Le texte des évangiles
Le mot "évangile" vient du grec ευαγγελια , qui signifie "bonne nouvelle". La plupart des exégètes modernes s'accordent à dire que les évangiles sont des livres édifiants sans prétention historique. Les évangélistes s'attachaient à apporter la "bonne parole" aux nouveaux convertis.
Matthieu et Luc, ont écrit indépendamment un évangile, en grec, dont la moitié, celle qui concerne la vie publique de Jésus, se retrouve dans l'évangile de Marc, qui lui, ne dit rien de l'enfance de Jésus. Pour cette raison, les évangiles de Matthieu et de Luc sont appelés "évangiles de l'enfance". Il sont d'ailleurs assez discordants. Leur date de rédaction ne fait pas l'unanimité. Il est seulement certains qu'ils datent de la seconde moitié du premier siècle.
Tant Matthieu que Luc s'efforcent de démontrer que Jésus est bien le Messie. Pour cela ils donnent sa généalogie l'un depuis Abraham (Matthieu 1,1), l'autre depuis Adam (Luc 3,23). Tous les deux font descendre Jésus de David, l'un par le roi Salomon, l'autre par son frère Nathan. Ces deux généalogies sont aussi absurdes, l'une que l'autre
La grosse différence entre les deux évangiles est que Matthieu écrit pour des Juifs convertis de Palestine, alors que Luc écrit pour des païens convertis, habitant ailleurs dans l'empire romain. C'est pourquoi Matthieu va s'attacher à appuyer sa démonstration sur l'autorité des prophéties bibliques. Luc, qui y est moins tenu, essaye de rendre son texte vraisemblable pour des habitants de l'empire romain.
(Nous avons suivi le texte de la bible Osty)

L'évangile de Matthieu

1,18. Voici ce qu'il en fut de l'origine de Jésus Christ. Marie, sa mère, ayant été fiancée à Joseph, se trouva enceinte de par l'Esprit Saint avant qu'ils eussent habité ensemble.
Note: Ceci constitue le "mystère de l'incarnation", et non pas, comme le croit les ignorants, celui de l'immaculée conception, qui concerne, non la conception de Jésus, mais celle de Marie elle même, dont l'ame fut déclarée vierge du péché originel.

1,19. Joseph, son époux qui était un homme juste et ne voulait pas la bafouer, résolut de la répudier en cachette.
1,20. Comme il y réfléchissait, voici que l'Ange du Seigneur lui apparut en songe et dit: « Joseph, Fils de David, ne crains pas de prendre avec toi Marie ton épouse; car ce qui a été engendré en elle est de par l'Esprit Saint.
Note: premier rève de Joseph, auquel il obéit. Notons que pour Joseph, le juif, la notion d'esprit saint n'a pas de sens.

1,21. Elle enfantera un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus; car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés ».
1,22. Tout cela arriva pour que s'accomplit ce qu'avait annoncé le Seigneur par le prophète, quand il dit :
1,23. Voici que la Vierge concevra et enfantera un fils, et on l'appellera du nom d'Emmanuel, ce qui veut dire: Dieu avec nous.
Note: Isaïe dit (7,14) "Voici que la jeune femme est enceinte et va enfanter un fils, et elle l'appellera du nom d'Emmanuel". Matthieu, qui parle à des juifs convertis, cherche à appuyer son évangile sur l'autorité des prophètes, mais ici, il est pris en défaut. L'enfant ne s'appelle pas Emmanuel, et il ne peut faire autrement que de l'appeler par son vrai nom, aussi fait il appel à l'autorité d'un ange, pour expliquer le choix du nom de l'enfant.

1,24 Réveillé de son sommeil, Joseph fit comme lui avait prescrit l'Ange du Seigneur, et il prit avec lui son épouse.
1,25 Et il ne la connut pas jusqu'à ce qu'elle enfanta un fils, et il l'appela du nom de Jésus.
Note: il ne la connut pas = il n'eut pas de rapport sexuels avec elle jusque la naissance de l'enfant. Les évangéliste Marc (3, 31-35), et Luc (8, 19-21) sont d'accord pour parler des frères et soeurs du Christ. Pire, Matthieu (13,55) donne leur noms: "Est ce que sa mère ne s'appelle pas Marie, et ses frères Jacques, et Joseph, et Simon, et Jude?".
La virginité éternelle de Marie, bien qu'inscite dans le Credo, n'est donc qu'une simple croyance, contredite par les évangiles. Jésus était le premier né de Marie, et le demi-frère des ses autres enfants, détail que ne pouvait connaitre ceux qui, à Nazareth, parlaient de ses frères et soeurs.

L'évangile de Luc

1,26 Le sixième mois, l'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, du nom de Nazareth,
1,27 à une vierge fiancée à un homme du nom de Joseph, de la maison de David; et le nom de la vierge était Marie.
Note: Matthieu et Luc sont d'accord sur les noms de Marie et de Joseph, mais ils ne sont pas d'accord sur Nazareth, où habitaient déja le couple d'après Luc, et où il ne vint qu'après le retour d'Egypte d'après Matthieu.

