217 avant JC
Italie, javelots enflammés, lampes, vaisseaux et prodiges célestes
En réalité: feu St Elme, meteorites ou bombes volcaniques, éclipse de lune, aurore boréale, confusion, renseignements insuffisants

vers 9 avant notre ère, Tite Live rapporte une bordée de prodiges:
in Sicilia militibus aliquot spicula, in Sardinia autem in muro circumeunti uigilias equiti scipionem quem manu tenuerit arsisse et litora crebris ignibus fulsisse et scuta duo sanguine sudasse, et milites quosdam ictos fulminibus et solis orbem minui uisum, et Praeneste ardentes lapides caelo cecidisse, et Arpis parmas in caelo visas pugnantemque cum luna solem, et Capenae duas interdiu lunas ortas, et aquas Caeretes sanguine mixtas fluxisse fontemque ipsum Herculis cruentis manasse respersum maculis, et in Antiati metentibus cruentas in corbem spicas cecidisse, et Faleriis caelum findi uelut magno hiatu uisum quaque patuerit ingens lumen effulsisse; sortes sua sponte attenuatas unamque excidisse ita scriptam: "Mauors telum suum concutit", et per idem tempus Romae signum Martis Appia uia ac simulacra luporum sudasse, et Capuae speciem caeli ardentis fuisse lunaeque inter imbrem cadentis.
en Sicile, les javelots de plusieurs soldats, en Sardaigne, le bâton tenu à la main par un chevalier qui faisait une ronde sur les remparts, s'étaient enflammés; sur le rivage, des feux nombreux avaient brillé; deux boucliers avaient sué du sang;
certains soldats avaient été foudroyés; le globe du soleil avait paru plus petit; à Préneste, des pierres brûlantes étaient tombées du ciel; à Arpi, on avait vu dans le ciel des boucliers et un combat du soleil contre la lune;
à Capène, en plein jour, deux lunes s'étaient levées; les eaux de Céré avaient coulé mêlées de sang, et à la source même d'Hercule, l'eau avait eu des taches de sang; à Antium, des moissonneurs avaient vu tomber dans leur corbeille des épis sanglants;
à Faléries, le ciel avait paru s'ouvrir comme par une large fente, et par cette ouverture avait brillé une lumière éclatante; les tablettes des sorts s'étaient rétrécies d'elles-mêmes, et il en était tombé une portant l'inscription: "Mavors agite sa lance";
en même temps, à Rome, la statue de Mars, sur la voie Appienne, et les effigies des loups avaient sué; à Capoue, le ciel avait paru s'enflammer et la lune tomber au milieu de la pluie.

Note: la traduction précédente est de M.Nisard, en 1864. Remarquons au passage, que certains prodiges s'expliquent à simple lecture: un baton qui "s'enflamme", c'est probablement un feu St Elme, et une statue qui sue, c'est probablement de la rosée qui se condense. Nous extrayons, et retraduisons au plus près du texte, ce qui nous intéresse
et solis orbem minui uisum, et Praeneste ardentes lapides caelo cecidisse, et Arpis parmas in caelo uisas pugnantemque cum luna solem, et Capenae duas interdiu lunas ortas...
et Faleriis caelum findi velut magno hiatu uisum quaque patuerit ingens lumen effulsisse...
et Capuae speciem caeli ardentis fuisse lunaeque inter imbrem cadentis.

et le disque solaire fut vu plus petit, et à Préneste des pierres brulantes tombèrent du ciel, et à Arpi furent vus des boucliers ronds dans le ciel, et le soleil affrontant la lune, et à Capène deux lunes se levèrent pendant le jour...
et à Faleries on vit le ciel ouvert comme par une large fente par laquelle s'était découverte une grande lumière qui brillait
et à Capoue on avait vu l'apparence de cieux embrasé et l'apparence de la lune couchante au milieu de la pluie.

