44 avant JC
Italie et Chine, comète emportant l'âme de Jules César, visible 7 jours
En réalité: comète plus brillante que Vénus visible plusieurs semaines

La comète qui brilla quelque mois après la mort de Jules César est mentionné par bien dix auteurs de l'Antiquité. Le premier à en avoir parlé est rien moins que l'empereur Auguste, qui en fut un témoin direct. Ca, c'est un témoin "digne-de-foi"! Malheureusement son livre De vita sua est aujourd'hui perdu. Nous connaissons néanmoins ce qu'il a dit de cette comète par une citation de Pline, et un passage de Servius s'inspirant de Baebius Macer.

Le premier auteur dont le livre nous soit resté est Virgile, dont les poêmes ne nous disent rien que de vague, mais heureusement, Maurus Servius Honoratus, son commentateur du IVème siècle, va nous apporter quelques précisions.


29 AC, Virgile est bien vague.
Non alias caelo ceciderunt plura sereno
Fulgura, nec diri toties arsere Cometa

A aucun autre moment ne tombèrent du ciel tant de foudres par un ciel serein, ni tant de funestes fois ne brula la comète.
(Virgile1, Liv. I, 480)
Note: Sans les commentaires de Servius, nous ne citerions ici Virgile que parce que ses vers ont été plusieurs fois cités à propos de cette comète.

29 AC, Virgile mentionne "l'astre de César".
Ecce Dionaei processit Caesaris astrum;
Astrum, quo cegetes gauderent frugibus,

Voici qu'est apparu l'astre de César, de Dioné.
Astre par lequel les récoltes jouissent des fruits.

(Virgile2, Eglogue IX, 47)
Note: César prétendait que la gens Julia, sa famille, était issue D'Enée, fils de Vénus (ou Aphrodite), elle même fille de Zeus et de Dioné.

milieu du premier siècle, Calpurnius Siculus compare les comètes de César et de Néron.
Cernitis, ut puro nox jam vicesima coelo fulgeat, et placida radiantem luce cometem proferat?
Ut liquidum nutet sine vulnere plenus?
Numquid utrumque polum, sicut solet, igne cruento spargit, et ardenti scintillat sanguine lampas?
At quondam non talis erat, cum, Caesare rapto, indixit miseris fatalia civibus arma.

Vous distinguez, déjà pour la vingtième fois qu'elle brille au ciel par une nuit pure, une comète et qu'elle montre une lumière douce et radieuse?
Qu'elle brille vivement sans présage sanglant?
Est ce que la torche, en quelque pole, comme il est coutume, répand le feu et le sang, et flamboie par un brulant massacre?
Au contraire elle n'était pas comme celle qui, César nous ayant été arraché, annonça des guerres funestes aux malheureux citoyens.

(Calpurnius, Eglogue I, 77)
Note: Ce passage bien que poêtique, est instructif, car manifestement, loin des hyperboles de Virgile, il est d'un témoin qui décrit une comète comme il l'a vu. Cette comète pourrait être celle qui parut sous Néron, dont parle Sénèque, en disant qu'elle a réhabilité les comètes. Inversement, il décrit celle de César selon la rumeur des comètes: avec du sang et des larmes.

vers 62, Sénèque nous donne la date et l'heure.

Sénèque
Nec est quod putemus eundem visum essesub Claudio quem sub Augusto vidimus, nec hunc qui sub Nerone Caesare apparuit et cometis detraxit infamiam illi similem fuisse qui post excessum divi Julii ludis Veneris Genetricis circa undecimam horam diei emersit.
Ne croyons pas que la comète qu'on vit sous Claude soit la même que celle qui parut sous Auguste, ni que celle qui s'est montrée sous Néron, et qui a réhabilité les comètes, ait ressemblé à celle qui, après le meurtre de Jules César, durant les jeux de Vénus Génitrix, s'éleva sur l'horizon vers la onzième heure du jour..
(Sénèque, Liv. VII, ch XVII)
Note: Sénèque cite ces apparitions de Comète dans un passage où il traite de l'opinion d'Apollonius de Myndos, génial précurseur, pour qui les comètes sont des astres, comme les planètes, mais avec des orbites plus allongées qui les éloignent et les rendent invisibles pour une grande partie de leurs cours.
Mais Sénèque, pour de mauvaises raisons, réfute cette hypothèse, qui pourtant a environ 18 siècles d'avance. Aussi, nous ne savons pas très bien si Sénèque admet, ou non, cette non identité des comètes qui parurent sous Claude et sous Auguste. Mais l'important est qu'il les cite.


vers 73 de notre ère, Pline l'ancien cite le témoignage princeps, celui d'Auguste.