1,28 Et, entrant chez elle, il dit: « Salut, comblée de grâce! le Seigneur est avec toi. »
1,29 A cette parole elle fut toute troublée, et elle se demandait ce que pouvait être cette salutation.
1,30 Et l'ange lui dit: « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu.
1,31 Et voici que tu concevras et tu enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de Jésus.
Note: Matthieu et Luc sont aussi d'accord pour faire donner à l'enfant le nom de Jésus, par un ange. Ils ne pouvaient évidemment choisir un autre nom que Jésus, mais il fallait donner à cette appellation un caractère divin, l'autorité d'un ange n'était pas de trop.
Matthieu est muet sur la naissance de Jésus, proprement dite, et ne dit pas ou habitait Joseph jusque là.
2,1 Or donc, en ces jours-là, parut un édit de César Auguste; ordonnant de recenser le monde entier.
Note: Il n'y eut aucun tel recensement, mais un recensement des citoyens romains (qui en dénombra 4 230 000) en 8 AC. Mais rappelons nous que Luc écrit à Rome, pour des chrétiens qui ont gardé d'Auguste le souvenir d'un grand empereur.

2,2 Ce premier recensement eut lieu pendant que Quirinius était gouverneur de Syrie.
Note: Nous sommes en pleine confusion puisque Quirinius, que Flavius Josephe appelle Cyrenius ( Κυρηνιος ) fut gouverneur en l'an 6 de notre ère, et organisa un recensement, non des personnes, mais des biens.

2,3 Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville.
Note: On ne connait pas de recensement, à l'époque, où les recensés durent rejoindre leur ville natale.

2,4 Joseph aussi monta de Galilée, de la ville de Nazareth, vers la Judée, vers la ville de David qui s'appelle Bethléem - parce qu'il était de la maison et de la lignée de David -
Note: Contradiction avec Matthieu, ou Joseph ne vint à Nazareth qu'après être revenu d'Egypte.

2,5 pour se faire recenser avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte.
2,6 Or donc, comme ils étaient là, furent révolus les jours où elle devait enfanter.
2,7 Et elle enfanta son fils, le premier-né, et elle l'emmaillota et le coucha dans une mangeoire, parce qu'il n'y avait pas de place pour eux dans l'hôtellerie.
Note: Ce "premier né" confirme ce que nous avons vu avec Matthieu (1,25): Marie eu d'autres enfants. La mangeoire est souvent appelée "crèche", et l'hotellerie est appelée aussi "salle" (Jérusalem) ou salle d'hotes (TOB). Le texte grec original dit bien Φατνη (mangeoire) et il n'est nullement question d'étable, encore moins d'âne et de boeuf. Tout au plus peut on supposer que la mangeoire se trouvait dans l'écurie de l'hotellerie.

2,8 Et il y avait dans cette contrée des bergers qui vivaient aux champs et qui passaient les veilles de la nuit à veiller sur leur troupeau.
Note: Ceci nous apprend que selon Luc, la naissance du Christ eut lieu en été, et non le 25 décembre où les troupeaux restent à l'étable.

2,9 Et l'Ange du Seigneur se présenta à eux et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa clarté, et ils furent saisis d'une grande crainte.
Note: Lévènement eut donc lieu la nuit.

2,10 Et l'ange leur dit: «Soyez sans crainte, car voici que je vous annonce la bonne nouvelle d'une grande joie, qui sera pour tout le peuple: Il il vous est né aujourd'hui, dans la ville de David, un Sauveur, qui est Christ Seigneur.
2,12 Et voici pour vous le signe: vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
2,13 Et soudain il y eut avec l'ange une multitude de l'armée céleste, qui louait Dieu et disait:
2,14 « Gloire à Dieu au plus haut [des cieux], et sur terre paix aux hommes, qui ont sa faveur!»
Note: Ces braves bergers avaient bon droit d'ètre impressionnés, mais pourquoi envoyer une armée céleste pour informer de simples bergers alors qu'il aurait été plus logique de l'annoncer directement aux habitants de Bethléem? On a l'impression que Luc, pour placer sa fantasmagorie céleste, qui n'a d'autre but que de valider la divinité du Christ aux yeux de ses lecteurs, a besoin de témoins assez humbles pour qu'on ne puisse les retrouver.