(Livius, liv XXII, ch I)

vers 100, Plutarque ne s'y retrouve plus dans tous ces prodiges.
En même temps, les Romains voyaient des signes et des prodiges : les uns, comme la chute de la foudre, leur étaient bien familiers ; mais d’autres étaient tout à fait extraordinaires, et vraiment surnaturels. On disait, par exemple, que des boucliers avaient sué du sang ; que, dans les campagnes d’Antium, le chaume des blés avait teint de sang la faux des moissonneurs ; qu’il était tombé du ciel des pierres ardentes et enflammées ; que les habitants de Faléries avaient vu le ciel s’ouvrir au-dessus de leur ville, et qu’il en était tombé une quantité de tablettes qui avaient jonché la terre, et dont une portait ces mots : Mars agite ses armes !
(Plutarque1, vie de Fabius Maximus )
Note: Plutarque, qui écrit un siècle après Tite Live, mélange le ciel qui s'ouvre à Faléries, et la tablette des sorts qui tombe. On voit que la confusion d'histoire différentes a existé de tous temps.

vers 207, Dion Cassius copie les réserves de Tite Live.
On racontait partout de nombreux prodiges; les uns vrais, les autres imaginaires: lorsque certains hommes sont livrés à de vives alarmes, et qu'un phénomène nouveau leur est signalé, ils en supposent souvent un autre. Si un de ces prodiges est accueilli avec une aveugle confiance, beaucoup d'autres trouvent également foi.
(Dion Cassius, fragment CLXXX1 )
Note: Dion Cassius ne décrit pas les prodiges annoncés, ou plus probablement, sa description nous est perdue. Mais on voit bien que, comme Tite-Live, il prend du recul par rapport à ce qu'il raconte

vers 416, Orose le prètre s'inspire des livres, encore existant, de Tite Live:
Diris tunc etiam Romani prodigiis territi sunt. nam et solis orbis minui visus est et apud Arpos parmae in caelo visae, sol quoque pugnasse cum luna, apud Capenas interdiu duas lunas ortas, in Sardinia sanguine duo scuta sudasse, Faliscis caelum scindi velut magno hiatu visum, apud Antium metentibus cruentas spicas in corbem decidisse.
Ensuite les romains furent encore effrayés par des présages funestes, car le soleil fut vu diminué, et à Arpi on vit un bouclier rond dans le ciel, et aussi le soleil luttant avec la lune, à Capène, en plein jour deux lunes apparaitre, en Sardaigne deux boucliers suer du sang, à Falisces le ciel ouvert par une large fente, à Antium des épis sanglants tomber dans les corbeilles des moissonneurs.
(Orosius, livre IV, 15)
Note: orosius, comme Dion Cassius ne fait que copier Tite-Live

Le pseudo Obsequens déballe un paquet de prodiges:
DXXXVII 215
Gn. Servilio Gemino, C. Quintio Flaminio II, Coss.
31
Et in Sicilia aliquot militibus spicula arserunt, litora crebris fulserunt ignibus: milites fulminibus icti, solis circulus minui uisus est; Praeneste ardentes lampades de coelo ceciderunt; Arpis parma in coelo; luna cum sole certare, et interdiu etiam duae lunae visae;...
Faleriis coelum findi visum;
Capuae coelum ardere visum, navium species in coelo visae;

An 537 de Rome, 215 av JC
Gnaeus Servilius Geminus. Caius Quintus Flaminius, consuls
Et en Sicile les javelots de plusieurs soldats s'enflammèrent, sur les cotes des feux avaient souvent brillé: des soldats frappés de la foudre, le cercle du soleil fut vu plus petit; à Preneste des flambeaux ardents étaient tombés du ciel; à Arpi, un bouclier rond dans le ciel; la lune lutta avec le soleil; et pendant le jour, on vit encore deux lunes;...
à Faleries, on vit le ciel fendu;...
A Capoue, on vit le ciel embrasé, on vit des apparences de navires dans le ciel;

(Obsequens2, p 55)
Note: Le texte d'Obsequens est perdu, il s'agit ici des suppléments de Lycosthènes et ce prodige des navires est une erreur, car il a recopié une deuxième fois celui de l'an 218 av JC

1557, Conrad Lycosthènes, se cite lui même sans le dire:

javelots enflammés (Lycosthènes)

ciel embrasé (Lycosthènes)
anno mundi 3749. ante Christum 214
& in Sicilia aliquot militibus spicula arserunt, litora crebris fulserunt ignibus: milites fulminibus icti, solis circulus minuui visus est. Praeneste ardentes lampades de coelo ceciderunt. Arpis parma in coelo, luna cum sole certare, & interdiu etiam duae lunae visae, ...
Faleriis coelum findi visum, ...
Capuae coelum ardere visum
Liv & Jul.Obseq.ca.31

