1510 avant JC
Moyen orient, Comète de l'exode, confondue avec Typhon, et avec une autre en forme de roue.
En réalité: Invention et confusions
Une comète aurait guidé les Israëlites sortant d'Egypte, qu'on aurait prétendu être celle du roi Typhon, et confondue avec une troisième en forme de roue (aussi imaginaire que les deux précédentes.
Note: La date réelle étant inconnue, nous prenons arbitrairement, celle donnée par Lycosthènes, premier auteur à la fournir, quoiqu'elle soit manifestement fantaisiste, puisque la bible suppose un intervalle de 40 ans entre l'exode et la conquète de la Palestine par Josué. Donc, au mieux, cette date est complètement fausse, au pire l'évènement n'a jamais eu lieu.

Une comète dans la bible? En fait, la Bible ne parle nulle part de comète, mais elle se laisse aller, dans l'Exode, à parler d'une colonne de nuée et d'une colonne de feu.
Consultons trois traductions de confessions différentes.


version de Cecil B. DeMille (cliquez)
Voici la traduction juive du rabbinat (1902)
21 L'Éternel les guidait, le jour, par une colonne de nuée qui leur indiquait le chemin, la nuit, par une colonne de feu destinée à les éclairer, afin qu'ils pussent marcher jour et nuit.
22 La colonne de nuée, le jour et la colonne de feu, la nuit, ne cessaient de précéder le peuple.

la traduction protestante de Louis Segond (1910):
21 L'Éternel allait devant eux, le jour dans une colonne de nuée pour les guider dans leur chemin, et la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer, afin qu'ils marchassent jour et nuit.
22 La colonne de nuée ne se retirait point de devant le peuple pendant le jour, ni la colonne de feu pendant la nuit.

la traduction catholique de l'école de Jérusalem (1955):
21 Yahvé marchait avec eux, le jour dans une colonne de nuée pour leur indiquer la route, et la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer, afin qu'ils puissent marcher de jour et de nuit.
22 La colonne de nuée ne se retirait pas le jour devant le peuple, ni la colonne de feu la nuit.

Toutes ces traductions sont d'accord: Toute la journée paraissait une colonne de nuée, et la nuit, au moins tant que les Israëlites marchaient, paraissait une colonne de feu, assez lumineuse pour les éclairer.

La légende de la comète "Typhon"

Une source savante va être récupérée pour forger la légende de la comète de l'exode: c'est un passage de Pline l'ancien mentionnant la comète "Typhon":
Diraque comperta Aethiopum et Aegypti populis, cui nomen aevi ejus rex dedit Typhon, ignea specie, ac spirae modo intorta, visu quoque torvo, nec stella verius, quam quidam igneus nodus.
Et une effrayante [comète] fut observée par les peuples de l'Ethiopie et de l'Egypte, à qui son roi de l'époque donna le nom de Typhon, d'un aspect de feu, et tordue en spirale, menaçante à la vue aussi, moins une étoile qu'une sorte de noeud enflammé.
(Pline1, liv II, ch 22)
Note: Ce passage a donné lieu à diverses traductions, d'autant plus éloignée du sens du texte latin, qu'elles sont plus anciennes.
Voici l'extravagante traduction d'Antoine du Pinet, en 1562:
Au reste, du temps du géant Typhon, fut veuë une comete terrible sur la Plage d'Egipte, & d'Ethiopie, qui présagea de grandes calamitez à ceux qui habitoyent esdictes régions. Ceste comete estoit flambante, & retortillee comme un serpent, qui est en rond, & avoit un aspect hydeux & de travers; de sorte qu'on eust dict, que c'estoit plustost un noeud de feu, qu'une Estoille. Et fut appellee ceste comete Typhon, pour raison du Geant Typhon, qui estoit lors en règne.
La traduction de Poinsinet de Sivry, en 1771, ne fait déjà plus appel au géant Typhon:
Celle à laquelle le roi Typhon (23), sous qui elle arriva, donna son nom, fut reconnue être du présage le plus funeste (24), aux peuples de l'Ethiopie & de l'Egypte. Quant à son aspect, elle paroissoit toute en feu, torte comme une spirale, & moins une planete, à vrai dire, qu'une sorte de noeud igné.
La traduction d'émile Littré, en 1848, est meilleure mais encore fautive:
Il y a eu une comète fatale aux peuples de l'Ethiopie et de l'Egypte,et connue sous le nom de Typhon, qui fut un roi de ces temps anciens; d'une apparence ignée, d'une forme contournée en spirale, d'un aspect effrayant, moins une étoile qu'une espèce de noeud enflammé. .
Toutes ces traductions nomment le roi Typhon, ce qui est un contresens, la pire le confondant avec le Typhon de la mythologie grecque. Elles s'accordent aussi à dire que la comète fut fatale, funeste, présage de grandes calamités, alors que Pline dit seulement qu'elle était effrayante.


La comète était un bolide.
A l'analyse, si la date de l'observation est inconnue, puisque, dans le texte original de Pline, le roi n'est pas nommé, on peut remarquer que la description de Pline ( "d'un aspect de feu, et tordue en spirale" ) n'est guère compatible avec une comète, mais correspond mieux à celle d'un bolide, et à sa trainée rémanente. Ceci nous est confirmé par Pline lui même: "moins une étoile ( une comète ) qu'une sorte de noeud enflammé".
Deux autres éléments vont dans ce sens: la durée d'observation, en jours, n'est pas indiquée, et la zone d'observation fut limité, alors qu'une comète est observable du monde entier. Nous pouvons conclure que ce passage de Pline ne concerne pas une vraie comète, mais bien un bolide brillant, assez lent, avec une trainée persistante, formant classiquement des volutes en hélice. Une grande brillance et quelques dizaines de secondes de visibilité, à une heure où beaucoup de monde est dehors, permet d'avoir des milliers de témoins (dont peut être le roi lui même). Impromptu et spectaculaire, il est normal qu'il soit resté dans la mémoire collective.
Mais un autre élément va nous permettre de trouver approximativement l'époque de l'observation. C'est l'assimilation à Typhon. Pour que le roi l'ait nommé ainsi, c'est que son aspect lui évoquait le Typhon qu'il connaissait. Or il y a deux Typhon:
Le Typhon egyptien ( de Theu, vent, et Phou, pernicieux), dieu maléfique, qui se manifeste aux hommes par un violent et brulant vent de sable, appelé aujourd'hui khamsin
Le Typhon de la mythologie grecque, géant non moins maléfique, d'apparence effrayante avec ses membres inférieurs semblables à des serpents.
Ot l'apparence du phénomène n'était pas celle d'un vent de sable, mais bien celle d'un être aux membres tortueux et enroulés comme des serpents, c'est à dire celle du Typhon grec. Avec ses gigantesques volutes, il est logique que le roi ait pensé au géant Typhon, à condition que ce roi soit de culture grecque, et donc qu'il soit un roi de la dynastie Ptolémaïque, qui monta sur le trône en 305 av JC. Ceci ramène l'observation quelques siècles avant Pline, et explique que Pline ait pu en avoir connaissance.

l'effrayant Typhon (vase grec)

Bolide typhonesque filmé le 7/10/2008 à l'aube
Maintenant, puisque nous savons que le phénomène eut lieu sous la dynastie Ptolémaïque, nous pouvons remarquer que, d'une comète apparue à cette époque, il devrait nous rester quelques observations, dont Sénèque eut probablement discuté, et dont l'absence est en accord avec l'hypothèse du bolide.
Quant à avoir confondu ce bolide avec une comète, rappelons nous que de nombreuses personnes font encore cette confusion aujourd'hui.