Pline l'ancien (camée)
Cometes in uno totius orbis loco colitur in templo Romae, admodum Faustus Divo Augusto judicatus ab ipso, qui incipiente eo apparuit ludis, quos faciebat Veneri Genetrici non multo post obitum patris Caesaris in collegio ab eo instituto. namque his verbis in gaudium prodit is: Ipsis ludorum meorum diebus sidus crinitum per septem dies in regione caeli sub septemtrionibus est conspectum. id oriebatur circa undecimam horam diei clarumque et omnibus e terris conspicuum fuit. eo sidere significari vulgus credidit Caesaris animam inter deorum inmortalium numina receptam, quo nomine id insigne simulacro capitis ejus, quod mox in foro consecravimus, adjectum est. Haec ille in publicum; interiore gaudio sibi illum natum seque in eo nasci interpretatus est. et, si verum fatemur, salutare id terris fuit.
Rome est le seul lieu de l'univers qui ait élevé un temple à une comète, celle que le dieu Auguste jugea de si bon augure pour lui. Elle apparut lors des débuts de sa fortune, pendant les jeux qu'il célébrait en l'honneur de Vénus Genitrix, peu de temps après la mort de son père César, et dans le collège institué pour cela par ce dernier; il exprima en ces termes la joie qu'elle lui causait : « Ces mêmes jours de la célébration de mes jeux, on aperçut durant sept jours un astre chevelu dans la région du ciel qui est sous le Septentrion. Elle commençait à paraître vers la onzième heure; elle eut beaucoup d'éclat, et fut visible de toutes les parties de la terre. Suivant l'opinion générale, cet astre annonça que l'âme de César avait été reçue au nombre des divinités éternelles; c'est à ce titre qu'une comète fut ajouté à sa statue, que peu de temps après nous consacrâmes dans le forum.» Ceci en public, en privé il rapporta avec joie cette naissance à lui même, et donc descendre d'elle. Et, si nous le reconnaissons vraiment, ce fut un bien-être pour la Terre.
(Pline1, Liv.II, ch. XXIII)
Note: Pline dit bien que la comète apparut lors des jeux, peu de temps après la mort de César. Jusqu'à l'an 45 av JC, les féries en l'honneur de Vénus Génitrix avaient lieu de 26 Septembre. César, qui avait élevé un temple à Vénus Génitrix, dont il prétendait descendre, par Enée, avait aussi fait déplacer ces féries au 20 juillet, anniversaire de la dédicace du temple. Pline dit que ces jeux eurent lieu peu de temps après la mort de César. Mais Auguste était encore à Apollonie le jour de la mort de César, il n'hérita de César qu'au mois de Mai, et ses démélés avec Marc Antoine (qui célébra les jeux Apollinaires début juillet) ne durent pas accélérer les choses. La date du 20 juillet, est donc bien probable.
Auguste dit qu'on observa (conspectum) la comète pendant la célébration des jeux, pendant sept jours. Mais précisément, ces jeux duraient sept jours, et Auguste ne dit pas que la comète apparut le premier jour des jeux, ni qu'on ne la vit que pendant les jeux. Cette visibilité de seulement sept jours n'est donc qu'une légende. Cette légende a trompé Pline, qui écrit:
Brevissimum quo cernerentur, spatium septem dierum annotatum est: longissimum, octoginta.
Le plus bref espace, qu'on ait reconnu, fut noté de 7 jours, le plus long, de 80.
Mais ces 7 jours sont probablement ceux de la comète dont parle Auguste. Nous verrons que les chinois avaient commencé d'observer une comète à la quatrième lunaison, soit du 18 mai au 16 juin. Cela nous ferait une comète vue à l'oeil nu pendant environ deux mois, durée compatible avec la remarque de Pline, qui dit que le plus long intervalle d'observation fut de 80 jours.
Quant à l'heure, Auguste parle de la onzième heure. Il ne faut pas comprendre que la comète apparut à onze heures du matin, mais qu'elle apparut lors de la onzième heure du jour, c'est dire lors du onzième douzième du jour solaire, donc entre 1 heure et deux heures (solaires) avant le coucher du soleil. Le 20 juillet, ce douzième de jour faisait 1 H 14 mn, et nous en déduisons que la comète apparut entre 16 H 09 et 17H 23 TU, soit entre 16H 59 et 18H 13, à Rome, en temps solaire de l'époque. Nous en déduisons que la comète devait être plus brillante que Vénus pour être ainsi visible en plein jour.


Les autres auteurs antiques ne nous apprennent plus rien, excepté Servius que nous verrons plus loin.

vers 100, Plutarque prétend que la comète disparut après sept nuits.
Admirons surtout, parmi les signes humains, l’aventure de Cassius, qui, vaincu à Philippes, se tua de la même épée dont il avait frappé César ; et, parmi les phénomènes célestes, cette grande comète qui, après le meurtre de César, brilla avec tant d’éclat pendant sept nuits et disparut ensuite,
(Plutarque1, vie de Caïus Julius César, ch 69.)
Note: Et voila! la légende s'est mit en marche. Auguste dit bien qu'on la voyait vers la onzième heure du jour, sans préciser la période d'observation. Plutarque en fait une période de sept nuits.

vers 120, Suétone semble avoir lu le récit d'Auguste.

Suétone
Siquidem Ludis, quos primos consecrato ei heres Augustus edebat, stella crinita per septem continuos dies fulsit exoriens circa undecimam horam, creditumque est animam esse Caesaris in coelum recepti; et hac de causa simulacro ejus in vertice additur stella.
Pendant les premiers jeux que donna pour lui, après son apothéose, son héritier Auguste, une comète, qui se levait vers la onzième heure, brilla durant sept jours de suite, et l'on crut que c'était l'âme de César reçue dans le ciel. C'est pour cette raison qu'il est représenté avec une étoile au dessus de la tête.
(Suétone1, Jules César, 88.)
Note: Suètone, qui, comme secrétaire de l'empereur Hadrien, a eu accès aux archives, est plus proche que Plutarque du récit d'Auguste.

vers 207, Dion Cassius cite deux fois la comète.
7 du reste, une étoile ayant tous ces jours paru du nord au midi, et le peuple, bien que quelque uns lui donnassent le nom de comète et prétendissent qu'elle n'avait que la signification habituelle, ayant, loin d'ajouter foi à leur opinion, consacré cette étoile à César devenu immortel et mis au nombre des astres, Octave, enhardi, lui éleva dans le temple de Vénus une statue d'airain avec une étoile sur la tête.
17... Outre ces présages, déjà très significatifs, une torche sillonna les airs du levant au couchant, un astre nouveau se montra pendant plusieurs jours.

(Dion Cassius, livre XLV )
Note: Dion Cassius cite deux fois le même prodige sans s'en rendre compte, ce qui relativise l'historicité de ces passages.

4ème siècle, Obsequens mentionne un passage perdu de Tite Live.
M. Antonio P. Dolabella coss.
68. C. Octavius testamento Caesaris patris Brundisii se in Juliam gentem adscivit.
Ludis Veneris Genetricis, quos pro collegio fecit, stella hora undecima crinita sub septentrionis sidere exorta convertit omnium oculos. Quod sidus quia ludis Veneris apparuit, divo Iulio insigne capitis consecrari placuit.
Fax caelo ad occidentem visa ferri. Stella per dies septem insignis arsit.

Marc Antoine et Publius Dolabella étant consuls.
A Brindes, C. Octavius, par le testament de César son père, se compta dans la gens Julia;
Lors des jeux de Vénus Genitrix, qu'il fit pour le collège (des pontifes?), à la onzième heure, une étoile chevelue apparue sous la constellation du septentrion attira tous les regards. Astre qu'il lui plu de consacrer par un emblème sur sa tête, au divin Jules, parce qu'il apparut lors des jeux de Vénus.
Un flambeau fut vu dans le ciel vers l'occident. Une étoile remarquable brula pendant sept jours.