Année de la création 3749. 214 avant Jésus-Christ
Et en Sicile les javelots de plusieurs soldats s'enflammèrent, sur les cotes des feux avaient souvent brillé: des soldats frappés de la foudre, le cercle du soleil fut vu plus petit; à Preneste des flambeaux ardents étaient tombés du ciel; à Arpi, un bouclier rond dans le ciel; la lune lutta avec le soleil; et pendant le jour, on vit encore deux lunes;...
à Faleries, on vit le ciel fendu;...
A Capoue, on vit le ciel embrasé
Tite Live et Julius Obsequens ch. 31

Lycosthenes, p 114
Note: Lycosthène se trompe tellement dans les dates, que c'est par hasard que ses dates sont justes. ici, il se cite lui même en citant Obsequens, puisque c'est son propre texte, recopié de Tite Live.

1842, Victor Verger traduit la reconstitution de Lycosthenes.
XXXI. Sous les consuls Gn. Servilius Geminus et C. Quintius Flaminius II (1)
...
Note: il s'agit des prodiges de l'an 217 av JC que Lycosthènes a mélangé avec ceux de 218
le disque du soleil parut diminué. A Préneste, des lampes ardentes tombèrent du ciel. A Arpi, apparut au ciel un bouclier rond. On vit la lune combattre avec le soleil, et l'on remarqua même deux lunes en plein jour...
A Falérie, on vit le ciel se fendre en deux parties...
A Capoue, on vit le ciel embrasé ; on aperçut au ciel des figures de navires.
(1) An de Rome 537

(Obsequens3, p 37)
Note: Cette traduction médiocre d'un faux texte a servi pendant un bon siècle

1955 Harold T. Wilkins voit des soucoupes volantes dans les boucliers ronds.
B.C. 216: "Things like ships were seen in the sky, over Italy ... In Sardinia, a knight was making his rounds, inspecting the posts guarding the rampart, when a stick in his hands burst into flames. The same thing happened to Roman soldiers in Sicily who saw their Javelins flame and burn in their hands. River banks and shores shone with many flames ... the circumference of the sun seemed diminished ...The moon fought with the sun." (Phenomena like St. Elmo's lights; but the apparent diminution of the sun's disc is recorded several times, at intervals of years B.C. The round shield may well have been a flying saucer). "At Antium," (a very old city on the coast, some 45 miles from Ostium) "stalks, coloured like blood, fell into a harvester's basket .. At Faleris, in Etruria, the sky split into two parts ... At Capua, the sky was all on fire, and one saw figures like ships. (Cn. Servilius Geminus and C. Quintius Flaminius II were consuls)."
216 av JC: "Des sortes de navires furent vues dans le ciel au dessus de l'Italie. En Sardaigne, un chevalier faisait sa ronde, inspectant les postes qui gardaient le rempart, quand un bâton dans ses mains s'enflamma. La même chose arriva à des soldats romains en Sicile qui ont leurs javelots s'enflammer et bruler entre leurs mains. Les berges et les rives du fleuve avait brillé de nombreuses flammes. la circonférence du soleil sembla diminuée... La lune combattit avec le soleil." (Des phénomènes comme le feu St Elme, mais l'apparente diminution du disque solaire est mentionnée plusieurs fois à des intervalles de plusieurs années, av JC. ... "A Antium," (une très ancienne cité sur la cote, à quelques 45 miles d'Ostie) "des épis couleur de sang tombèrent dans le panier d'un moissonneur... A Faleries, en Etrurie, le ciel s'ouvrit en deux... A Capoue, le ciel était tout en feu, et on vit des apparences de navire. (Cn. Servilius Geminus et C. Quintius Flaminius II étaient consuls)."
Wilkins, p 165

B.C. 216: "At Praeneste (65 Roman miles from Rome), burning lamps fell from the sky, and at Arpinium (42 Roman miles east of Praeneste), a thing like a round shield was seen in the sky." (The burning lamps may have been meteors; but what about the shield (parma, in Latin)? Does this not recall the gleaming discs we know as flying saucers? Au.)
216 av JC: A Praeneste (à 65 milles romains de Rome), des lampes enflammées tombèrent du ciel, et à Arpi (à 42 milles romains à l'est de Praeneste), une chose comme un bouclier rond fut vue dans le ciel." (les lampes enflammées peuvent avoir été des météores, mais qu'en est il des boucliers (parma, en latin)? Cela ne rappelle-t-il pas les disques brillants que nous connaissons en tant que soucoupes volantes? l'auteur)
Wilkins, p 172
Note: Wilkins est capable de reconnaitre un feu St Elme, mais pas de se rendre compte qu'il cite deux fois les mêmes cas. Pour Arpi, aucune version ne dit que les boucliers étaient brillant, mais voila, ils étaient ronds, et pour Wilkins, qui dit objet rond dans le ciel dit soucoupe volante