Donc la "comète Typhon" n'était pas une comète, mais un bolide observé à l'époque Ptolémaïque, vers la limite sud de l'Egypte.

Apparition moderne du même type de bolide.
Là où l'affaire devient excitante, c'est que dans la même région, le même phénomène s'est reproduit le 7 octobre 2008, après avoir été prédit, et surtout fut photographié, et sa trainée rémanente filmée. C'était l'impact d'un microastéroïde, catalogué 2008 TC3, pour lequel on a pu vérifier la concordance de la prédiction et de l'observation.
L'objet s'est desintégré au dessus du nord du Soudan à 2H 45 TU, soit à la fin de la nuit, illuminant le paysage jusqu'à 725 km de distance, et développant une énergie estimée entre 1100 et 2100 tonnes de TNT. Sa trainée est resté visible suffisamment longtemps pour pouvoir être filmée à l'aube (voir l'image plus haut, à droite). L'impact a même pu être enregistré "d'en haut" par le satellite Meteosat-8.

paysage illuminé à 725 km

photo infrarouge de l'impact par Météosat-8
On imagine que dans l'antiquité, observé quelques heures plus tôt, un tel bolide eut laissé une impression mémorable. Ah, si Pline avait pu voir ça!

1557, Lycosthènes, grand amateur de prodiges bibliques devant l'éternel, cite la colonne céleste:

Anno Mundi 2453, 1510 ante Christum
Exeunti populo ex Aegypto in terram promissionis, ducem ac viae demonstratorem habuere per diem quidem columnam nubis, per noctem vero columnam ignis, quasi facem lucentem. Exodi capite 7.8.9.10.& 13..
Le peuple sortant d'Egypte vers la terre promise, eut comme chef et comme guide, le jour une colonne de nuée, mais la nuit une colonne de feu, comme une torche brillante. Exode chapitre 7,8,9,10 et 13.
(Lycosthenes, p 39)
Note: Pas question de comète, et Lycosthenes se contente de mentionner ce que dit la Bible, sans rien ajouter.

1579, encore une fois (la cinquième), Georgius Caesius invente une comète.
Plinius libro secundo, capite 25. scribit, Cometam conspectum esse, cui nomen dedit rex ejus aevi Typhon, qui fuit specie ignea ac intorta, instar spirae seu circuli, visu torvo, nec stella verius, quam quidam igneus nodus. De hac stella (verba Jacobi Milichii super secundum Plinii) propter vetustatem nihil certi constat, sed consentaneum est, incidisse in tempus exitus Populi Israelitici ex Aegypto. Nam sine dubio signa et prodigia praecesserunt hanc ingentem calamitatem, qua florentissimum regnum Aegypti oppressit, et fere penitus extinxit. Haec enim stella, ut addit Plinius, comperta est dira, hoc est, exitiosa populis Aethyopum et Aegypti. Hujus etiam mentionem facit Herodotus, et clare inquit: Heroicum seculum tunc desiisse, nam Typhon fertur auxilio Gygantum oppressisse reges Aegyptios. Hactenus Milichius.
Pline, au livre second, chapitre 25, écrit, une comète fut observée, à qui son roi de l'époque donna le nom de Typhon, qui fut d'un aspect enflammé et tordu, comme des spires ou des cercles, d'un aspect menaçant, moins une étoile qu'une sorte de noeud enflammé. A propos de cette étoile (selon les termes de Jacob Milichius sur Pline) rien n'est manifestement certain, à cause de son antiquité, mais il est admis qu'elle arriva au temps de la sortie d'Egypte du peuple israélite. Car sans aucun doute des signes et des prodiges précédèrent cet immense désastre, qui accabla le très florissant royaume d'Egypte, et le fit disparaitre presqu'entièrement. En effet, cette étoile, comme le dit Pline, a été trouvée terrible, c'est à dire fatale aux peuples Ethipiens et Egyptiens. Hérodote fait également mention de ceci, et dit clairement: Une période héroïque s'est terminé à cette époque, car on rapporte que Typhon opprima les rois egyptiens avec l'aide des géants. D'après Milichius jusqu'ici
Note: Voici ce qu'écrit Jacob Milichius:
Id est, dira et horribilis Cometa comparuit populis Aegypti et Ethiopae cui nomen est inditum Tiphon, a rege Tiphone qui isto tempore haec loca tenuit. Hanc historiam nusquam alias scio extare. Potest referri hic Cometa ad quartam spetiem que disceus vocatur.
C'est à dire qu'une terrible et horrible comète apparut aux peuples de l'Egypte et de l'Ethiopie, a qui a été appliquée le nom de Tiphon par le roi Tiphon qui détenait ces lieux à cette époque. Je sais que cette histoire n'existe nulle part ailleurs. Cette comète peut se référer à une quatrième espèce qu'on appelle disque.
Caesius ne cite que ce qui l'arrange de Milichius. Le "disceus" est en fait un bolide d'apparence discoïde, et non une vraie comète. Quant à Hérodote, on aimerait savoir où il aurait dit "clairement" ce que Caesius lui fait dire.