(Obsequens1)
Note: Obsequens, comme Dion Cassius, cite deux fois la comète, une fois comme étoile chevelue, une fois comme étoile remarquable. Mais Obsequens, comme Dion Cassius puisaient dans Tite Live, à qui il arrivait aussi de citer deux fois, ou de se tromper d'un an. L'astre (sidere) du septentrion est plutôt une constellation que notre étoile polaire, qui n'était pas encore polaire à l'époque d'Auguste.

fin du IVème siècle, Servius commente le premier passage de Virgile.
472. Diri cometae. Criniti, et pessimi: quia sunt et boni, factis ex Jove, Vel Venere, quam rem plenissime Avienus exequitur.
Diri cometae. Chevelues et maléfiques, car il y en a aussi de bonnes, faites de Jupiter ou de Vénus, ce que développe complètement Aviénus.
Note: Maurus Servius Honoratus, se contente ici d'expliquer pourquoi Virgile parle de comètes funestes.

fin du IVème siècle, en commentant Virgile, Servius décrit l'apparition de la comète.
472. Ecce Dionaei processit Caesaris astrum cum Augustus Caesar ludos funebres patri celebraret, die medio stella apparuit: ille eam esse confirmavit parentis (sui). Unde sunt versus isti compositi. Dionaei autem longe repetitum est [epitheton] a matre Veneris Dione. Sane astrum Graeci dixit: nam stellam debuit dicere
Ecce Dionaei processit Caesaris astrum Pendant qu'Auguste célébrait les jeux funèbres pour son père, une étoile apparut au milieu du jour; Il affirma que c'était celle de son père. C'est ce qui a donné lieu à la composition de ces vers. Il a été depuis longtemps répété que Dionaei est une épithète tirée de Dione, mère de Vénus. Virgile dit absolument astrum, dans la forme grecque, c'est stellam qu'il eût du dire.

Servius ajoute un commentaire tiré de Baebius Macer, qui lui même, aurait cité Auguste.

Auguste, le témoin
Baebius Macer circa horam octavam stellam amplissimam quasi lemniscatis coronatam ortam dicit, quam quidam ad illustrandam gloriam Cesaris juvenis pertinere existimabant. Ipse animam patris sui esse voluit, eique in capitolio statuam, super caput auream stellam habentem, posuit: Inscriptum in basi fuit: Caesari Emitheo. Sed Vulcatius aruspex in cautione dixit cometem esse, qui significaret exitum noni seculi, et ingressum decimi, sed quod invitis Diis secreta rerum pronunciaret, statim se esse moriturum, et nondum finita oratione in ipsa contione concidit. Hoc etiam Augustus in libro secundo de memoria vitae suae complexus est.
Baebius Macer rapporte qu'il s'éleva, vers la huitième heure, une étoile d'une immense grandeur et paraissant couronné de lemnisques, dans laquelle quelques-uns voyaient la glorification du jeune César. Lui-même voulut que ce fût l'âme de son père, et il lui éléva dans le Capitole une statue ayant une étoile d'or au dessus de la tête; il fut inscrit sur la base: A Cesar demi-dieu. Cependant l'aruspice Vulcatius a dit avec assurance que c'était une comète qui indiquait la fin du neuvième siècle et le commencement du dixième; mais, comme il avait, malgré les dieux, révélé le secret des choses, il mourut avant qu'il eût achevé son discours. C'est ce qu'Auguste a consigné dans le livre deux des mémoires de sa vie.
Note: Les "lemnisques" étaient des rubans flottants. Avec cette cascade de citations successives, on est un peu dans la situation de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours, ce qui explique pourquoi, avec un seul intermédiaire qui cite (Pline), la comète apparait à la onzième heure, et avec deux intermédiaires dont l'un au moins ne cite pas (Baebius, puis Servius), à la huitième. On peut même se demander si ce "horam octavam" signifie bien "la huitième heure" et non "l'heure d'Octave (Auguste)".
Quant à la mort de Vulcatius, on peut douter qu'il ait été frappé par les dieux, on peut bien plutôt soupçonner qu'Auguste le fit taire.


L'antiquité mise au tombeau, l'intérêt pour les comètes va subir un "black-out" de douze siècles. Cet intérèt va resurgir au XVIème siècle, les comètes étant toujours considérées comme des présages.

1532, Camerarius cite Pline du bout des lèvres.
Apud Plynium quidem legitur XI. hora diei crinitum sidus visum ludis, quos Veneri genitrici faceret Caesar Octavianus.
Selon Pline, il est toutefois mentionné qu'à la onzième heure on vit un astre chevelu lors des jeux que faisait César Octavien pour Vénus Genitrix.
(Camerarius, 105 ème page)

1544 Polydore Virgile veut absolument que la comète ait annoncé une guerre.
M.Antonio, P.Dolobella Coss. stella crinita, quae a Gracis kometes vocatur, orta est, quum civile bellum inter Octavium, & ipsum M. Antonium exardere coepit.
Marc Antoine et Publius Dolabella étant consuls, une étoile chevelue, qui est appelée comète par les grecs, apparut, alors que la guerre civile entre Octave et ce même Marc Antoine, commença d'éclater.
(Polydore, p 594)
Note: En fait, la guerre civile n'éclata que plus tard, après le triumvirat d'Octave, Antoine et Lépide.