1964 Raymond Bernard fissure le ciel.
B.C. 217: Fissure in the Sky "At Faleri the sky had seemed to be rent as it were with a great fissure and through the opening a bright light had shone." - Livy, History, Book XXII, Ch. 1
218 av. J.-C. : Fissure dans le ciel "A Faleri le ciel avait semblé déchiré comme par une grande fissure et une brillante lumière avait lui à travers l'ouverture" - Tite Live, Histoire, Livre XXII, chap.1.
Bernard, ch. Conclusion

1970, Henry Durrant prétend puiser dans Tite Live.
- 218 av. J.-C. :... Le globe du soleil devint plus petit. A Praeneste, des lampes scintillantes dans le ciel. (Tite-Live, Histoire romaine, livres XXI, XXII). »
Durrant, p 49
Note: Durrant ne semble pas avoir lu Tite Live cat il répéte les erreurs de Lycosthenes

1977, Pierre Vieroudy répète les erreurs de ses prédécesseurs.
218 avant J .-C. ... A Praeneste des lampes scintillantes furent repérées dans le ciel alors qu'à Arpia on parla ... de vaisseaux fantômes.
Vieroudy, p 32
Note: les vaisseaux fantomes datent de l'année précédente

1977 Michel Bougard copie Durrant.
Dans l'« Histoire Romaine» de Tite-Live, on peut lire: «... A Praeneste, on (vit) des lampes scintillantes dans le ciel... 30.
30. Tite-Live, Histoire Romaine, livres XXI, XXII.

(Bougard, p 44-45)
Note: encore une fois Bougard répète les erreurs de Durrant

1977 Christiane Piens se base sur Tite Live.
En - 217, on vit ... le soleil luttant contre la lune. A Capène, deux lunes s'étaient montrées en plein jour. A Faléries, il s'était fait dans le ciel une large ouverture, par où s'était échappée une grande lumière 11.
1l. Tite-Live, Livre XXII, 1.

(Piens, p 32)
Note: Cette fois, ces prodiges sont bien dans le texte de Tite Live.

21ème siècle, Godelieve Van Overmeire copie Christiane Piens.
-217
ROME ANTIQUE
on vit ... le soleil luttant contre la lune. A Capène deux lunes s'étaient montrées en plein jour. A Faléries il s'était fait dans le ciel une large ouverture par où s'était échappée une grande lumière. (Christiane PIENS: "Les Ovni du passé" - Marabout 1977 - p. 32)

(Chronologie OVNI, sur le site actuellement fermé de Godelieve Van Overmeire.)
Note: C'est bien Christiane Piens qu'il fallait citer. Rappelons que ce site est la source de presque tous les catalogues disponibles sur le web francophone

21ème siècle, la légende explose sur le web.
Rome antique ( 217 av. JC. )
on vit ... le soleil luttant contre la lune. A Capène deux lunes s'étaient montrées en plein jour. A Faléries il s'était fait dans le ciel une large ouverture par où s'était échappée une grande lumière.
(Une page web parmi les 73 qui citent ce texte)

2006, Jean Sider joue au critique.
-217 ou -218 - sdp - République romaine:
Idem que ci-dessus: nos sources donnent une relation très courte mais dotée de grosses différences, qu'on en juge:
1- « ... on vit ... le soleil luttant contre la lune. » (Piens, p. 32, qui date le cas à - 217)
. 2- « ... (on vit) ... Des vaisseaux fantômes apparurent dans le ciel. » (Bougard, p. 45, date le cas à - 218).
Notons que ces deux auteurs se réfèrent à la même source, Tite-Live, Histoire romaine, XXII.

(Sider, p 43)
Note: Toujours cette belle arrogance de Jean Sider, qui n'a même pas compris que ses "sources" sont deux traductions différentes, et des passages différents, d'un même texte en latin, que, bien sûr, il n'a pas consulté.