Vixit Typhon Aegypti rex, secundum Chronologiam Funccii, circa tempora Job et Joseph, et mortem patriarchae Isaac, id est, circa annum mundi 2230. hic igitur cometa incidit in id tempus, quo fames diuturna, de qua Genes.41.42.cap. in toto orbe cepit, scilicet in annum mundi 2237. Tum Jacob Patriarcha cum filiis et nepotibus descendit in Aegyptum. Gen. 46.
Typhon, roi d'Égypte, a vécu selon la chronologie de Funccius, à l'époque de Job, Joseph, et de la mort du patriarche Isaac, c'est à dire, vers l'an 2230 de la création. La comète est donc arrivé en ce temps où la grande famine (dont parle la Genèse chapitre 41-42 ) sévit dans le monde entier, savoir, en l'an 2237 de la création. Alors le patriarche Jacob descendit en Egypte avec ses fils et petits-enfants. Genèse 46.
Note: La chronologie de Funccius mentionne effectivement Typhon, d'après Bérose et d'autres auteurs, mais en mélangeant allègrement faits historiques et mythologiques, dans une savante salade syncrétique, comme on les aimait à l'époque. Autant dire qu'à l'aune d'aujourd'hui, elle ne vaut pas tripette. Et c'est ainsi que Caesius nous raconte, sans sourciller, qu'après avoir guidé la sortie des hébreux d'Egypte, elle précéda leur entrée!
Visus est in Arabia, Syria, Babylonia, India, in forma rotae in Sagittario, de quo etiam Mercurius trismegistus plura scripsisse dicitur.
On la vit en Arabie, Syrie, Babylonie, Inde, en forme de roue dans le Sagittaire, au sujet de quoi on dit encore qu'Hermès Trismégiste a écrit beaucoup de choses.
Note: C'est ici que Caesius ne sait plus résister à la tentation d'inventer une nouvelle comète. On ne vit manifestement rien du tout, puiqu'on n'en trouve aucune trace, y compris dans les livres attribués à Hermès Trismégiste, que Caesius ne semble même pas avoir lu, puisqu'il se contente d'un "on dit" (dicitur).
(Caesius, onzième page)
Note: Caesius a fait de Typhon un roi, a bricolé une date à la "comète" de Pline, qu'il fait apparaitre à la fois pour l'entrée et pour la sortie des hébreux en Egypte, et a inventé la comète en forme de roue. C'est bien du Caesius.

1602, à nouveau, Abraham Rockenbach, recopie les auteurs précédents sans les nommer.
Anno mundi bis millesimo, quadringentesimo, quinquagesimo tertio, Cometa, (ut multi probati autores, de tempore hoc statuunt, ex conjecturis multis), cujus Plinius quoque lib.2.cap.25. mentionem facit, ignaeus, formam imperfecti circuli, & in se convoluti caputque globi repraesentans, aspectu terribilis apparuit, Typhonque a rege, tunc temporis in Aegypto imperium tenente, dictus est, qui rex, ut homines fide digni asserunt, auxilio gigantum, reges Aegyptiorum devicit. Visus quoque est, in Siria, Babylonia, India, in signo Capricorni, sub forma rotae, eo tempore, quando filii Israel ex Aegypto in terram promissam, duce ac viae monstratore, per diem columna nubis, noctu vero columna ignis, ut cap.7.8.9 & 10. legitur profecti sunt. Dicit autem Plinius in dicto loco, hunc Cometam Aegiptiis & Aethiopibus interitum denunciasse, quemadmodum & Herodotus, tunc temporis seculum Heroicum, & gigantum cessasse dicit. Postea caritas annonae septennalis, secuta est, anno mundi, bis millesimo, ducentesimo, tricesimo septimo, quando Jacob Patriarcha, cum filiis & nepotibus in Aegyptum profectus est, de quibus GeneI 46. Secuta quoque sunt tunc temporis & alia prodigia magna, interitum Pharaonis, & vicinorum populorum designantia.
L'an 2453 de la création du monde, une comète apparut (Comme l'établissent de nombreux excellents auteurs de cette époque, d'après de nombreux arguments), dont fait aussi mention Pline, livre 2, chapitre 25, enflammée, en forme de cercles maladroits, repliée sur elle même et la tête en forme de globe, d'un aspect terrible, et appelée Typhon par le roi détenant le royaume d'Egypte à cette époque, roi qui, comme l'affirme des hommes dignes de foi, soumit les rois des Egyptiens avec l'aide des géants. On la vit aussi en Syrie, Babylonie, Inde, dans le signe du Capricorne, en forme de roue, à cette époque ou les fils d'Israel partirent hors d'Egypte vers la terre promise, avec comme chef et comme guide, une colonne de nuée le jour, mais une colonne de feu la nuit, comme il est lu aux chapitres 7,8,9 et 10. Pline dit aussi qu'en ce dit lieu, cette comète a annoncé des destructions aux Egyptiens et aux Ethiopiens, et de même Hérodote dit qu'en ce temps là cessa l'époque héroïque des géants. Plus tard, s'ensuivit la disette de sept ans, l'an deux mille deux cent trente sept, quand le patriarche Jacob, avec ses fils et petit-fils, partit en Egypte. Et s'en suivirent aussi à cette époque, d'autres grands prodiges, la destruction du peuple de Pharaon, en le distinguant de ses voisins.
(Rockenbach, p 116)
Note: Sacré Rockenbach, qui se base sur d'excellents auteurs qui n'ont jamais existé, et voudrait nous faire croire aux géants de la mythologie d'après des hommes "dignes de foi". Il voudrait aussi nous faire croire, comme Caésius, que les Hébreux sont sortis d'Egypte avec Moïse, avant d'y entrer avec Jacob. En datant ces faits, il affirme froidement que l'an 2237 est postérieur à l'an 2453! Fariboles qui nous montrent que, non seulement il n'a pas lu la Bible, mais il ne s'est même pas relu. C'est bien du Rockenbach, ça.


David Herlitz
1607, David Herlitz, y ajoute à nouveau sa touche personnelle:
Anno mundi 2237. sol in ganz Arabien ein Gawsamer Comet / wie ein Radt erschienen sein / acht nächte lang / um die refier des Sagittarius / unter dem Regiment Jovis, davon der Mercurius Trismegistus in seinen Büchern viel wunder sol geschrieben haben: Und sol in Syrien/Babilonien und gar biss in das innerste Indium gesehen wurden sein. Wird vielleicht die langvirige Tewrung in Egypten mit angemeldet haben.
L'an 2337 de la création, une féroce comète apparut dans toute l'Arabie, comme une roue, durant huit nuits, dans le signe du sagittaire, sous le commandement de Jupiter, de cela l'Hermès Trismégiste a écrit beaucoup de choses merveilleuses dans ses livres . Et on la vit en Syrie / Babylonie et même jusqu'en Inde intérieure. Peut-être que la longue disette se sera alors annoncée en Egypte.
(Herlicius, 25ème page)
Note: A nouveau, David Herlitz, qui manifestement recopie Caesius, introduit la planète Jupiter, en signalant son role astrologique pour le signe du Sagittaire. Il ne s'occupe d'ailleurs que de la comète prétenduement vue en Arabie, sur laquelle, soyons en assuré, Hermès Trismégiste, qu'il n'a pas lu, raconte beaucoup de merveilles, mais il y rajoute une durée de huit nuits qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Il sépare la comète roue en deux observations, amorçant la scission que va opérer Hévélius.

