, non-seulement pour rendre éclatante la première conquête des Israélites dans le pays de Canaan , mais aussi pour répandre parmi tous les habitans de ce pays une terreur qui les disposât à accepter des conditions de paix, ou du moins à les engager à conserver leurs vies en abandonnant leurs terres aux conquérans. Ces peuples étaient instruits de la commission que Dieu avait donnée aux Hébreux de les punir; Rabah, femme de la ville de Jéricho, l’avoue aux espions de Josué ( Jos. 2. v. 9 ). Ces peuples n’avaient donc d’autre parti à prendre que de rendre hommage au vrai Dieu, de désarmer sa justice, de s’arranger avec les Hébreux, de mériter par leur soumission un sort moins rigoureux. Tout au contraire, ils furent les premiers agresseurs ; ils n’attendirent pas que les Israélites vinssent les attaquer. Les Amalécites, les Iduméens , les rois de Madian , de Moab et d’Arad, les Amorrhéens et les Ammonites allèrent au devant des hébreux et leur présentèrent le combat.
Note: On croirait lire de la propagande nazi. Non ces peuples n'étaient pas vraiment instruits de la "mission" que Dieu avait confié à Josué de les punir. Rabah dit "Je sais que Yahvé vous a donné le pays". Mais pour ce qui est de rendre hommage au "vrai Dieu", l'abbé Du Clot ne se rend évidemment pas compte que Bien que Yahvé soit puissant, le "vrai dieu", pour les Chananéens, c'était Baal, et pas Yahvé. Se soumettre, pour un sort moins rigoureux? Les Gabonites le firent, mais furent réduits au servage. Et Yahvé n'offre pas d'autre choix: ou la population se soumet et est réduite au servage, ou elle ne se soumet pas et elle est massacrée (Deutéronome 20, 10 à 13). Et le livre de Josué dit bien que les Israélites attaquèrent les premiers, et non leurs ennemis.

« Mais quel droit, disent les incrédules, les Israélites avaient- ils sur ce pays que les Cananéens possédaient depuis plusieurs siècles? ... Dieu, père de de tous les peuples , a-t-il ordonné une semblable boucherie? Peut-il autoriser la violence, le brigandage , la cruauté? »
Nous pourrions demander aussi de quel droit les Tartares se sont emparés deux fois de la Chine; les Perses, de l’Assyrie, de l’Asie mineure et de l’Egypte; les Grecs, de l’empire des Perses les Romains, de la meilleure partie de notre hémisphère; les peuples du nord, des provinces de l’empire romain?
Note: ni les Tartares, ni les Goths ne sont prétendus mandés par Dieu, eux. Quant aux romains, ils n'ont pas conquis "la meilleure partie de notre hémisphère", mais ont étendu progressivement la "pax romana" à tout le bassin méditerranéen, poussés par les guerres qui renaissaient sans cesses à leurs nouvelles frontières.
Ce n’était pas pour s’établir; ils avaient tous des terres à défricher et à cultiver. Les Juifs n’en avaient point. Ils avaient été forcés par la tyrannie des Egyptiens de quitter l’Egypte; partout où ils se présentaient on leur refusait le feu et l’eau; ils ne pouvaient subsister naturellement dans un désert inculte; ils ne pouvaient donc se procurer une habitation et des terres à cultiver que l’épée à la main. De tous les motifs qui peuvent autoriser une guerre et une conquête, nous défions les incrédules d’en alléguer un plus légitime.
Note: Il y en a un tout aussi légitime: celui de défendre la terre de ses pères contre les envahisseurs.

« Il ne fallait pas , dit-on,détruire les Cananéens , mais leur demander des terres. »
Nous avons vu que bien loin d’être disposés à en céder la moindre partie ils avaient commencé par s’armer et à attaquer les Hébreux.
Note: A en croire le livre de Josué, les Chananéens s'armaient pour se défendre contre les Israélites chaque fois que des villes voisines avaient été attaquées, prises et leurs habitants massacrés. Quant à être disposés à céder de leurs terres, nous avons vu que loin d'adoucir les coeurs de Chananéens pour qu'ils cédent une partie de leurs terres, Yahvé les endurcissait, afin qu'ils soient anathèmes et puissent être massacrés sans remords.
...
Mais remontons au titre primitif de la conquête du pays de Canaan. Ils ont dépossédé , exterminé ou rendu tributaires les Cananéens, parce que Dieu l’avait ainsi ordonné; Moyse n’allègue point d’autre raison.
Note: Et bien voila. Les crimes les plus odieux, les plus monstrueux, les plus inimaginables peuvent être justifiés de cette façon. Les bourreaux nazis se sont aussi justifiés en invoquant des ordres. L'abbé du Clot n'a pas l'air de se rendre compte que n'importe quel fou criminel peut se prétendre mandé par Dieu. Et les exemples ne manquent pas au cours de l'histoire .
(Abbé Du Clot, La Sainte Bible vengée des attaques de l'incrédulité, ed.1824, t. III, p 351-353)