2,15 Or, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, les bergers se disaient entre eux: « Passons donc jusqu'à Bethléem, et voyons cette chose qui est arrivée et que le Seigneur nous a fait connaître.»
2,16 Et ils vinrent en hâte et ils trouvèrent Marie, et Joseph, et le nouveau-né couché dans la mangeoire.
2,17 Ayant vu, ils firent connaître la chose qui leur avait été dite de cet enfant,
2,18 et tous ceux qui les entendirent s'étonnèrent de ce que leur disaient les bergers.
2,19 Quant à Marie, elle gardait avec soin toutes ces choses, les repassant dans son coeur.
2,20 Et les bergers s'en retournèrent, glorifiant et louant Dieu pour tout ce qu'ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.
Note: Les braves bergers ne joueront plus aucun rôle, dans la suite de l'évangile, ce qui fait douter de l'utilité de cette mise en scène.
2,1 Jésus étant né à Bethléem de Judée, aux jours du roi Hérode, voici que des mages venus du Levant se présentèrent à Jérusalem,
Note: "Des mages", c'est très vague si on ne précise pas de quel pays ils venaient, car ils pouvaient être aussi bien des magiciens, des prêtres ou des savants. Manifestement Matthieu a besoin de ce flou, c'est pourquoi il les fait venir du levant, contrée de mystères qui, pour les habitants de Jérusalem, incluait l'Arabie et s'étendait jusqu'a la Perse. En fait, pour les hiérosolymitains (habitants de Jérusalem), le levant (ou l'orient) commençait à l'est du Jourdain.

2,2 en disant: « Où est le roi des Juifs qui vient de naître? Car nous avons vu son étoile au Levant et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
Note: il y a une ambiguité dans ce "au levant", aussi traduit par "à son lever" (Jérusalem), "en orient" (Second, Crampon), "à l'orient" (TOB), "à l'est" (Bayard).
"à son lever" laisserait entendre qu'elle ne fut plus visible ensuite parce que le jour succéda.
"en orient" laisse entendre que ce sont les mages eux mêmes qui se trouvaient alors en orient, mais ils n'auraient pas dit qu'ils étaient de l'orient, ils auraient cité leur pays, qui était pour eux le centre du monde, alors que la Judée était à l'occident.
"à l'orient" ou "à l'est" implique que l'astre n'aurait pu indiquer au mages la direction de la Judée, à l'ouest.
Le texte grec dit ανατολη , ce qui ne signifie pas Anatolie, comme l'a cru Voltaire, mais "levant", avec le sens soit de lever d'un astre, soit de moment de son lever, ce qui nous ramène à "à son lever".
Donc les mages auraient vu l'étoile - l'astre - le phénomène céleste, à son lever, mais il n'est dit nulle part qu'ils continuèrent à le voir, encore mois que l'astre les précédait quand ils marchaient vers Jérusalem, ce qui serait absurde, puisque l'astre se serait levé à l'est, comme tous les astres, et que Jérusalem était pour les mages, à l'Ouest. Ainsi, si les mages partirent vers la Judée, C'est qu'ils savaient déja que le roi nouveau-né se trouvait en Judée. Il y a deux possibilités:
- soit, ils l'avaient compris par l'art astrologique et la position de l'astre dans une constellation associée à la Judée. Ceci tendrait à faire des mages des astrologues Chaldéens, pour lequels chaque pays voisin avait sa représentation dans le ciel. Selon Michael Molnar, la constellation du Bélier était précisément associée à la Judée, et un phénomène céleste s'y déroulant désignait donc ce royaume.
- soit, ils se souvenaient d'une prophétie, et alors les mages étaient des juifs venant d'Iturée (PERAEA sur la carte de droite), habitée par les descendants de la tribu de Ruben.
Matthieu, qui connaissait probablement ces deux possibiltés ne nous dit rien qui nous permettre de trancher, mais son but est seulement demontrer que des mages ont reconnu la royauté et la divinité de Jésus.


2,3 Sur ces paroles, le roi Hérode fut troublé, et tout Jérusalem avec lui.
2,4 Et, rassemblant tous les grands prêtres et scribes du peuple, il leur demanda où le Christ devait naître.
Note: Autre absurdité: Le roi Hérode ne pouvait évidemment utiliser le nom de Christ, utilisé ultérieurement par les seuls chrétiens (Χριστος = l'oint). Matthieu ne se rend pas compte que les termes d'esprit saint ou de Christ, qui pour lui ont un sens, n'en avaient aucun pour les juifs Joseph et Hérode.

2,5 Ils lui dirent: « A Bethléem de Judée; car ainsi est-il écrit par le prophète:
2,6 Et toi, Bethléem, terre de Juda,
tu n'es sûrement pas la moindre des grandes [cités] de Juda;
car c'est de toi que sortira le chef
qui fera paître mon peuple, Israël.»
Note: Il s'agit d'une prophétie de Michée (5,1)
"Et toi Bethléem, Ephrata,
petite parmi les clans de Juda,
C'est de toi que sortira pour moi
celui qui doit gouverner Israel".

On peut se demander si Matthieu, qui cherche à prouver que Jésus est bien le messie attendue par les juifs, n'a pas inclus ce vague récit de mages venus du Levant, que pour placer la prophétie de Michée.