1621, Heinrich Eckstorm, mélange Herlitz, Pline, Milichius et la mythologie:
A.M.2237. ante C.N.1732. per Arabia instar rotae Cometa apparuit circa Sagittarium sub Iove, qui sine dubio portendit famem, de quâ est in historiâ Iosephi: Ejus enim isto anno factum fuit initium. idem ibidem.
L'an 2237 de la création, 1732 avant Jésus Christ, une Comète en forme de roue apparut en Arabie, dans le Sagittaire sous Jupiter, qui, sans aucun doute, présagea la famine, dont il est question dans l'histoire de Joseph: Car son début eu lieu cette année la. Le même d'après la même source.
Note: A nouveau Eckstorm fait le même raccourci qui va induire ses successeurs en erreur: il écrit sous [le commandement de] Jupiter, ce qui laisse penser que la comète parut au dessous de la planète Jupiter, ce qui n'est pas dit dans le texte original (qui, de toutes façons, est inventé). La même source, c'est la description de la comète de 1607 par Herlitz.
Apparuit Cometa dirus compertus Aethiopium & Aegypti populis, cui nomen aevi istius Rex dedit Typhon, ut scribit Plinius lib.2.cap.25. De hac stellâ scribit Milichius, consentaneum esse, eum incidisse in tempus exitus populi Israëlitici ex Aegypto. Nam sine dubio, inquit ille, signa & prodigia pracesserunt hanc ingentem calamitatem quae florentissimum regnum Aegypti oppressit & ferè penitùs extinxit. Typhonis autem Regis meminit Herodotus lib.2. cum scribit, Orum seu Apollinem extincto Typhone in Aegypto postremum fuisse Regem. Haec si cum sacris literis conferantur, deprehenduntur accidisse circa tempus exitus Israëlitarum ex Aegypto. Incidit ille in A.M.2454. ante C.N.1515.
il paru une comète aperçue effrayante par les peuples d'Ethiopie et d'Egypte, à qui le roi de ce temps là donna le nom de Typhon, comme l'écrit Pline, livre 2, ch.25.. Milichius écrit à propos de cette étoile, par conséquent, cela arriva au temps de la sortie d'Egypte des israélites. Car, sans doute, dit-il, les signes et prodiges précédèrent cette immense catastrophe qui accabla le très puissant royaume d'Egypte, et l'anéantit presque complètement. De ce roi Typhon se souvient aussi Hérodote au livre 2 alors qu'il écrit, Orus ou Apollon, ayant tué Typhon en Egypte, en fut le dernier roi. Ces faits, si l'on compare avec les écrits sacrés, se trouvent avoir eu lieu au moment du départ des Israélites hors d'Egypte. Ceci arriva l'an 2454 de la création, 1515 avant Jésus-Christ.
Note: Eckstorm n'a pas bien lu le texte de Pline, pour qui c'est le phénomène qui porta le nom de Typhon, et non le roi.
(Eckstorm)

1645, le père Nicolas Talon se prend pour Cecil B. De Mille

Quelle histoire!
Enfin le dernier des prodiges fut la Colomne qui leur servoit de flambeau parmy les ombres de la nuit, & de voile pour opposer aux ardeurs du iour trop violentes. C’estoit un chariot de feu & de nuë, conduit par une Intelligence qui en tenoit les resnes, & qui le conduisoit selon les volontez de Dieu. C’estoit une barque dans l’air plus heureuse, que celle qui portoit autrefois le bonheur de la Grece dans des feux d’artifice; car celle-cy avoit des feux reels : son pilote y marquoit , comme ont crû quelques-uns, les saisons de l’année , & les heures du iour & de la nuit. C’estoit un estendart, qui accompagnoit & precedoit tous les triomphes & toutes les victoires des Hebreux, & qui en mesme temps mettoit en déroute leurs ennemis. C’estoit une auriflamme, dont les chiffres estoient des lacs d’amour, & des traits de sa clemence; c'estoit un Soleil en eclipse, & une nuë où le Soleil estoit en son midy. Les estoilles du vespre & de l’aurore voyoient ce voile suspendu sur le camp des Israëlites quand il falloir faire alte , & qui voloit quand il Falloit marcher. Dieu mesme s’en servoit bien souvent comme de thrône, & ces tenebres éclatantes, cette nuit lumineuse, & ce iour ombragé de nuës, luy servoit comme de crespe, au travers duquel il dardoit sur son peuple les éclats de sa gloire, & les traits de son aimable Providence, qui donnoit le premier branle à la Colomne, & à l’Ange qui l’alloit conduisant.
(Talon, tome I, p 312)
Note: On peut comparer avec le texte réel de la Bible donné plus haut. Comme tous les auteurs d' "Histoire sainte" (malgré les effroyables crimes qu'elle mentionne), le père Talon ne se gène pas pour rajouter, enjoliver, inventer "ad majorem Dei gloriam", comme un Virgile chrétien. Minable, Cecil B. De Mille, minable!
Quel dommage que les ufologues n'aient pas connu ce texte: Un chariot de feu, une barque volante avec des feux, pilotée par un ange, il ne faudrait pas grand chose pour en faire un engin extraterrestre.



Hévélius
1668, Johannes Hévélius écrit dans sa Cometographia:
( Le très sérieux Hévélius se base, bien sûr, sur de nombreux excellents auteurs de l'époque. )

Anno Mundi 2230. Anno ante Chr.1718
Anno Mundi 2230 Cometa (ut multi probati Autores de tempore hoc statuunt, ex conjecturis multis) cujus Plinius quoque l.2.c.25 mentionem facit, igneus formam imperfecti circuli, & in se convoluti, caputque globi repraesentans, aspectu terribilis apparuit, Typhonque a Rege, tunc temporis in Aegypto imperium tenente, dictus est. Postea caritas annonae septennalis tempore Josephi secuta est anno Mundi 2237. ...
Nota: Rockenbach hîc quidem habet annum mundi 2453;

L'an 2230 de la création, 1718 avant Jésus Christ.
L'an 2230 de la création, une comète apparut (Comme l'établissent de nombreux excellents auteurs de cette époque, d'après de nombreux arguments), dont fait aussi mention Pline, livre 2, chapitre 25, enflammée, en forme de cercles maladroits, repliée sur elle même et la tête à l'image d'un globe, d'un aspect terrible, et appelée Typhon par le roi détenant le royaume d'Egypte à cette époque. Plus tard, s'ensuivit la disette de sept ans, au temps de Joseph, l'an 2237 de la création. ...
Remarque: Rochenbach a ici l'an 2453 de la création

Note: ici, Hévélius se rend compte de l'incohérence de la chronologie de Rockenbach. il a d'ailleurs supprimé le passage sur les géants.
Hunc cometam Hinr. Eckstormius in annum Mundi 2237 rejicit. Inquit enim: Anno Mundi 2237 per Arabia instar rotae Cometa apparuit, circa Sagittarius sub Jove. Ex Herlicio.
Henri Eckstorm repousse cette comète à l'an 2237 de la création. Il dit en effet: L'an 2237 de la création, une Comète en forme de roue apparut en Arabie, dans le Sagittaire sous Jupiter. d'après Herlitz.
(Hévélius, p 794)
Note: Hévélius se rend tout de même compte que la chronologie donnée par ces "excellents auteurs" n'est pas sûre.