1545 Amerbachius discute de l'heure apparition.
Porro de cometis hoc etiam ut est consuetum, ita non tantum creditur a vulgo, sed etiam a doctis scribitur, quod non cernantur interdiu, ac propterea quaerunt, quomodo sit ortum crinitum sydus, quod visum est per aliquot dies in ludis Augusti Caesaris, ut Seneca, Plinius & Suetonius annotaverunt, hora undecima diei. Pontanus suspicatur diem in ea historia pro toto spacio lucis & tenebrarum debere accipi, sic, ut ortus cometae in principium noctis inciderit. Alii, qui volunt subtiliores Mathematici esse, referunt hoc ad ortuum suorum discrimina, putantque illa quidem hora esse ortum, non tamen conspectum, quod aliud sit oriri, aliud conspici, quasi vero haec subtilitas in historiis observari soleat, ac non cernantur alia similia nonnunquam meteora interdiu.
Ensuite, à propos des comètes, il est habituellement, non seulement cru par le peuple, mais aussi écrit par les savants, que nous ne les remarquons pas pendant la journée, et on cherche à cause de cela, comment est apparu l'astre chevelu qui a été vu pendant plusieurs jours lors des jeux de César Auguste, comme Sénèque , Pline, et Suétone le notèrent, à la onzième heure de la journée. Pontanus soupçonne que dans ce récit, jour doit être pris pour la durée totale du jour et de l'obscurité, en sorte que l'apparition de la comète survint au commencement de la nuit. D'autres, qui se veulent des mathématiciens plus subtils, rapportent cela à l'intervalle de ses apparitions, et pensent que du moins, cette heure est de l'apparition, non cependant de l'observation, qu'un autre soit apparu, un autre observé, comme il est coutume que ces subtilités soient observées dans les récits, et que parfois nous ne remarquons pas d'autres météores semblables en plein jour.
(Amerbachius, p 197)
Note: l'humaniste Giovanni Pontano, ou Pontanus, a écrit de nombreux ouvrages, dont plusieurs parlent du ciel, comme de rebus coelestibus, Urania ou meteororum libri, dont le chapitre sur les comètes ne contient rien sur la comète de César Auguste. De toutes façons, l'argument de Pontanus ne tient pas, et les autres subtilités non plus: il n'y a aucune raison de supposer qu'Auguste ait inventé une nouvelle façon de compter les heures. Si le peuple et l'aruspice ont dicuté de la signification de cette comète, c'est qu'elle fut visible lors des jeux, donc en plein jour, puisque les jeux n'étaient pas nocturnes. Enfin, on connait quelques cas de comète visible en plein jour.

1545 Johann Funck retraduit Plutarque en latin.
olympiade 185, année 1, mundi 3924, 713 UC, COSS. Pub. Servil. Isaur.2 L. Antonius Poetas
Stella ingens crinita, post interitum Caesaris septem noctib. eximio fulgore apparuit... Plutarch. in Caes.vita

la 1ère année de la 185ème olympiade, l'an 3924 de la création, 713 de Rome, Publius Servilius Isauricus et Lucius Antonius Pietas étant consuls
Une immense étoile chevelue, d'un éclat exceptionnel apparut pendant sept nuits, après la mort de César... Plutarque, dans la Vie de César.

(Funccius, fol 64)
Note: Funccius se trompe de trois ans.

1549, Mizauld récupère Virgile.
11 Post interfectum Julium Caesarem iterum aliquot Cometae emicuerunt, ut testatur Verg. inquiens:
Non alios coelo ceciderunt plura sereno
Fulgura, nec diri toties arsere Cometae.
Ex quibus is fuit, quem legimus tempore ludorum per 7. dies in regione coeli Septentrionali conspectus esse, et oriri solitum circa undecimam horam diei.

11 Après l'assasinat de Jules César, un certain nombre de comètes brillèrent à nouveau, comme l'atteste Virgile, s'exclamant:
A aucun autre moment ne tombèrent du ciel tant de foudres par un ciel serein, ni tant de funestes fois ne brula la comète.
Parmi lesquelles il y eut celle que nous lisons avoir été observée pendant sept jours au temps des jeux, dans la région septentrionale du ciel, et s'être levée habituellement vers la onzième heure.

(Mizauld, p 217)
Note: Mizauld est le premier à récupérer les vers de Virgile. Ils seront cinq à récupérer ce texte, pourtant vague et emphatique.

1553, Kaspar Peucer mentionne de nombreuses comètes d'après Virgile.
Post Caesarem interfectum crebri itidem effulserunt, ut Vergilius testatur. Non alias caelo ceciderunt plura sereno Fulgura nec diri toties arsere Comatae
Après l'assasinnt de César, de nombreuses (comètes) brillèrent semblablement, comme l'atteste Virgile.
A aucun autre moment ne tombèrent du ciel tant de foudres par un ciel serein, ni tant de funestes fois ne brula la comète.

(Peucer, de meteorologia, fol 253 verso)
Note: Cette fois, Peucer cite Virgile seul. Si nous ne disposions que de Peucer, nous pourrions croire que de nombreuses comètes brillèrent après la mort de César, ce qui est faux.

1555, Marc Fritsche invente une forme de capuchon à la comète.
Mundi 3922 urbis 710
Caius Julius Caesar, primus Romani Imperii Monarcha. 23. vulneribus confossus, interiit Bruti et Cassii conspiratione, sub cujus mortem cometes palliolus visus est.

année 3922 de la création, 710 de Rome.
Caius Julius César, premier monarque de l'empire Romain, percé de 23 coups, mourut par le complot de Brutus et Cassius, après quelle mort on vit une comète en forme de capuchon.

(Fritschius2)
Note: On ignore où Fristche a trouvé la forme de cette comète, au mieux décrite comme chevelue.

1556, Ludwig lavaters récuse l'horaire de Pontanus.