2,7 Alors Hérode, appelant les mages en cachette, se fit preciser par eux le temps ou était apparue l'étoile.
2,8 Et, les envoyant à Bethléem, il dit: « Allez, enquérez-vous exactement de l'enfant et, dès que vous l'aurez trouvé, annoncez-le-moi, afin que moi aussi je vienne me prosterner devant lui. »
2,9 Sur ces paroles du roi, ils s'en allèrent. Et voici que l'étoile qu'ils avaient vue au Levant les précédait, jusqu'à ce qu'elle vint se placer au-dessus de l'endroit où était l'enfant.
Note: Première apparition du syndrome d'autoréfutabilité. Puisque l'entrevue d'Hérode et des mages fut secrète, Matthieu ne pouvait rien savoir de ce qui s'y dit.
Bethléem n'est qu'à une dizaine de km de Jérusalem, soit à deux heures de marche, les mages auraient donc pu trouver leur chemin sans l'étoile, et le fait qu'ils la retrouvent indiquerait qu'ils s'étaient mis en route au début de la soirée, ce qui est tout à fait possible. L'impossibilité vient ensuite: l'étoile précèdent les mages, comme la classique "boule suiveuse" où un objet à l'infini parait accompagner l'observateur en restant toujours dans la même perspective. Jusqu'ici, l'étoile peut encore être un astre, mais voici qu'elle vient se placer en un endroit précis, c'est à dire qu'elle s'arréta bien que les mages continuaient leur marche, et qu'elle ne suivait pas non plus le mouvement diurne de la voûte céleste. "l'étoile" découverte en sortant de Jérusalem n'était donc pas un astre, et de vrais mages n'auraient pas du la confondre avec l'astre qu'ils avaient vu à son lever.


2,10 A la vue de l'étoile, ils se réjouirent d'une très grande joie.
Note: Matthieu raconte la scène comme s'il avait été présent, mais on peut se demander comment il a connu ce détail.
2,11 Et, entrés dans la maison, ils virent l'enfant avec Marie sa mère et tombèrent, prosternés, devant lui. Et, ouvrant leurs trésors, ils lui offrirent en dons de l'or, de l'encens et de la myrrhe.
Note: Jésus se trouve maintenant dans une maison, et non plus dans l'écurie d'une hotellerie. Il n'est donc plus dans une mangeoire selon le récit de Luc.
Les présents des mages sont hautement symboliques! de l'or, comme on offre à un roi, de l'encens comme on offre à un dieu, et de la myrrhe, comme on offre à un mortel. Ces trois présents pourraient être à l'origine de la légende que les mages étaient trois.
Mais quelque chose cloche: Ces mages ne font aucun oracle, aucune bénédiction, aucune prophétie, comme l'aurait fait Balaam. Ils se prosternent, offrent leurs présents, et s'en vont. Curieux mages...


2,12 Et avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, c'est par un autre chemin qu'ils se retirèrent dans leur pays.
Note: Deuxième apparition du syndrome d'autoréfutabilité. Tout au plus Matthieu aurait il pu savoir qu'on ne revit plus les mages à Jérusalem, mais en aucun cas il n'aurait pu savoir que c'est parce que les mages furent prévenus en songe.

2,13. Quand ils se furent retirés, voici que l'Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et dit: « Lève-toi, prends avec toi l'enfant et sa mère, et fuis en Égypte, et restes-y jusqu'à ce que je te le dise; car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr. »
Note: deuxième rève auquel Joseph obéit.
2,14. Lui, se levant, prit avec lui l'enfant et sa mère, de nuit, et se retira en Égypte.
2,15 Et il y fut jusqu'à la mort d'Hérode, pour que s'accomplît ce qu'avait annoncé le Seigneur par le prophète, quand il dit: D'Égypte, j'ai appelé mon fils.
Note: Matthieu, qui en est à sa troisième récupération de prophétie, fait ici une assimilation assez capillotractée.
Le prophète, c'est Osée, qui écrit:
11,1 Quand Israel était jeune, je l'ai aimé,
Et de l'Egypte, j'ai appelé mon fils.

Mais ce fils, c'est le peuple d'Israel lui même.


2,16 Alors Hérode, voyant qu'il avait été joué par les mages, entra en grande fureur et envoya tuer tous les enfants de Bethléem et de tout son territoire, depuis l'âge de deux ans et au-dessous, selon le temps qu'il s'était fait préciser par les mages.
Note: Ce détail nous apprend que l'astre était apparu deux ans auparavant. Cette datation pose un problème: Si on admet qu'Hérode prit cette décision quelques jours après le départ des mages, qui ne revinrent pas, alors qu'il n'y avait que deux heures de marche jusqu'à Bethléem, alors les mages n'auraient été à Jérusalem que deux ans après l'apparition. Pourquoi? Et comment retrouvèrent ils l'étoile, perdue de vue depuis deux ans?
Une solution nous est fournie par Alexandre Reznikov. Supposant qu'Hérode rentrait d'un voyage à Rome, il n'aurait découvert qu'à son retour que les mages l'avaient roulé, et se souvenant de la date d'apparition de l'étoile aurait décidé cette plage de deux ans dans l'age des enfants à tuer. Bien que Matthieu ne précise rien de tel, c'était peut être implicite pour lui, car il ne précise pas non plus la date à laquelle Hérode prit sa décision.