1845 l'abbé Glaire ajoute le sophisme au blasphème.
On lit encore au livre des Nombres (nam, 50-56) : «Le Seigneur parla à Molse, et lui dit : Ordonne ceci aux enfants d‘Isaël, et dis-leur: Quand vous aurez passé le Jourdain, et que vous serez entrés dans le pays de Chanaan, exterminez tous les habitants de ces pays-là ; ...
Or, disent les incrédules, peut-on supposer que DIEU, qui est la bonté même, ait donné à Moïse un ordre aussi cruel et aussi barbare
Nous sommes loin de nier que DIEU soit la bonté même; mais nous admettons en même temps, ce que les lncrédules semblent oublier ici, que la bonté n’est pas son seul attribut, et que la justice, la sagesse, la liberté et une complète indépendance dans tous ses actes,sont tellement inhérentes à sa nature divine, qu’il ne serait point DIEU s’il lui manquait une seule de ces perfections.
Note: Le problème, monsieur l'abbé, c'est que la sagesse, la justice, l'imagination, le génie même, de Dieu eut du lui faire trouver cent autres moyens de faire accepter les Israélites par les Chananéens, à commencer par adoucir leurs coeurs, puisqu'il sait tout aussi bien les endurcir. En voulant que Dieu n'en ait pas trouvé d'autres que l'extermination, vous blasphémez, car vous prenez Dieu pour un imbécile.
En eflet, lors même que nous ignorerions les motifs que Dieu pouvait avoir de donner a Moïse un ordre aussi sévère, ou, si l’on veut, aussi cruel et aussi barbare au moins en apparence, nous devrions y croire, dès qu’il seront constaté qu’il émane réellement de la volonté divine. Or, dans le cas présent, nous n’avons aucun motif légitime d’en douter, puisque Moïse , dont nous avons prouvé ailleurs la véracité nous l’affirme positivement
Note: Hé bien voyons. Moïse affirme positivement qu'il a été mandé par Dieu. Puis Moïse affirme positivement que Dieu lui a commandé cette extermination. Et quand le crétois Epiménide affirme positivement que tous les crétois sont des menteurs, vous le croyez, monsieur l'abbé?.
...
Mais une chose digne de remarque, parce qu’elle offre au critique judicieux et éclairé une preuve irrécusable de la fidélité et de l’exactitude historique de Moïse dans ce récit, c’est que cet écrivain fonde le droit d’exterminer les Chananéens, et de s’emparer de leur pays, sur le pouvoir souverain qui appartient à Dieu sur la vie et toutes les possessions de l‘homme; supposition qui est en effet aussi naturelle, que ce pouvoir souverain de la Divinité sur toutes les créatures est incontestable.
Note: Joli sophisme. Moïse aurait affirmé que l'ordre d'extermination lui venait de Dieu, or Dieu aurait le droit d'exterminer qui il veut, donc ça prouverait que Moïse n'a pas menti. Le problème, c'est que même si Dieu a effectivement ce droit, Il pourrait tout aussi bien n'avoir rien ordonné à Moïse, qui aurait alors menti en prétendant avoir reçu cet ordre de Dieu. Le texte biblique serait alors le même.
(J.B.Glaire, Les livres saints vengés, Paris, 1845, t. II, p 504)

1912 Fulcran Vigouroux absous Josué qui n'avait qu'obéi aux ordres
On a souvent reproché à Josué l'extermination des tribus chananéennes, dont il avait conquis le territoire. Mais il faut observer qu'il ne l'a fait que sur l'ordre de Dieu, Num., XXXIII, 50-58, qui voulait par là les punir de leurs crimes.
Note: leurs crimes, c'est surtout d'avoir honoré un autre dieu, Baal, pas assez criminel aux yeux de Yahvé.
(Vigouroux, t. III, col. 1686)