Ludwig Lavaters
Diebus Ludorum Octaviani Augusti, sydus crinitum per septem dies in regione coeli quae sub septentrionibus est conspectum. non multo post obitum patris Caesaris (nimirum Julii, à quo in filium adaptatus & testamento haeres relictus est.) Oriebatur circa horam diei undecimam, clarumque & omnibus hominibus conspicuum fuit. Pontanus diem non pro solari, sed pro toto lucis ac tenebrarum spacio, quod est horarum 24. accipit, atque II. horam non diurni sed nocturni temporis fuisse tradit. Cometas enim non nisi noctu conspici. alii putant ortum quidem esse sed non conspectum. Sed quia omnes, Seneca, Plinius, Suetonius horam tam exacte annotant, videntur rarum aliquid voluisse demonstrare. Consule Viti Amerbachii expositionem in meteora Pontani. Existimat autem Plinius salutarem hunc cometam terris fuisse.
Au temps des jeux d'Octave Auguste, on vit un astre chevelu pendant 7 jours dans la région du ciel qui est sous le septentrion. peu après la mort de son père César (certainement Jules, par qui il fut adopté comme fils, et laissé son héritier par testament ) elle se levait vers la onzième heure, resplendissante et fut visible de toute la terre. Pontanus interprète ce jour , non comme solaire, mais comme l'espace de toute la lumière du jour et des ténèbres, qui est de 24 heures, et il propose que la 11ème heure a été de temps non diurne, mais nocturne. En effet les comètes ne sont pas seulement observées de nuit. D'autres pensent qu'elle fut du moins levée, mais non observée. Mais puisque tous, Sénèque, Pline Suétone notent l'heure avec tant de soin, on voit qu'ils ont voulu décrire quelque chose d'exceptionnel. Voyez l'explication de Vitus Amerbachius sur les Météores de Pontanus. Pline estime cependant que cette comète fut utile à la Terre.
(Lavaters, non paginé)
Note: Peut être Lavaters voulait il écrire: "les comètes sont seulement observées de nuit". Nous avons vu avec Amerbachius, ce qu'il fallait en penser. Oui cette comète fut exceptionnelle, mais Pline ne dit pas qu'elle fut utile à la Terre, mais plutôt que l'accession au trone d'Auguste fut un bienfait pour la Terre. C'est d'ailleurs la seule comète antérieure à l'ère Chrétienne que mentionne Lavaters. Un complément pour l'ère antéchrétienne sera publié en 1681 par Johann Jacob Wagner.

1557, Conrad Lycosthènes date la comète dans l'ère chrétienne.

comète (Lycosthènes)
Mundi 3921. ante Christum 42.
Inter praecipua & crudelia prodigia, alii enumerant stellam crinitam horrendae magnitudinis, qua septem noctes post ejus necem nimio fulgore & magno mortalium metu apparuit.

Année de la création 3921. 42 avant Jésus-Christ
Parmi ces prodiges extraordinaires et impitoyables, d'autres comptent l'étoile chevelue d'une grandeur effrayante, qui, après son assasinat (de César), apparut sept nuits avec un éclat excessif, et une grande peur de mortalité.

(Lycosthenes, p 221)
Note: Lycosthènes semble le premier à donner une date avant Jésus Christ, qui, comme d'habitude, est fausse.

1557, Conrad Lycosthènes mentionne une deuxième fois la comète.
Ludis Veneris genitricis collegio fecit, stella hora undecima, crinita sub septentionis sidere exorta, convertit omnium oculos. Quod sidus, quia ludis Veneris apparuit, divo Julio insigne capitis consecrari placuit.
Lors des jeux de Vénus Genitrix, qu'il fit pour le collège, à la onzième heure, une étoile chevelue apparue sous l'astre du septentrion attira tous les regards. Astre qu'il lui plu de consacrer par un emblème sur sa tête, au divin Jules, parce qu'il apparut lors des jeux de Vénus.
(Lycosthenes, p 223)

1557, Conrad Lycosthènes mentionne une troisième fois la même comète.
Stella per dies septem insignis arsit.
Une étoile remarquable brula pendant sept jours.
(Lycosthenes, p 224)

1568, Garcaeus récupère aussi Virgile.
XI Post interfectum Julium Caesarem iterum aliquot Cometa emicuerant, ut Vergilius testatur, inquiens;
Non alias coelo ceciderunt plura sereno
Fulgura, nec diri toties arsere Cometae.
Ex quibus is fuit, quem tempore ludorum, per dies septem, in regione coeli Septentrionali conspectum, et circa undecimam diei horam oriri solitum, Augustus scripsit.

11 Après l'assasinat de Jules César, un certain nombre de comètes brillèrent à nouveau, comme l'atteste Virgile, s'exclamant:
A aucun autre moment ne tombèrent du ciel tant de foudres par un ciel serein, ni tant de funestes fois ne brula la comète.
Parmi lesquelles il y eut celle qui fut observée pendant sept jours au temps des jeux, dans la région septentrionale du ciel, et s'être levée habituellement vers la onzième heure, ce qu'écrivit Auguste.

(Garcaeus, fol 36 verso)
Note: Garcaeus recopie Mizauld.

1578, Praetorius fait autant confiance à Virgile qu'à Pline.
Nam anno urbis 710. mundi vero 3922. Julius Caesar in senatu interfectus est. Frequentem tum Cometarum conspectum fuisse,Virgilius innuit:
Non alias coelo ceciderunt plura fereno
Fulgura, nec diri toties arsere Cometae.
Plinius quoque sub ipso bello civili, & anno obitus Caesaris visos fuisse asserit. Et Plutarchus dicit, quod ingens stella Crinita, post Caesaris interitum, ad septimam usque noctem eximio fulgore apparuit. Existimo eandem esse, quae a Plinio prolixius describitur, cum Augustus ludos faceret Veneri genitrici, eam interdiu visam &c. Hunc unum ex omnibus Cometis legimus cum gaudio exceptum esse, eumque (ut Plinius ait) terris salutarem fuisse.

Car l'an 710 de Rome, 3922 de la création, Jules César fut tué au sénat. Virgile indique qu'il y eut alors une fréquente observation de comètes.
A aucun autre moment ne tombèrent du ciel tant de foudres par un ciel serein, ni tant de funestes fois ne brula la comète.
Pline affirme aussi qu'on en vit pendant cette même guerre civile et l'année de la mort de César. Et Plutarque dit qu'après la fin de César, une immense étoile chevelue, d'un éclat exceptionnel, apparut à la septième jusqu'à la nuit. J'estime que c'est la même, qui est abondamment décrite par Pline, vue en plein jour alors qu'Auguste donnait les jeux de Vénus Génitrix, etc. Nous lisons que seule de toutes les comètes, elle fut reçue avec joie, et qu'elle fut bienfaisante pour la Terre (comme dit Pline).

(Praetorius, non paginé)
Note: Praetorius n'est pas clair avec cette "septième". Veut il dire qu'elle apparut à la septième heure (et c'est faux), ou jusqu'à la septième nuit?. Et la comète ne fut bienfaisante que si on admet qu'elle fit monter Auguste sur le trone.