2,17 Alors s'accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le prophète, quand il dit:
2,18 Une voix a été entendue dans Rama,
sanglots et longue plainte;
c'est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, parce qu'ils ne sont plus.
Note: Cette quatrième récupération de prophétie n'est plus qu'une imposture, il y a eu tellement de massacres en Terre sainte depuis Jérémie, que n'importe quel massacre ferait l'affaire. D'autant que, dans la prophétie de Jérémie, il s'agit d'une seule femme ayant perdu ses enfants. Ce massacre, dit massacre des innocents, est d'ailleurs inconnu de Flavius Josèphe.
Luc ne dit rien des mages, ni de leur étoile, ni de la fuite en Egypte, et passe directement à la circoncision, puis à la présentation de Jésus au temple avec la prophétie de Siméon, et au retour à Nazareth.

2,19 Hérode mort, voici que l'Ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph, en Égypte,
Note: troisième rève auquel Joseph obéit.

2,20 et dit: « Lève-toi, prends avec toi l'enfant et sa mère, et va au pays d'Israël; car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l'enfant. »
2,21 Lui, se levant, prit avec lui l'enfant et sa mère, et il entra au pays d'Israël.
2,22 Mais, apprenant qu' Archélaüs régnait sur la Judée à la place de son père Hérode, il eut peur d'y aller et, averti en songe, il se retira dans la région de Galilée
Note: quatrième rève auquel Joseph obéit. A en croire Matthieu, Joseph fut donc un réveur crédule, si l'on remarque qu'il obéissait toujours à ses rèves alors que Titus Latinius, averti de la même façon par J.C, n'obéit qu'après le troisième rève, frappé dans sa famille et dans sa chair. Joseph, lui, obéit avec promptitude, se levant en plein sommeil.

2,23 et vint habiter dans une ville appelée Nazareth, afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par les Prophètes: Il sera appelé Nazôréen.
Note: contradiction avec l'évangile de Luc, pour qui Joseph habitait Nazareth avant d'aller se faire recenser à Bethléem. Quant à cette cinquième tentative de récupération de prophétie, elle est totalement ratée: on ne retrouve nulle part une telle citation dans l'ancien testament. Cependant, l'abbé Clémence, infatigable réfutateur de Voltaire, prétend sauver Matthieu:
En Hébreu, " le nom de Nazaréen, Notzri, a la même racine et la même signification que celui de Notzer qu'Isaïe donne au Messie"
Mais en fait, voici ce que dit Isaïe:

Et la traduction du rabbinat:
Or, un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton poussera de ses racines.
Evidemment, si on se donne le droit de triturer, tant l'orthographe que le sens des mots, on peut démontrer n'importe quoi.

Situations de Nazareth, Jérusalem et Bethléem.


Analyse:

Pratiquement tous les auteurs qui ont voulu chercher l'explication de "l'étoile des mages" ont fait comme si les évangiles étaient des livres historiques. Or il n'en est rien. Non seulement les exégètes sont d'accord pour y voir des livres édifiants, mais ces livres sont contradictoires, et partiellement prouvés faux.

Le recensement de César Auguste n'a rien à voir avec celui de Quirinius, et l'on peut supposer que Luc, qui n'en avait pas été témoin, s'est fié à une rumeur confondant les deux recensement. D'autre part, un tel recensement n'aurait pas obligé Marie et Joseph, de Nazareth, à se rendre à Bethléem. Mais voila, pour que Jésus puisse être le messie, il fallait qu'il naquit à Bethléem, la ville de David, et Luc trouve ce moyen du recensement pour faire naitre Jésus à Bethléem. Après quoi Luc passera à l'épisode de la circoncision, huit jours après la naissance, et fait rentrer Joseph et Marie à Nazareth en court-circuitant la fuite en Egypte.

L'abbé Clémence, prêt à jouer les équilibristes pour réfuter Voltaire, tente une conciliation des textes de Matthieu et de Luc:
Jésus à Bethléem est circoncis, huit jours après sa naissance, comme le dit S. Luc, il est adoré par les mages, transporté en Egypte; les innocens sont massacrés; Hérode meurt; la sainte famille revient en Judée, comme le rapporte S. Matthieu; Jésus est porté à Jérusalem et présenté au seigneur; Marie se purifie selon la loi, comme nous l'apprend S. Luc; elle retourne à Nazareth avec Jésus et Joseph, ainsi que le disent les deux évangélistes.
La purification avait lieu 40 jours après la naissance pour les enfants males. Ainsi, la visite des mages, la fuite en Egypte, la mort d'Hérode, le retour en Judée auraient eu lieu dans un espace de 32 jours.
Or l'étoile censé annoncer la naissance de Jésus était parue deux ans avant la visite des mages. D'autre part Matthieu ne dit pas qu'Hérode ait été nettement malade au moment où les mages vinrent le voir, ce qui implique qu'ils soient venus pas mal de semaines avant sa mort. Enfin Matthieu nous dit que Joseph n'alla pas en Judée mais vint s'installer en Galilée.
La tentative de conciliation de l'abbé Clémence ne tient donc pas debout