2007, Richard Stothers essaie de comprendre.
The first cluster of reports of fiery globes falls during the Second Punic War. Livy reports that in 217 BC "at Capena two moons rose in the daytime ... and at Capua a kind of moon fell during a rainstorm." 16
The Capuan "moon" may have been a manifestation of ball lightning, but the "two moons" at Capena most likely were not. Mock moons are seen only at night when the real moon is very bright, but a bolide seen together with the real moon in the daytime, or a bolide split in two, is a possibility.

16 Liv. 22.1.10-12; Orosius 4.15. Three moons appeared simultaneously in 223 BC and in 122 BC, and probably consisted of two mock moons on either side of the real moon, although the time is not explicitly stated to have been night: Plin. Nat. 2.99; Plu. Marc. 4.1; Orosius 4.13; Obsequens 32; Apuleius in Lyd. Ost. 4; Zonaras 8.20.

Le premier groupe de rapports de globes de feu tombe au cours de la deuxième guerre punique. Tite-Live rapporte qu'en 217 av J.C. " à Capene deux lunes apparurent dans la journée ... et à Capoue une sorte de lune tomba lors d'une pluie torrentielle." 16
La "lune" de Capoue peut avoir été une manifestation de la foudre en boule, mais les «deux lunes» à Capene ne l'étaient probablement pas. Les parasélènes ne sont vus que la nuit, quand la vraie lune est très lumineuse, mais un bolide vu avec la vraie lune dans la journée, ou un bolide fractionné en deux, est une possibilité.
Note: A Capoue, la foudre en boule est bien douteuse, car c'est un phénomène assez bref, visible par peu de témoins, quant à l'hypothèse du bolide, elle l'est encore plus. La brièveté et le changement rapide d'apparence excluent une comparaison avec la lune, d'autant que les romains savaient reconnaitre ce prodige particulier, qu'ils appelaient "torche".

16 Tite Live, livre 22, ch 1 10-12; Orose livre 4, ch 15: Trois lunes apparurent simultanémént en 223 av J.C. et en 122 av J.C., et consistaient probablement en deux parasélènes de chaque coté de la vraie lune, bien qu'il ne soit pas explicitement stipulé que ce fut de nuit. Pline, Histoire Naturelle, livre II, ch. 99; Plutarque, vie de Marcellus, livre IV, ch. 1; Orose, livre IV, ch.13; Obsequens, 32; Apulée dans Jean le Lydien, De Ostentis, 4; Zonaras, livre VIII, ch.20

(Stothers, p 84)
Note: ces cas de parasélènes auraient mérité une entrée particulière, au lieu d'être insérés dans une note concernant un phénomène qui n'a rien à voir.

2009, Jacques Vallée ne semble pas s'intéresser au combat solaire.
" the sun had appeared to be fighting with the moon; at Capena two moons were visible in the daytime."
le soleil avait semblé se battre avec la lune; à Capène deux lunes furent visibles en plein jour
(Vallée2, cas n° 9)

Analyse:
La source originale est encore Tite Live, que, comme d'habitude, la plupart de nos auteurs n'ont pas lu, et c'est à coup d'altérations et de confusions, qu'on arrive à des lampes scintillantes et des vaisseaux fantomes
Pour les vaisseaux fantomes, il s'agit d'une confusion de Lycosthènes, qui a recopié deux fois le prodige de l'année précédente. Tite Live ne dit rien de tel pour l'an 217 av JC

"en Sicile, les javelots de plusieurs soldats, en Sardaigne, le bâton tenu à la main par un chevalier qui faisait une ronde sur les remparts, s'étaient enflammés"
. Il s'agit manifestement d'un classique feu St Elme, comme à Eretum. Rien à voir avec un phénomène céleste comme dans le dessin de Lycosthènes

"et le disque solaire fut vu plus petit"
. On ne sait rien de plus. On sait que les anciens attribuait un pied de large au soleil, que la lune parait plus grosse à son coucher, et que le témoin moyen des campagnes ne devait pas s'y connaitre beaucoup en astronomie. Alors, phénomène météorologique? optique? psychologique? culturel? Mystère. A classer comme renseignements insuffisants

"et à Préneste des pierres brulantes tombèrent du ciel,"
. Voici le seul cas intéressant du lot, puisque ces pierres brulantes, évoquent une chute de météorite. Quel dommage que Lycosthènes les ait transformé en flambeaux ardents, qui sont ensuite devenus des lampes scintillantes, dernière étape avant les OVNI munis de clignotants. Seulement, avant de les classer en chute possible de météorite, il faut se rappeler que des bombes volcaniques feraient aussi l'affaire, car Préneste est en bordure de la zone de terrains pyroclastiques qui entoure le mont Albain.