1926 Hildebrand Hoepfl justifie la purification etnique par la purification morale.
On estime tout à fait contraire à la bonté divine l‘ordre donné d'exterminer les Chananéens, XI, 20: « Domini enim sententia fuerat, ut indurarentur corda corum et pugnarent contra Israel et caderent et non mererentur ullam clementiam ac perirent sicut praeceperat Dominus Moysi. » Mais d’une part, les Chananéens, adonnés à des vices infâmes et à une honteuse idolâtrie, avaient mérité ce châtiment d’une destruction rigoureuse; d’autre part, le salut des Israélites, trop enclins à l’idolàtrie, exigeait l’extermination de ce peuple, dont l’exemple eût été pour eux une tentation continuelle; cf. S. AUGUSTIN, C. Faust. Munich., XXII, LIXII-LXXIX. .LESÊTRE, L’extermination des Chananéens, R. P. A., IV, [ga-476 (I907). Enfin, il faut avoir devant les yeux les moeurs barbares de ce temps. Dès lors, l’objection soulevée contre l’inspiration de ce livre, à cause des pages indignes de Dieu, tombe.
Note: Toujours ces prétendus crimes des chananéens, adorateurs d'un autre dieu, et pas assez criminels pour être un "saint peuple". A ce compte là, Yahvé aurait pu faire exterminer toute la planète. D'autre part, il est bizarre que le "saint peuple" soit si peu vertueux qu'il faille lui épargner la cohabitation avec les chananéens, justifiant ainsi un nettoyage ethnique à grande échelle. On s'étonne que ce soit des ecclésiastiques qui reprennent ces raisonnements qui en ont amené d'autres à être pendus à Nuremberg.
Quant à invoquer les moeurs barbares de ce temps, c'est avouer qu'il n'y a aucune différence entre les moeurs d'un "saint peuple" et celle d'un peuple barbare. A ce compte là, tout les peuples de ce temps là étaient aussi saints que le peuple hébreu.

(D'Ales, éd. 1926, tome III, col 1919)

Analyse:

On remarque que des prètres de l'église chrétienne ont défendus bec et ongles, les livres sacrés d'une autre religion. Ils n'auraient pas du y être obligés. Mais on remarque aussi qu'ils appellent Yahvé du nom de "Dieu". Voila l'explication: Ils n'ont pas la notion d'hénothéisme, et confondent Yahvé et Dieu, sous le prétexte d'unicité. A ce compte là, ils pourraient tout aussi bien confondre le Dieu des chrétiens avec le Satan des satanistes, pour la même raison d'unicité. Et nous avons d'ailleurs vu que Yahvé est bien plus comparable à Satan qu'à Dieu. Seulement le dogme de ces écclésistiques affirmant que l'écriture, dite sainte, est la parole de Dieu, ils ne pouvaient se résoudre à la mettre en doute.
L'explication de ce comportement absurde est d'une simplicité consternante. Tous ces écclésistiques, ne se donnaient pas le droit d'analyser objectivement les faits, mais obéissaient à l'autorité de l'église de Rome, par l'intermédiaire du "saint" office. Et la doctrine officielle de l'église ne s'est vraiment pas hatée de se démarquer des crimes de Josué, puisque qu'on a vu que dans les années 1920, l'article de J.Touzard sur Josué avait recu une appréciation négative.
Il aurait pourtant été tout simple de décréter que l'inspiration divine ne concernait que le nouveau testament, et que les chrétiens n'étaient pas tenus, comme les juifs, de croire à l'ancien.
En ce XXIe siècle, quelques ecclésiastiques courageux osent tout de même se démarquer de la violence de l'ancien testament, mais ils ne semblent pas refléter l'opinion du Vatican de Benoit XVI (nous ignorons celle du pape François).
En effet, le catéchisme catholique, initié sous Jean Paul II, alors que le futur Benoit XVI dirigeait La Congrégation pour la doctrine de la foi (ancien saint office), est formel: Les chrétiens vénèrent l'Ancien Testament comme vraie Parole de Dieu. Tous ses écrits sont divinement inspirés et conservent une valeur permanente. [COMPENDIUM DU CATÉCHISME DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE (ABRÉGÉ)]

Tous ses écrits. Donc les livres criminels y compris. Et voila, les responsables de purifications ethniques et autres ethnocides peuvent toujours invoquer Josué.

Dernière mise à jour: 09/06/2016

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