Ante Christum 1495.
Anno Mundi 2453 visus quoque est, ut aliqui volunt, cometa in Syriâ, Babyloniâ, Indiâ, in signo , sub forma rotae, eo tempore, quando filii Israel ex Aegypto in terram promissam profecti sunt. Rockenb.

1495 avant Jésus Christ.
L'an 2453 de la création on vit aussi, comme le veulent quelques uns, une comète en Syrie, Babylonie, Inde, dans le signe du Capricorne, en forme de roue, à cette époque ou les fils d'Israel partirent hors d'Egypte vers la terre promise. Rockenbach.

(Hévélius, p 795)
Note: en voulant concilier Eckstorm et Rockenbach, Hévélius a du dédoubler la comète en forme de roue, alors que Caesius n'en mentionnait qu'une seule.

1681. Lubienietski écrit dans son Theatrum Cometicum
IV. Anno Mundi 2237. ante Christum natum 1732. per Arabiam instar rota apparuit Cometa circa Sagittarium sub Jove, qui sine dubio portendit famem, de quo est in historia Josephi. Idem ex eodem.
IV. L'an 2237 de la création, 1732 avant Jésus Christ, une Comète en forme de roue apparut en Arabie, dans le Sagittaire sous Jupiter, qui, sans aucun doute, présagea la famine, dont il est question dans l'histoire de Joseph. Le même d'après le même.
(Lubienietski, p 5)
Note: Idem ex eodem = Eckstormius ex Herlicio, Eckstorm d'après Herlitz.

I. Anno Mundi 2454. ante Christum Natum 1515. exitum Israëlitarum ex Aegypto precessit Cometa. Eckstormius conjicit illum esse, quem nobis solus Plinius lib.II cap 25. prodidit, qui vocatus est Typhon a rege Aegypti, filio Osiridis, ac Cometam sub Nerone lucentem vocaremus Neronem, & alias Typhon significet inflammationnem. Allegat autem, Milichio in illum Plinii locum, vero simile videri hunc Cometam incidisse in tempus exitus populi Israëlitici, ejusque verba exscribit
I. L'an 2454 de la création, 1515 avant Jésus Christ, une Comète précéda la sortie hors d'Egypte des Israélites. Eckstorm conjecture que c'est la même que nous avait présenté Pline seul, livre II, chapitre 25, qui fut appelée Typhon par le roi d'Egypte, fils d'Osiris, comme nous appellerions Néron une comète ayant brillé sous Néron, et qu'un autre Typhon présage l'inflammation. Il affirme cependant, et écrit ces mots, d'après Milichius dans ses citations de Pline, que cette comète semble être arrivée au temps de la sortie du peuple des Israëlites.
(Lubienietski, p 6)
Note: Lubienietski revient à la mythologie en présumant que le roi s'appelait Typhon, et qu'il était fils d'Osiris.

1696. Johann Zahn, écrit dans Specula physico-mathematico-historica
5) M.2237. A.C.N.1732.Cometa per Arabiam instar rotae apparuit circa Sagittarium sub Jove. Eckstormius
Fames & annonae caritas tempore Joseph.
An 2237 de la création, 1732 av.J.C. Une Comète comme une roue apparut en Arabie vers le Sagittaire sous Jupiter. Eckstorm
Famine et cherté des grains du temps de Joseph.
(Zahn, p 162)
Note: La source est, en fait, Herlitz.

6) M.2454. A.C.N.1515.Eckstorm
Decem plagae in Aegypto. Internecio Aegyptiorum in mari rubro.
Liberatio & eductio populi DEI e servitute Aegyptiorum.

An 2454 du monde, 1515 avant Jésus-Christ.Eckstorm
Dix plaies en Egypte. Massacre des Egyptiens dans la Mer Rouge.
Libération et sortie du peuple de Dieu de la servitude des Egyptiens.
(Zahn, p 162)
Note: Zahn est tellement pressé qu'il en oublie la citation d'Eckstorm, en sorte qu'il n'y a plus de comète dans son texte. Mais on se doute qu'il voulait parler de la deuxième série d'observations de la comète roue.


Alexandre Guy Pingré
1783. Alexandre Guy Pingré n'est pas convaincu par cette comète d'Arabie.
L'an 1718 ou 1732, on vit dans l'Arabie une Comète qui ressembloit à une roue: elle étoit dans le sagittaire au dessous de Jupiter. Hévélius conjecture, d'après plusieurs autorités très-graves, que cette Comète est celle qui fut nommée Typhon: nous en parlerons sur l'an 975.
Hévél. Caes. Lubien. Rock. Eckst. Herl. Zahn.

(Pingré, p 248)
Note: par "autorités très graves", il faut comprendre "des auteurs jugés très sérieux, par des auteurs très crédules".

ni par celle du passage de la mer rouge.
Vers 1531, les Hébreux sortent de l'Égypte, Pharaon les poursuit & est submergé dans la mer Rouge; on vit alors, une terrible Comète.
Halepo.

(Pingré, p 248)
Note: Halepo? D'où sort cet astronome inconnu? Tout simplement de l'infect livre de Johann Wolf, qui donne cet "Halepo" comme source, mais s'est visiblement emmélé les pinceaux.

non plus que par par cette seconde roue.
En 1495 ou 1515. il parut dans la Syrie, dans la Chaldée et dans l'Inde une Comète, qui ressembloit encore à une roue: elle étoit dans le Capricorne. C'est celle-ci que, Lubienietzki çroit être le Typhon de Pline.
Hévél. Lub. Rock. Eckstorm. Zahn.

(Pingré, p 248)
Note: Pingré ne remarque pas que ses sources ont simplement compté deux fois la même "roue", inventée par Georgius Caesius.