Si on procède autrement en se basant d'abord sur Luc, et en supposant que l'étoile apparut lors de la naissance, Jésus et ses parents sont rentrés à Nazareth depuis près de deux ans, quand les mages se présentent à Jérusalem, puis vont à Bethléem. Dès lors:
Soit il faut admettre qu'ils sont repartis bredouilles, avec leur or, leur encens et leur myrrhe.
Soit il fait admettre qu'un enfant Jésus se trouvait à Bethléem, et l'autre à Nazareth. Là, nous avons encore deux possibilités: Soit il s'agit d'un miracle de bilocation, soit il y eut effectivement deux enfants Jésus, mais aussi deux Joseph, et deux Marie, et de là nous arrivons à deux fondateurs du Christianisme: Jésus de Nazareth et Jésus de Bethléem. Cette dernière hypothèse étant absurde, il ne resterait que la bilocation. Mais alors Jésus à Bethléem aurait pu faire partie des innocents massacrés, sans que le Christianisme en soit affecté, puisqu'il restait Jésus de Nazareth. Oui, mais il reste Marie et Joseph de Bethléem...
Non, vraiment, mieux vaut admettre que les évangiles de Matthieu et de Luc sont réellement incompatibles.

Quant aux mages de Matthieu, si vagues, ils sont là, à la fois, pour faire naitre Jésus à Bethléem, comme il convient au Messie des Juifs, et pour montrer sa royauté et sa divinité par leurs présents.
Matthieu se contente de transcrire la tradition protoévangélique, en disant: Jésus étant né à Bethléem de Judée, mais il n'en a pas, comme Luc de justification. Il appuie donc cette localisation sur l'autorité de l'écriture, et il y emploie un savant artifice.
En effet, l'étoile précédant les mages n'étant qu'une légende, l'étoile du "roi des juifs qui venait de naitre", qu'elle découle d'une interprétation astrologique, où les constellations sont associées à des pays, ou à une prophétie, n'indiquait pas le lieu exact. Les mages pouvait seulement savoir qu'un roi venait de naitre en Judée. Matthieu va utiliser ce détail pour faire révéler ce lieu par une prophétie de Michée, ce qui lui permet d'asseoir la royauté du Christ sur l'autorité de l'écriture sainte. Michée dit que c'est à Bethléem (ville de David). Il ne dit pas quand devra naitre ce chef des Juifs, ni si ce sera le seul futur chef des juifs, en sorte que si "roi des juifs" il était né, la naissance à Bethléem n'était qu'une possibilité.
Ensuite, comme le souvenir de la cruauté du roi Hérode, s'accrochant à son trone et faisant tuer préventivement les possibles usurpateurs, était encore vivace, Matthieu est bien obligé de dire que le roi Hérode fut troublé, et qu'il chercha à savoir ou était l'enfant (pour le supprimer). C'est logique, mais il prouve l'invention de ce récit, en révélant le contenu d'une entrevue secrète qu'il ne pouvait pas connaitre.
Matthieu fait donc mettre les mages en route, et comme manifestement, il ne connait rien à l'astronomie, il fait réapparaitre l'étoile et lui fait précéder les mages jusqu'à ce qu'elle s'arrète au dessus de la maison de l'enfant, ce qui est absurde, mais nécessaire à son récit. En effet, au sortir de Jérusalem, les mages connaissaient la ville, mais pas la maison.
Les mages offrent de l'or de l'encens et de la myrrhe, comme il conviendrait à un roi qui serait en même temps divin et mortel, ce que cherche à prouver Matthieu.
Puis, comme l'enfant ne fut pas supprimé, sans quoi le christianisme n'eut pas existé, Matthieu est obligé de faire renoncer les mages à revenir à Jérusalem pour renseigner Hérode, ce en quoi il donne une deuxième preuve d'invention, car, quand bien même il aurait pu savoir que les mages ne retournèrent pas à Jérusalem, il ne pouvait savoir que c'était à l'issue d'un rève. Un réve assez miraculeux, car il eut fallu que tous les mages le fassent en même temps.
Après quoi Matthieu, doit bien tenir compte des colères légendaires d'Hérode, qui vers cette époque avait fait massacrer quarante jeune gens pour avoir détruit l'aigle d'or qu'il avait mis au fronton du temple, et est donc bien obligé de faire fuir rapidement Joseph en Egypte, en contradiction avec Luc. Pendant ce temps Hérode aurait fait massacrer les enfants de moins de deux ans de Bethléem et alentour, en contradiction autant avec Luc qu'avec Flavius Josephe qui nous décrit plutôt Hérode occupé à faire massacrer sa propre famille (ce dont Matthieu ne dit rien).
Mais Hérode était il si stupide qu'il ne comprenne pas que si l'enfant était né à Bethléem dans les deux années précédentes, il pouvait être loin depuis? Et puis, Matthieu nous dit bien qu'Hérode se fit préciser le temps où était apparu l'étoile, on peut penser qu'il se fit préciser la date exacte. Il lui suffisait alors de faire tuer tout enfant male né à Bethléem à cette date, et non pas tous les enfants de moins de deux ans.
Hérode était il si optimiste, lui qui avait près de 70 ans, pour croire qu'il serait encore vivant quand le nouveau né serait en age de le détroner? On dira qu'il voulait que le trone reste dans sa famille, mais son fils aurait eu tout le temps de regner jusqu'à sa propre mort.
Etait il si sacrilège, lui qui fit rebatir le temple, et qui se vantait d'avoir fait plus que ses prédécesseurs en l'honneur de Dieu, qu'il ait cherché à faire mentir la prophétie de Michée en tuant le messie nouveau-né? On dira que la reconstruction du temple était une action plus politique que pieuse.
Il n'empèche que ce "massacre des innocents" (fété par l'église le 28 décembre) ne tient guère debout, et pourrait bien n'avoir été qu'une simple invention de Matthieu, poussé par les exigences de son récit, parce qu'il avait voulu ajouter l'autorité de la sagesse orientale à celle de l'écriture sainte, en inventant des mages. Une invention qui pourrait se doubler d'une récupération si Matthieu avait entendu parler d'un massacre d'enfants en d'autre temps et d'autre lieux (peu importe par qui et pourquoi), ou même simplement des quarante jeunes gens livrés aux bourreaux peu avant la mort d'Hérode, dont parle Flavius Josèphe.
Quant à Joseph, qui s'installa à Nazareth, en Galilée, pour être à l'abri du roi de Judée, pourquoi ne s'y mit il pas à l'abri au temps où Hérode envoya massacrer les enfants de Bethléem? Il y a trois fois plus loin de de Bethléem à l'Egypte qu'à la Galilée. D'autant que si on admet que c'est incidemment que Joseph se trouvait à Bethléem, au moment de la naissance de l'enfant, il n'avait plus de raison d'y être au bout de deux ans. Comme le remarque certains exégètes, il semble que l'Egypte ait été un lieu de fuite conventionnel. Mais alors cela suggère encore une invention.