1579, Georgius Caesius met la comète dans le fuseau du Scorpion.
Ex quibus is fuit, quem legimus conspectum esse post mortem Caii Julii Caesaris Romae in senatu a Bruto & Cassio occisi, ano urbis 710. id est mundi 3922. ante Christum 41. Hujus enim mortem divina statim ultio subsecuta est, quam & Deus variis in aere & caelo signis praenunciavit, inter quae praecipua fuere, stella crinita horrendae magnitudinis, quae tempore ludorum, quos Augustus Veneri faciebat septem noctes in regione coeli septentrionali, circa 11. horam diei, id est, una hora ante occasum Solis supra Horizontem oriens, magno mortalium metu, clara & omnibus terris conspicua fuit. (Thurneiser in Scorp. ponit, & 43.annos ante Christ.)
Parmi lesquelles il y eut celle que nous lisons avoir été observée après la mort de Caius Julius Caesar à Rome, tué dans le sénat par Cassius et Brutus l'an 710, c'est à dire 3922 de la création, 41 avant Jésus-Christ. En effet sa mort fut suivie immédiatement de la vengeance divine, qu'annonça Dieu par des signes dans les airs et le ciel, parmi ceux qui furent les plus importants,une étoile chevelue d'une grandeur effrayante, qui, au temps des jeux que faisait Auguste pour Vénus, fut observée, dans une grande crainte de mortalité, resplendissante pour toute la terre, pendant sept jours dans la région septentrionale du ciel, s'élevant dessus de l'horizon vers la onzième heure du jour, c'est à dire une heure avant le coucher du soleil. (Thurneisser la place dans le Scorpion, et en 43 avant Jésus-Christ.)
(Caesius, non paginé)
Note: Caesius reprendrait cette position -totalement fausse- dans le fuseau du Scorpion, de Thurneisser. Mais nous n'avons rien trouvé chez Thurneisser. Cinq autres auteurs vont néanmoins copier cette position. Il est aussi le premier à donner la date, également fausse de 41 av. JC. Là aussi cinq auteurs vont le copier.

1602, Abraham Rockenbach copie Caesius.
Anno mundi, ter millesimo, nongentesimo, vicesimo secundo, Anno urbis , septingentesimo decimo, Ante natum Christum, quadragesimo primo, Cometa horrendae magnitudinis ( in signo Scorpionis ut aliqui volunt ) | una cum aliis miraculis in coelo, post mortem Julii Caesaris imperatoris primi, qui Romae in curia, a Cassio et Bruto, decimo quinto Martii, viginti tribus vulneribus confussus est, per noctes septem arsit, anteque Solis occasum ortus est, apparuit.
L'an 3922 de la création, 710 de Rome, 41 avant Jésus Christ, Une comète d'une grandeur effrayante (dans le signe du Scorpion comme d'autres le veulent) apparut, avec d'autres prodiges célestes, après la mort de Jules César, premier empereur, qui fut percé de 23 coups, à Rome dans la Curie, par Cassius et Brutus, le 15 mars, brula pendant 7 nuits, et se leva avant le coucher du soleil.
(Rockenbach, p 132)
Note: Rockenbach reprend habituellement ses informations de Caesius et de Lycosthènes.

1607, David Herlitz reprend le fuseau inventé par Caesius.
Solche Scorpion Cometen sindt gewesen im Jahr der Welt 3922. vor Christi Geburt 41 Jahr.
Une telle comète dans le Scorpion fut vue l'an 3922 de la création, 41 avant Jésus-Christ.
(Herlicius, non paginé)
Note: Herlicius copie Rockenbach ou Caesius.

1651, Riccioli trouve cette comète chez plein d'auteurs.

Riccioli
(en marge)Cometa post necem Caesaris.
De quibus Plinius lib.2.cap.25.ait: Cometes terrificum magna ex partes sidus, ac non leviter piatum ut civili motu Octavio consule iterumque Pompei, & Caesaris bello.
A ce sujet, Pline, livre II, ch.25, dit: astre terrible pour une grande part, et à ne pas expier légèrement, ainsi les troubles civils sous le consulat d'Octavius, et derechef la guerre de Pompée et de César
Note: Ce passage de Pline concerne la comète de l'an 50 av. JC., et non celle de la mort de César.
(en marge)Anno 44.
Occiso autem Caesare, apparuit stella Comata, de qua Suetonius in Iulio Casare cap. 88. sic. Periit sexto et quinquagesimo aetatis anno, atque in deorum numerum relatus est, non ore modo decernentium, sed & persuasione vulgi. Siquidem ludis, quos primo consecratos ei haeres Augustus edebat, stella crinita per septem dies continuos fulsit, exoriens circa undecimum horam, creditumque est animam esse Caesaris in coelum recepti, & hac de causa simulachro eius in vertice additur stella