Mais il se laisse aller à tenter de sauver la comète de Pline, auteur plus sérieux, il est vrai.
975- *
L'année de l'apparition de cette Comète me paroît absolument incertaine. « Les Égyptiens & les Éthiopiens, dit Pline, ont ressenti les funestes effets de cette Comète à laquelle Typhon, qui régnoit alors, donna son nom: elle parut tout en feu, entortillée comme en forme de volute, d'un aspect menaçant; c'étoit moins une Étoile qu'un noeud de feu. »
Pline l. II, c. XXV, n° 23.
Pour déterminer l'époque de cette Comète , il faudroit connoître ce Typhon, roi d'Egypte. Diodore de Sicile ne parle que d'un Typhon, qui tua Osiris , & qui fut supplicié par l'ordre d'Isis: ce Typhon-là reculeroit bien loin notre Comète. Selon Struyck , Typhon , nom Grec, a la même signification que le mot Égyptien Seth, ou Séthosis, ou Sésostris;
Struyck, 1740, p 188.
ce Prince est le même que Sésac dont l'Écriture Sainte fait mention: il régnoit en 975.
III Reg. 14, 25.
La Comète de l'an de grâce 1652, étoit aussi grande que la Lune, & n'avoit pas de queue: différentes nuances de lumière dans son atmosphère, pouvoient causer l'apparence d'un entortillement tel que Pline le décrit dans la Comète Typhon. Celle de 1652 , selon Struyck, achève sa révolution en cent trente-huit ans & quelques mois; un de ses retours tombe sur l'an 975 avant Jésus-Christ: tout cela peut être. Mais d'autres retours de la même Comète tombent sur d'autres années: de plus, cette révolution périodique de cent trente-huit ans, n'est rien moins que constatée. Enfin , il n'est point absolument nécessaire que le Typhon de Pline soit une des Comètes dont ia révolution périodique est connue. Pour être assuré d'avoir rencontré le temps précis de l'apparition de ce Typhon , il faudroit , je pense , être en état de montrer comment on a pu dire que les Égyptiens & les Éthiopiens en avoient ressenti les funestes effets. Je crois donc pouvoir donner, sur l'autorité de Pline, cette Comète pour certaine; mais je ne décide rien fur le temps de son apparition. Whiston croit que ce Typhon est le dernier roi d'Égypte avant le déluge, & que c'est cette même Comète qui a occasionné le déluge: son sentiment est au moins aussi vraisemblable que celui de Struyck.
Whist. p.200.

(Pingré, p 251)
Note: Faut il comprendre que le sentiment de Struyck est invraisemblable? En tous cas Pingré s'est donné bien du mal pour rien. Sesostris I, II et III sont de la 12ème dynastie, vers 1900 av JC. Aucun pharaon ne s'appelle Seth ou Sethosos, mais Sethi I et Sethi II, sont de la XIXe dynastie, vers 1200 av JC.
Le premier livre des rois dit: Or, la cinquième année du roi Roboam, Chichaq, roi d'Egypte monta contre Jérusalem.(1 Rois, 14,25, traduction Osty). Ce Chichaq, aussi appelé Sheshonq est le premier pharaon de la XXIIème dynastie, et aurait régné entre 943 et 922 avant J.C. En 975 av J.C. régnait Siamon, sixième pharaon de la XXIème dynastie.
Et de toutes façons, nous avons déja vu que le "Typhon" de Pline, est en fait un bolide, observé à l'époque Ptolémaïque, ce qui nous permet se savoir que le roi s'appelait Ptolémée.


1950. Immanuel Velikovsky récupère la comète Typhon.
Nous avons vu avec la comète du déluge que William Whiston avait tenté de récupérer la "comète Typhon" pour en faire l'instrument de la volonté divine de noyer l'humanité (à l'époque Ptolémaïque? Hum!). Mais voici que Velikovsky, dans Worlds in collision, prétend la récupérer pour en faire la comète de l'Exode. Précisons qu'il ne s'y connait pas mieux que Whiston en matière de comète, comme le prouve le passage suivant :
Quand Vénus fut éjectée de Jupiter, et qu'en sa course de comète elle s'approcha de la Terre, elle se trouva prisonnière de l'attraction terrestre.
(nous donnons directement la traduction française de 1951).
Bien sur, ceux qui ne connaissent rien à l'astronomie n'y verront que du feu, mais ceux qui s'y connaissent remarquerons qu'il y a un facteur un milliard entre la masse de Vénus et celle d'une comète, et que son orbite est presque circulaire, contrairement à celle d'une comète, toujours assez excentrique, même capturée.

(Velikovsky, p 151)

Immanuel Velikovsky


son livre "hérétique"
Il nous ressort donc la comète du roi Typhon.
Dans l' « Histoire naturelle » de Pline, au chapitre 91 du livre II on lit : « Les peuples d'Égypte et d'Éthiopie ont vu une terrible comète, à laquelle Typhon, le roi de cette période, donna son nom; elle semblait de feu, se tordait sur elle-même, et offrait un spectacle terrifiant. Elle avait moins l'aspect d'une étoile, que d'une sorte de boule de feu. »
La visite d'une comète néfaste, tant de fois citée dans ce livre, est ici rapportée en termes clairs et non plus travestis.
Note: Les termes sont clairs, mais faux, car nous avons déjà fait remarquer que le roi ne s'appelait pas Typhon et que cet objet était bien plutôt un bolide qu'une comète.
Cependant il me restait à découvrir des documents pour étayer cette affirmation que la comète du règne de Typhon était la même que celle du temps de l'Exode. J'ai compulsé les ouvrages des vieux chronographes, et dans la « Cometographia » d'Hévélius (1668) j'ai trouvé des références aux oeuvres de Calvisius, Helvicus, Herlicius et Rockenbach, qui utilisèrent principalement des manuscrits, et non des sources imprimées, puisqu'il n'y avait guère plus d'un siècle que l'imprimerie était découverte lorsqu'ils vinrent au monde.
Note: Quand Herlicius et Rockenbach écrivirent, l'imprimerie existait depuis un siècle et demi, et ils n'ont fait que consulter les livres des cométographes du demi-siècle précédent.
Hévélius écrivit (en latin) : « Dans l'année du monde 2453 (1495 a. J.-C.), selon certaines autorités, une comète ayant la forme d'un disque a été vue en Syrie, en Babylonie, dans les Indes, sous le signe Io, au moment même où les Israélites quittaient l'Égypte à la recherche de la Terre Promise. De même Rockenbach. Calvisius place l'Exode des Israélites en l'année du Monde 2453, soit 1495 avant J.-C.».
Note: Voici notre comète de Syrie (qui n'a jamais existé) devenue disque (la soucoupe volante n'est pas loin). Par sous le signe Io, il faut comprendre: le signe Jo (Jovis), c'est à dire Jupiter. Hévélius n'a pas compris qu'il s'agissait d'un ajout d'Herlicius, précisant que le signe où apparut la comète était sous la gouvernance de Jupiter.
J'ai eu la chance de découvrir, aux États-Unis, une copie du De cometis tractatus novus methodicus de Rockenbach. Cet ouvrage a été publié à Wittenberg en 1602. Son auteur était professeur de grec, de mathématiques et de droit, et doyen de la faculté de philosophie de Francfort. Il a utilisé dans son livre de vieilles sources qu'il n'a pas citées : ex probatissimis et antiquissimis veterum scriptoribus (d'après les écrivains les plus anciens et les plus dignes de foi).
A la suite de sa diligente compilation des vieux documents, il a fait la déclaration suivante :
« En l'année du monde 2453 (comme beaucoup d'auteurs dignes de foi l'ont déterminé en s'appuyant sur de nombreuses conjectures), une comète apparut, également mentionnée par Pline dans son livre II. Elle semblait de feu, avait une forme circulaire irrégulière, et sa tête était voilée. Celle-ci avait la forme d'un globe et un aspect terrifiant. On dit que le roi Typhon régnait à cette époque en Égypte... Certaines autorités affirment que la comète qui avait la forme d'un disque fut aperçue en Syrie, en Babylonie, dans l'Inde, sous le signe du Capricorne, au moment où les enfants d'Israël quittaient l'Égypte pour la Terre Promise, guidés le jour par la colonne de nuée, la nuit par la colonne de feu. »
Note: Fidèle à sa méthode de charlatan, Rockenbach vante la qualité de ses sources, sans les citer.
La découverte des sources manuscrites qui conduisirent Abraham Rockenbach à la même conclusion que nous, à savoir que la comète Typhon apparut à l'époque de l'Exode, est une tâche qui reste à accomplir.