Preuve de l'invention du récit des mages.

Si nous essayons de trouver une réalité historique à ce récit, le point de départ est vraisemblable: Nous verrons qu'il est apparu à cette époque un phénomène céleste rarissime. Des mages, s'y connaissant en observation des astres, qui n'étaient donc pas forcément des mages de Perse, mais pouvaient être des astrologues Chaldéens, voire des hommes instruits d'Iturée, observent ce phénomène céleste, qui leur parait devoir être associée à la naissance d'un roi des juifs. Cette association peut leur être dictée par l'astrologie, s'ils sont de Chaldée, ou par une prophétie, si ce sont des juifs d'Iturée. Jusque là, ça va.

Mais ensuite, apparaissent des bizarreries: les mages se mettent en route pour lui rendre hommage. Pourtant, on ne signale pas que des mages aient été faire des présents à la naissance du premier né d'un roi. Alors pourquoi l'auraient ils fait, puisque ce n'était même pas leur futur roi?
Autre bizarrerie: Quand Hérode décide le massacre des innocents, deux ans s'étaient écoulés. Les mages auraient ils attendu deux ans? C'est peu probable. Le voyage aurait il duré deux ans? Même en venant de Chine, les mages n'auraient pas mis deux ans. Est ce une faute de copiste, qui aurait écrit "ans" au lieu de "mois". Dans ce cas, cela ferait venir les mages de plus loin que l'Iturée, mais cela diminuerait beaucoup le massacre des innocents, et expliquerait pourquoi Josèphe n'en parle pas. Enfin, nous avons vu que Matthieu n'indique aucun délai entre le passage des mages et le massacre décidé par Hérode, en sorte que cette durée de deux ans ne nous aide pas à savoir combien de temps s'était écoulé entre l'apparition de l'astre, et l'arrivée des mages à Jérusalem.
La troisième bizarrerie est une absurdité: Matthieu révèle le contenu d'une entrevue secrète entre Hérode et les mages, qu'il ne pouvait évidemment pas connaitre, à moins d'avoir fait partie des mages.
La quatrième bizarrerie est encore une absurdité: l'étoile réapparait et s'arrète au dessus de la maison où est l'enfant. Et ces braves mages - qui sont supposés bien connaitre les phénomènes célestes - ne comprennent pas que ce ne peut être une étoile. Au contraire, ce spectacle les remplit de joie. Et Matthieu rapporte cela comme s'il avait été là.
Cinquième bizarrerie: Au lieu d'emporter de l'or, comme pour offrir à un roi, ils emportent aussi de l'encens et de la myrrhe, présents logiques dans l'optique de Matthieu, mais n'ayant pas de sens pour un astrologue oriental, s'attendant à visiter un futur roi.
Sixième bizarrerie: Alors qu'ils ont touché au but, et découvert celui qui va générer une nouvelle ère, les mages ne prononcent aucune bénédiction, aucun oracle, aucune prophétie, comme le si bavard Balaam. Ils déposent leurs présents, et disparaissent dans le trappe de l'histoire. Même les bergers de Luc avaient été plus bavards.
La septième bizarrerie est toujours une absurdité: Les mages sont avertis en songe de ne pas retourner vers Hérode, ce que Matthieu ne pouvait savoir.
Toutes ces absurdités trahissent le syndrome d'autoréfutabilité.