En effet, César étant tué, il apparut une étoile chevelue, dont Suétone, dans la vie de Jules César parle ainsi. Il périt à cinquante-six ans, et fut mis au nombre des dieux, non par la rumeur mais par la conviction du peuple. Pendant les premiers jeux que donna pour lui, après son apothéose, son héritier Auguste, une comète, qui se levait vers la onzième heure, brilla durant sept jours de suite, et l'on crut que c'était l'âme de César reçue dans le ciel. C'est pour cette raison qu'il est représenté avec une étoile au dessus de la tête.
Idemque asserit Plutarchus in Caesare, addens fuisse ingentem stellam crinitam, quae post interitum Caesaris ad septimam usque noctem eximio fulgore coruscavit; sed luculentior in hocPlinius lib.2. cap.25. ubi sic narrat: Cometes in uno totius orbis loco colitur in templo Romae, admodum faustus divo Augusto indicatus ab ipso, quum incipiente eo, apparuit ludis, quos faciebat Veneri Genetrici, non multo post obitum patris Caesaris, in collegio ab eo instituto: namque his verbis id gaudium prodidit.
(en marge)Augusti verba de faustuate Cometis.
Iis ipsis ludorum meorum diebus sidus crinitum per semtem dies in regione caeli, quae sub septentrionibus est, conspectum. Id oriebatur circa undecimam horam diei, clarumque & omnibus terris conspicuum fuit. Eo sidere significari vulgus credidit, Caesaris animam inter deorum immortalium numina receptam, quo nomine id insigne simulacro capitis eius, quod mox in foro consecravimus, adjectum est. Hac ille in publicum: interiore gaudio sibi immum natum, seq. in eo nasci interpretatus est: & si verum fatemur, salutare id terris fuit.
Nec vero inconveniens est, Sole adhuc supra horizontem versante, visum illum Cometam, cum Venus interdiu non semel a nobis & ab aliis crebro conspecta fuerit.
Et de même Plutarque affirme dans la vie de César, ajoutant qu'il y eut une immense étoile chevelue, qui après la fin de César, brilla d'un éclat exceptionnel, à la septième jusqu'à la nuit. mais plus impressionnant dans ce livre II de Pline, ch. 25, où il raconte: Rome est le seul lieu de l'univers qui ait élevé un temple à une comète, celle que le dieu Auguste jugea de si bon augure pour lui. Elle apparut lors des débuts de sa fortune, pendant les jeux qu'il célébrait en l'honneur de Vénus Genitrix, peu de temps après la mort de son père César, et dans le collège institué pour cela par ce dernier; il exprima en ces termes la joie qu'elle lui causait :
(en marge)les mots d'Auguste sur la favorabilité de la comète.
Ces mêmes jours de la célébration de mes jeux, on aperçut durant sept jours un astre chevelu dans la région du ciel qui est sous le Septentrion. Elle commençait à paraître vers la onzième heure; elle eut beaucoup d'éclat, et fut visible de toutes les parties de la terre. Suivant l'opinion générale, cet astre annonça que l'âme de César avait été reçue au nombre des divinités éternelles; c'est à ce titre qu'une comète fut ajouté à sa statue, que peu de temps après nous consacrâmes dans le forum.
Note: ici reprend le texte de Pline, mais Riccioli oublie de le séparer.
Ceci en public, en privé il rapporta avec joie cette naissance à lui même, et donc descendre d'elle. Et, si nous le reconnaissons vraiment, ce fut un bien-être pour la Terre. Il n'est pas incohérent d'avoir vu cette comète, le soleil se présentant au dessus de l'horizon, alors que Vénus fut non une fois, mais mainte fois observée en plein jour, par nous et par d'autres.

De hoc ipso Cometa intelligunt aliqui verba illa Q. Curtii lib. 10. Proinde jure meritoque populus Romanus salutem se Principi suo debere profitetur, cui noctis quam penè supremam habuimus, novum sidus illuxit. Hujus hercules, non solis, ortus lucem caliganti reddidit mundo. Quot ille tunc extinxit faces? quot condidit gladios? quantam tempestatem subita serenitate discussit?
De cette comète elle même rendent compte ces quelques mots de Quinte Curce, livre 10. Aussi par le droit et le mérite, le peuple romain reconnait hautement de voir le salut au prince, pour qui, de la nuit presqu'extrème que nous eumes, un nouvel astre se leva. De lui, non du soleil, Hercule rendit au monde obscurci la lumière de son lever. Combien n'éteignit-il pas de flambeaux? Combien de glaives n'enterra-t-il pas? Quelle tempète n'apaisa-t-il pas par une soudaine serénité?
Note: Il faut être aruspice pour reconnaître la comète de César dans ce passage obscur.
(Riccioli, tome II, p 5)

1665, Claude Comiers est très fier de sa science.
Iamais le ciel, au raport de Virgile * n'alluma tant de Cometes, non diri toties arsere Cometae, & ne menaça si fort la Terre, qu'en l'année 44. avant la Naissance de IESUS-CHRIST, & peu de mois avant la mort de Iule Cesar, que Brutus & Cassius assasinerent dans le Senat, en sa cinquante-septiéme année, le perçant de 23. coups de poignards, pour finir malheureusement les malheurs du premier Triumvirat.
* Plinius lib.2.c.25.

(Comiers, p 210)
Note: Comiers, le savantasse, se devait évidemment de parler de la comète de César, mais pourquoi citer Virgile, si vague, alors que Pline nous cite un témoin direct (et quel témoin!). Qu'avons nous à faire du nombre de coups qui ont frappé César? La seule chose exacte est la date. Mais l'an 44 ne vit qu'une seule comète. Elle apparut après la mort de César, et non avant, et le premier triumvirat était terminé depuis près de 10 ans. Honte à vous, savantasse du dimanche!

1668, Hévélius pratique le syncrétisme.

Hévélius
Ante natum Christum 41
A.M. 3922, anno U.R. 710, ante N.C. 41 Cometa horrendae magnitudinis ( in signo Scorpii ut aliqui volunt ) una cum aliis miraculis in coelo, post mortem Julii Caesaris per noctes septem arsit, anteque Solis occasum ortus est. Rockenbach.
Est ille Cometa de quo Augustus perscripsit.
Cometam huic tempori assignat Myzald. lib. 1. c. 9.
(en marge)Xiphias, ensis fastigiato mucrone.
Sunt & Xiphiae, inquit ensis fastigiato mucrone figuram (a qua Graeci illis nomen indiderunt) prae se ferentes, & gladii nitore absque ullis radiis pallentes.
Qualem Marco Antonio & Publ. Dolabella consulibus excanduisse ferunt, cum civile bellum inter Octavium & ipsum M. Antonium exardere coepit.
41 avant Jésus Christ
L'an 3922 de la création, 710 de Rome, 41 avant JC, Une comète d'une grandeur effrayante (dans le signe du Scorpion comme d'autres le veulent), avec d'autres prodiges célestes, après la mort de Jules César, brula pendant 7 nuits, et se leva avant le coucher du soleil. Rockenbach.
C'est cette comète que Pline décrivit minutieusement.
Mizauld assigne la comète à cette époque. livre I, ch.9.
(en marge)Xiphie, épée terminée en pointe
Il en est, les Xiphies, on les dit portant devant elles la forme d'une épée terminée en pointe (ce pourquoi les grecs ont donné ce nom), et de l'éclat du glaive, sans palir par aucun rayon. comme celle qu'on rapporte avoir brulé, Marc Antoine et Publius Dolabella étant consuls, alors que la guerre civile entre Octave et ce même Marc Antoine, commença d'éclater.