(Velikovsky, p71)
Note: La naïveté de Velikovsky fait peine à voir. Les sources de Rockenbach sont ici Pline, Lycosthènes et Caesius, qui lui même cite Hermès Trimegiste, sans l'avoir lu.
Il est remarquable que Velikovsky fait de la comète Typhon, celle de l'exode, alors que deux siècles et demi avant lui, William Whiston en faisait celle du déluge. Tout ça pour un bolide observé plus d'un millénaire plus tard.


Mais 1950, c'est aussi l'année ou Donald Keyhoe entreprend d'expliquer les soucoupes volantes, par des visites d'extraterrestres, que dès 1952, on imagine se promenant dans des soucoupes, larguées de cigares volants, les "vaisseaux-mères". Des extraterrestres qui vont bientôt servir à expliquer les fantasmagories du passé, et la colonne de nuée/de feu, de l'exode n'y échappe pas.

1962. Paul Misraki remplace la comète Typhon par "un vaisseau-mère".
Le musicien et chansonnier Paul Misraki, apparemment converti à la religion soucoupique, entreprend de réécrire l'histoire sainte, et remplace les manifestations divines, par des manifestations extraterrestres, dans un livre qu'il signe "Paul Thomas".

le livre impie
LA COLONNE DE NUEES. - LA DEMEURE SUR LA MONTAGNE. -
ALLEES ET VENUES DUNE GLOIRE CELEBRE.
« ... Un immense cylindre vertical, brillant la nuit d'un éclat fulgurant, et illuminant les alentours; le jour, un fuseau à l'aspect rigide, enveloppé de nuées tourbillonnantes, se déplaçant avec lenteur... »
Ce tableau n'éveille-t-il pour nous aucun souvenir ancien? Qui n'a suivi, enfant, quelque cours d'Histoire Sainte, relatant la sortie d'Egypte et le passage de la Mer Rouge?.. .
Note: Ce passage a vieilli et n'évoque plus rien pour beaucoup de jeunes, surtout s'ils sont musulmans.
« Yahvé, dit la Bible, précédait les Hébreux, le jour sous la forme d'une colonne de nuées pour leur indiquer la route; la nuit, en la forme d'une colonne de feu pour les éclairer. Ils pouvaient donc poursuivre leur marche jour et nuit (pour échapper à la poursuite des Egyptiens). La colonne de nuées ne manquait jamais de précéder le peuple pendant le jour, ni la colonne de feu pendant la nuit (Exode, 13, 21 et sq.). »
Tel était, 1250 ans avant J.-C., l'aspect grandiose revêtu par ce guide céleste qui montrait aux Hébreux le chemin de la Terre Promise; tel se montrait « l'Ange de Yahvé », identifié à Yahvé lui-même.
(Thomas, p 37)
Mais il ne pouvait plus s'agir, lors de l'Exode du peuple juif, d'un simple disque volant. C'était, apparemment, - fait assez exceptionnel dans nos annales, - un vaisseau-mère cylindrique, la « colonne de nuées », ...
Note: A cette époque, Aimé Michel avait popularisé l'idée que les observations d'OVNI se disposaient sur des alignements en étoiles, au centre de laquelle on observait un "grand cigares de nuées".
(Thomas, p 42)
Note: L'interprétation de Misraki souffre du même défaut que celle de ses successeurs: son "vaisseau-mère" va devoir rester debout dans les airs pendant quarante ans!

1968. Raymond Drake prouve l'OVNI divin par les observations de doux dingues.

le livre naïf
En 1968, Raymond Drake, grand spécialiste de la théorie des anciens astronautes, mais surtout, naïf de première magnitude, va faire de Dieu un extraterrestre, en visite sur Terre dans sa base spatiale.
'And the Lord went before them by day in a pillar of a cloud to lead them the way, and by night in a pillar of fire to give them light to go by day and night' (Exodus, 13-21).
« Et l'Éternel allait devant eux, le jour dans une colonne de nuée pour les guider dans leur chemin, et la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer pour aller de jour et de nuit »
Many observers today, particularly Associates of the cosmic Brotherhood, Yokohama, who during the last decade claim to have seen several Motherships in Japanese skies, all agree that the huge opalescent skyships closely resemble clouds, numerous testimonies confirm that at night the Spacecraft look like pillars of fire. The 'Lord' was apparently making a lengthy visit to Earth, though hardly the forty years alleged for crossing the 'Wilderness' between Egypt and Palestine. His headquarters would probably be the Mothership, a great aerial 'aircraft-carrier' from which He would descend to Earth in a 'Saucer' or 'Scoutship'.
De nombreux observateurs d'aujourd'hui, en particulier les Associés de la Fraternité cosmique, à Yokohama, qui, durant la dernière décennie affirment avoir vu plusieurs vaisseaux-mères dans le ciel japonais, conviennent tous que les énormes vaisseaux célestes opalescents ressemblent beaucoup à des nuages, de nombreux témoignages confirment que la nuit les engins de l'espace ont l'apparence de colonnes de feu. Le «Seigneur» était apparemment en train de faire une longue visite à la Terre, puisque bien quarante années allégués pour traverser le désert entre l'Egypte et la Palestine. Son siège serait probablement le vaisseau-mère, un grand «porte-engins» aérien à partir duquel il devait descendre sur Terre dans une «soucoupe» ou «navette».
(Drake3, p 166)
Note: La naïveté de Drake lui fait se tirer une balle dans le pied, en allant chercher les témoignages d'une association de doux dingues réveurs. Là ou le japonais moyen voit un simple nuage, ou la nuit, un bolide, les membres de la Cosmic Brotherhood Association voient un vaisseau de l'espace. Et ces réveries prouverait que "le Seigneur" est bien un extraterrestre ayant son QG dans un grand porte-engins célestes.