En résumé, ces mages, venus on ne sait d'où, et on ne sait combien de temps après l'observation d'un phénomène vaguement appelé étoile, au comportement absurde, n'interviennent dans le récit de Matthieu que pour valider la naissance de Jésus à Bethléem, ville de David, et pour valider sa royauté et sa divinité. Or nous venons de voir des preuves d'invention dans le récit de Matthieu. Ces mages n'ont donc jamais existé, et par conséquent, le massacre des innocents non plus. On objecte que Macrobe en parle dans ses Saturnales:
Cum audisset inter pueros quos in Syria Herodes rex Iudaeorum intra bimatum iussit interfici filium quoque eius occisum, ait: Melius est Herodis porcum esse quam filium.
Ayant appris que, parmi les enfants de moins de deux ans qu'en Syrie le roi des juifs Hérode avait ordonné de massacrer, son propre fils avait été tué, Auguste dit: « mieux vaut être le porc d'Hérode que son fils »
Mais Macrobe ne faisait pas un livre d'Histoire, mais un recueil d'anecdotes. Il ne se basait pas sur des annales, mais sur ses lectures. Il n'avait pas été contemporain des faits, mais écrivait quatre siècles après. Le prétendu massacre n'aurait pas eu lieu en Syrie, mais en Judée, et aucun des fils d'Hérode, qui avait près de 69 ans, n'avait moins de deux ans. Manifestement, Macrobe à mélé les exécutions qu'Hérode avait décidé contre ses propres fils, avec le récit de Matthieu, lu chez un auteur des siècles précédents, peut être un père de l'église, ou un auteur dont les livres sont aujourd'hui perdus.

L'étoile, du moins celle que Matthieu dit que les mages virent à son lever, pourrait néanmoins ètre un phénomène céleste remarquable. Nous verrons qu'il y en eut un, le 5 novembre de l'an 1 de notre ère, visible seulement à son lever, dont le souvenir pourrait avoir inspiré Matthieu.

Quant à Luc, il utilise dans le même but un recensement qui n'a pas existé non plus, associé à une naissance de Joseph à Bethléem, dans la famille de David, filiation découlant d'une généalogie hautement suspecte.

Il est remarquable que les commentateurs de l'évangile de Matthieu, bien loin de relever les incohérences de la fable des mages, ont au contraire essayé de la justifier au moyen de la prophétie de Balaam, une prophétie qui, à l'analyse, est tout aussi fabuleuse, et même encore plus.


Encore une étoile illusoire
Au final, Toute cette histoire a manifestement été inventée, pour rehausser la naissance de Jésus en l'assimilant à celle du Messie.
Matthieu et Luc utilisant des artifices différents pour faire naitre Jésus à Bethléem, en accord avec une prophétie de Michée. Or cette prophétie ne fut même pas vérifiée: Jésus ne fut pas le messie des juifs, roi temporel et dominateur, il ne gouverna jamais Israel, pas plus qu'il ne soumit les pays voisins comme l'avait annoncé Isaïe.
On peut même écrire qu'en voulant faire de Jésus, prophète d'une religion altruiste, le Messie des juifs, roi dominateur dans une religion élitiste, les évangélistes ont tout simplement trahi leur maître.
En dépit du fait qu'il existe à Bethléem une église de la nativité, où le lieu de naissance du Christ est désigné par une grande étoile, le vrai lieu de naissance du Jésus historique est donc, en fait, inconnu, et en éliminant les récits fabuleux, on peut supposer que Jésus de Nazareth est tout simplement né... à Nazareth, comme ses frères Jacques, Joseph, Simon et Jude.

De plus, comme l'épisode des mages et d'Hérode est manifestement inventé, nous ne savons plus si Jésus est né avant la mort d'Hérode, ou pas. De fait, l'année de naissance de Jésus est également inconnue sur la seule base des premiers chapitres de Matthieu et de Luc.

Dernière mise à jour: 05/01/2016

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