1811 Pour L.A. Martin, Agobard a sauvé des physiciens


Lettres à SOPHIE


LETTRE XLII.

SUR L'ORIGINE DES BALLONS

Dans l'épisode d'Hélie et Béatrix, j'ai eu le dessein de donner une idée des connaissances aérostatiques des anciens. Je pourrais ajouter ici un grand nombre d'exemples qui prouveraient incontestablement que M. Montgolfier n'a fait que retrouver un secret connu de quelques anciens physiciens.

Je me contenterai d'en citer encore deux exemples.

Le père Ménestrier, savant historien de Lyon, rapporte que sur la fin du règne de Charlemagne il tomba dans cette ville au milieu de la place du Change, un ballon où il y avait plusieurs personnes. Le peuple, qui croyait encore aux sorciers, s'attroupa autour d'eux, en criant que c'étaient des magiciens que Grimoald, duc de Bénévent, alors ennemi de la France, envoyait pour dévaster le pays: et, sans l'évêque Agobard, homme juste et instruit, les infortunés physiciens allaient être traînés au supplice. Histoire de Lyon, du père Ménestrier


SOURCE: Louis Aimé Martin, Lettres à Sophie, sur la physique, la chimie et l'histoire naturelle, éd. 1811, tome 2, p 453

Remarques:

L'auteur reprend manifestement cette idée de précurseurs des frères Montgolfier, à la dissertation d'A. G. Rozier, qui lui même avait copié Delandine, qui est le premier à situer l'évènement sur la place du change. Il extrapole même sur le texte de Rozier, puisque les pauvres gens employés, chez Rozier, pour tester la machine sont devenus, chez Martin, des "physiciens".

Quant au père Ménestrier, il ne dit rien de cet épisode dans son Histoire de Lyon. Et d'ailleurs, s'il en avait parlé, il eut parlé de "navires aériens" et non de "ballons", qui n'étaient pas encore inventés de son temps.

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