1973. Brinsley le Poer Trench fait dessiner l'OVNI colonne de nuées.
Brinsley le Poer Trench, ex-rédacteur en chef de la Flying saucer review, et futur huitième comte de Clancarty, n'est pas moins persuadé que Drake, du caractère extraterrestre de la colonne guidant les israélites.

colonne extraterrestre guidant les Israelites
For instance, Moses was commanded by the Lord to bring the Israelites, who had been oppressed by the Pharaoh, out of the land of Egypt. This he did and according to the Bible, the Israelites were led through the wilderness near the Red Sea.
Par exemple, Moïse a été commandé par le Seigneur pour faire sortir les Israélites, qui avaient été opprimés par le Pharaon, hors de la terre d'Egypte. Ce qu'il fit et selon la Bible, les Israélites ont été menées à travers le désert près de la mer Rouge.
And the Lord went before them by day in a pillar of a cloud, to lead them the way; and by night in a pillar of fire, to give them light; to go by day and night.
He took not away the pillar of the cloud by day nor the pillar of fire by night, from the people. (ltalics mine - Author.) Exodus 13: 21-22.

Et l'Éternel allait devant eux, le jour dans une colonne de nuée pour les guider dans leur chemin, et la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer, pour marcher de jour et de nuit.
Il ne retirait pas la colonne de nuée le jour, ni la colonne de feu la nuit, du peuple (les italiques sont de moi. L'auteur.) Exode 13: 21-22.

The pillar of cloud by day and the pillar of fire by night, that guided and protected the lsraelites, could be likened to a very accurate description of a modern UFO.
The splendidly executed, interpretative drawings of biblical events, illustrating this chapter, are by Kiril Terziev.

La colonne de nuée le jour et la colonne de feu la nuit, qui a guidé et protégé les Israélites, pourrait être assimilée à une description très précise d'un OVNI moderne.
Note: Hum! L'auteur oublie un peu vite que les "cigares de nuées" modernes n'ont jamais été vus que quelques minutes, et non pas quarante ans.
Les dessins interprétatifs, magnifiquement exécutées, des événements bibliques qui illustrent ce chapitre, sont de Kiril Terziev.

Note: Le livre contient onze dessins impies - stupides - initiatiques - audacieux (rayez les mentions inutiles) où lévitations et auréoles sont remplacés par des scaphandres et des soucoupes.
(Brinsley1, p 20)
Note: Comme d'habitude, l'auteur est obligé d'oublier les détails qui invalident sa théorie et d'insister sur ceux qui paraissent la valider, méthode avec laquelle on pourrait démontrer n'importe quoi, y compris que l'auteur est un extraterrestre.

Analyse:
Le moins qu'on puisse dire, c'est que nos auteurs n'ont rien compris. Ni à la comète en forme de roue, ni à la "comète Typhon", ni à la colonne de l'exode. Il faut dire que ceux qui savaient le latin citent Pline sans manifestement l'avoir lu. Que plus tard d'autres en utiliseront de mauvaises traductions, et ce n'est pas mieux pour Hérodote, qui écrivait en grec.
Nos auteurs s'embrouillent et donnent les dates les plus disparates: Année de la création 2230, 2237, 2453, 2454, avant Jésus Christ 1732, 1718, 1515, 1510, 1495, 1250. La comète est censée, tantôt avoir guidé les hébreux lors de leur sortie d'Egyte, tantôt avoir provoqué la famine qui précéda l'arrivée de Jacob dans le même pays, en sorte que les hébreux sont sortis d'Egypte avant d'y être entrés! Et c'est encore pire en se souvenant de Whiston, qui faisait de la comète de Pline, celle du déluge. Car alors les hébreux sortent d'Egypte, sont noyés par le déluge, qui provoque une famine de 7 ans, qui attire Jacob en Egypte...
Et le mieux, c'est que, à part Hévélius découvrant une incohérence chronologique chez Rockenbach, nos auteurs ont recopié les aneries de leurs prédécessurs, sans s'apercevoir de rien. .

La comète en forme de roue a été, encore une fois, inventé par Georgius Caesius, en se couvrant de l'autorité d'Hermès Trismégiste. Et tout le monde à marché, même Pingré, qui, certes, ne croit pas plus à cette comète qu'à Hermès Trismégiste, mais qui a mentionné deux fois cette comète, sans comprendre qu'à l'origine c'est une seule et unique invention de Georgius Caesius (mais cela fait la cinquième comète qu'il invente).

La "comète Typhon" est une légende, colportée par des auteurs qui n'avaient pas bien compris le texte de Pline. Pingré lui même, qui lisait bien le latin, mais voulait sauver une comète mentionnée par Pline, n'a pas compris que la "comète" ne pouvait avoir été observée qu'à l'époque Ptolémaïque. En réalité, c'était un magnifique bolide, d'un type qu'on a pu photographier sur les mêmes lieux, plus de vingt siècles plus tard,.

Quant à la comète de l'Exode, il suffit de lire la Bible, pour comprendre que la colonne qui guidait les israélites ne pouvait pas être une comète. Déja, les deux versets cités au début montrent que la colonne restait toujours dans la même direction, et était suffisamment lumineuse pour éclairer le chemin la nuit. Choses incompatibles avec l'hypothèse d'une comète.
Mais la Bible dit des choses bien plus incompatibles encore:
19 Le messager de Dieu, qui marchait en avant du camp d'Israël, passa derrière eux, la colonne nébuleuse cessa d'être à leur tête et se fixa en arrière.
20 Elle passa ainsi entre le camp égyptien et celui des Israélites: pour les uns il y eut nuée et ténèbres, pour les autres la nuit fut éclairée; et, de toute la nuit, les uns n'approchèrent point des autres.
(Exode, 14, traduction du Rabbinat)
Ainsi, selon l'Exode, la colonne est un phénomène local, aux ordres de Dieu, et non un phénomène astronomique.
Mais pouvait elle être un gigantesque vaisseau extraterrestre? La mythologie soucoupique classique, qui fait des grands cigares des vaisseaux interplanétaires (et plus tard interstellaires), les fait plutôt stationner en orbite, avec occasionnellement une incursion atmosphérique. Ici, nos auteurs en font un engin intra-atmosphérique permanent, capable de se maintenir verticalement dans notre atmosphère pendant quarante ans! Et tout ça pour permettre à Moïse de maintenir sa domination sur le peuple hébreu. Des extraterrestres capables de faire tomber la manne, de faire jaillir les sources, de provoquer des catastophes écologiques, et surtout de détruire des villes, n'ont pas été capables d'aider les Israélites à s'installer en Canaan, et se sont morfondus pendant quarante ans à faire de la figuration dans leur vaisseau, dont la sustentation pendant tout ce temps, constitue à elle seule un miracle. L'hypothèse de l'action divine est finalement moins invraisemblable.

En conclusion, aucune comète n'a guidé les israélites pour sortir d'Egypte. Aucun vaisseau spatial non plus. Le roi Typhon n'a jamais existé, et sa "comète" était un bolide apparu une quinzaine de siècles après sa date prétendue. Enfin la comète en forme de roue n'a jamais existé non plus.
Bref, nos auteurs ont tout faux.

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Dernière mise à jour: 07/03/2017