"et à Arpi furent vus des boucliers ronds dans le ciel"
. "Parma" désigne un petit bouclier rond. Mais on ignore la taille apparente de ces boucliers, ni leur orientation. En fait, on ignore tout, comme toujours. même Vallée reconnait que c'était peut être des météores. On pourrait tout aussi bien y voir des nuages lenticulaires. Renseignements insuffisants, donc.

visibilité de l'éclipse de 217

"et le soleil combattant la lune"
. Cela fait penser à une éclipse de soleil, mais voila, il n'y eut aucune éclipse de soleil en Italie dans cette décennie. Par contre il y eut une éclipse de lune par la pénombre, bien visible en Italie, le 27 févier 217 av JC. Comme la lune était juste au dessus de l'ombre de la terre, on avait pu voir simultanémént le soleil et la lune bas sur l'horizon. Peut-être est ce la cause du prodige, que nous classerons en "éclipse de lune possible"

"et à Capène deux lunes se levèrent pendant le jour..."
. Il nous manque des renseignements pour conclure: il faudrait savoir l'heure du prodige, et la position respective de ces deux lune. Si le prodige a eu lieu vers midi, alors la lune se levait dans son premier quartier, pas assez lumineuse sur un ciel qui l'était trop, pour qu'un parasélène soit visible. Mais dans ce cas, un mirage conviendrait, qui aurait alors superposé quelques minutes deux images de la lune. Faute de renseignements, le mirage est possible

"et à Faleries on vit le ciel ouvert comme par une large fente par laquelle s'était découverte une grande lumière qui brillait"
. On ne sait malheureusement pas pas si c'était de jour ou de nuit. Si c'était de nuit, il s'agit manifestement d'une mésinterprétation d'une lumière visible sur le fond sombre du ciel, interprété comme une ouverture dans ce ciel, laissant voir une lumière derrière lui. Mais une grande lumière qui a brillé, cela ne nous renseigne pas beaucoup. Si c'était de jour, vu l'ignorance et la crédulité du témoin moyen de l'époque, on peut tout aussi bien invoquer une barrière de nuages entrouverte. Les nuages créent parfois des effets spectaculaires. Renseignements insuffisants encore une fois

"et à Capoue on avait vu l'apparence de cieux embrasé".
Cette fois, on avoue que ce n'est plus qu'une apparence. Donc pour nous, une apparence d'aurore boréale, si le phénomène a bien eu lieu la nuit, et donc observé par les noctambules de Capoue. Donc aurore boréale possible, mais seulement possible.

speciem ... lunaeque inter imbrem cadentis peut se mettre sous la forme et speciem lunae cadentis inter imbrem "et l'apparence de la lune couchante au milieu de la pluie".
Comme nous ignorons les conditions de l'observation, nous ne pouvons pas exclure que ce soit la vraie lune, ni une image du soleil, par exemple, un parhélie. Nous classons donc en renseignements insuffisants.

Voila donc neuf prodiges, dont huit célestes, mentionnés par Tite Live, sur lesquels un est immédiatement identifiable, le feu St Elme, quatre sont inclassables pour renseignements insuffisants, et quatre ont une explication possible: météorites ou bombes volcaniques, éclipse de lune, mirage, et aurore boréale
Mais en faisant le synthèse des récits des ufologues, ça donnerait:
Le globe du soleil devint plus petit. A Praeneste des lampes scintillantes furent repérées dans le ciel. à Arpi, on vit dans les airs, des objets ressemblant à des soucoupes volantes, et le soleil luttant contre la lune, et des vaisseaux fantômes. A Capène deux lunes s'étaient montrées en plein jour. A Faléries il s'était fait dans le ciel une large ouverture par où s'était échappée une grande lumière.
Et encore n'ont ils pas utilisé le ciel embrasé à Capoue, ni remplacé les lampes scintillantes par des projectiles extraterrestres. Parce que dans ce dernier cas, c'eut été rigoureusement vrai s'il s'agissait de météorites.

Dernière mise à jour: 18/11/2014

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