(Hévélius, p 801)
Note: Hévélius situe lui aussi l'apparition de la comète au début de la guerre Octave-Antoine, alors qu'elle apparut avant le second triumvirat.

1668, Hévélius cite une deuxième fois la comète en l'an 39 avec les consuls de l'année 44.
Ante Christum 39
M. Antonio & P. Dolabella Consul. ... Ludis Generis Genetricis, quos pro Collegio fecit, stella hora undecima crinita sub septentrionum sydere exorta, convertit omnium oculos &c. Julius Obsequens.

39 avant Jésus Christ
Marc Antoine et Publius Dolabella étant consuls ... Lors des jeux de Vénus Genitrix, qu'il fit pour le collège, à la onzième heure, une étoile chevelue apparue sous la constellation du septentrion attira tous les regards. etc. Julius Obsequens.
(Hévélius, p 802)

1668, Hévélius cite une troisième fois la comète avec la bonne description et une fausse date.
Ante natum Christum 27
(en marge)Clarum & omnibus conspicuum sidus.
In ipsis ludorum meorum diebus, sydus crinitum per septem dies, in Regione coeli quae sub Septentrionibus est, conspectum. Id oriebatur circa undecimam horam diei, clarumque & omnibus terris conspicuum fuit. Scripcisse dicitur Augustus apud Plin. lib. 7, c. 25.
Qui post necem Divi Julii, ludis Veneris Genitricis, circa undecimam horam diei emersit. Senec. l. 7, N. Q. c. 17.

27 avant Jésus Christ
En ces mêmes jours de la célébration de mes jeux, on aperçut durant sept jours une comète dans la région du ciel qui est au Septentrion. Elle commençait à paraître vers la onzième heure; elle eut beaucoup d'éclat, et fut visible de toutes les parties de la terre. On dit qu'Auguste l'a écrit, selon Pline, livre VII, ch.25.
Qui, après l'assasinat de Jules César, durant les jeux de Vénus Génitrix, s'éleva sur l'horizon vers la onzième heure du jour. Sénèque, Questions Naturelles, livre 7, ch.17.

(Hévélius, p 802)
Note: Hévélius pédale dans la mélasse. Non seulement il cite la comète de l'an 44, en l'an 41, puis en l'an 39, mais il la place maintenant en l'an 27 sur la foi de Pline et de Sénèque, qui pourtant disent bien que c'était pendant les jeux de Vénus Genitrix, l'année de la mort de César. En plus il mentionne le livre 7 de Pline au lieu du livre 2.

1681, Johann Jacob Wagner se fie aussi à Virgile.
A. vor Ch. E. 44 Vor dem Tode Julii Caesaris / welchen Cassius und Brutus auf dem Capitolio ermordet / sind underschidenliche Komet-Sternen herfür kommen / wie auss dem Virgilio Georg.L.2.zusehen.
L'an 44 av. JC., avant la mort de Jules César, que Cassius et Brutus assassinèrent au Capitole, des étoiles-comètes distinctes sont arrivées, comme on voit dans Virgile, Georgiques, livre 2
(Wagner, p 16)
Note: comme pour Comiers, c'est plusieurs comètes qui arrivèrent avant la mort de César.

1681, Lubienietski copie tout ce qu'il trouve.

Lubienietski
XXXVIII. Anno ante Christum Natum 44. (42) Occiso autem Caesare, apparuit stella Comata, de qua Suetonius in Iulio Casare cap. 88. sic. Periit sexto et quinquagesimo aetatis anno, atquè in deorum numerum relatus est, non ore modo decernentium, sed & persuasione vulgi. Siquidem ludis, quos primo consecratos ei haeres Augustus edebat, stella crinita per septem dies continuos fulsit, exoriens circa undecimum horam, creditumque est animam esse Caesaris in coelum recepti, & hac de causa simulachro ejus in vertice additur stella
Idemque asserit Plutarchus in Casare, addens fuisse ingentem stellam crinitam, quae post interitum Casaris ad septimam usquè noctem eximio fulgore coruscavit; sed luculentior in hoc Plinius lib.2. cap.25. ubi sic narrat:
Cometes in uno totius orbis loco colitur in templo Romae, admodum faustus divo Augusto judicatus ab ipso, quum incipiente eo, apparuit ludis, quos faciebat Veneri Genetrici, non multo post obitum patris Caesaris, in collegio ab eo instituto: namque his verbis id gaudium prodidit.
Iis ipsis ludorum meorum diebus sidus crinitum per semtem dies in regione caeli, quae sub septentrionibus est, conspectum. Id oriebatur circa undecimam horam diei, clarumque & omnibus terris conspicuum fuit. Eo sidere significari vulgus credidit, Caesaris animam inter deorum immortalium numina receptam, quo nomine id insigne simulacro capitis eius, quod mox in foro consecravimus, adjectum est. Haec ille in publicum: interiore gaudio sibi immum natum, seque in eo nasci interpretatus est: & si verum fatemur, salutare id terris fuit.
Nec vero inconveniens est, Sole adhuc supra horizontem versante, visum illum Cometam, cum Venus interdiu non semel a nobis & ab aliis crebro conspecta fuerit.
De hoc ipso Cometa intelligunt aliqui verba illa Q. Curtii lib. 10.
Proinde jure meritoque populus Romanus salutem se Principi suo debere profitetur, cui noctis quam penè supremam habuimus, novum sidus illuxit . Huius herculem non solis, ortus lucem caliganti reddidit mundo. Quot ille tunc extinxit faces? quot condidit gladios? quantam tempestatem subita serenitate discussit?
Ricciolus
XXXVIII. An 44 avant Jésus-Christ (42). En effet, César étant tué, il apparut une étoile chevelue, dont Suétone, dans la vie de Jules César parle ainsi. Il périt à cinquante-six ans, et fut mis au nombre des dieux, non par la rumeur mais par la conviction du peuple. Pendant les premiers jeux que donna pour lui, après son apothéose, son héritier Auguste, une comète, qui se levait vers la onzième heure, brilla durant sept jours de suite, et l'on crut que c'était l'âme de César reçue dans le ciel. C'est pour cette raison qu'il est représenté avec une étoile au dessus de la tête.
Et de même Plutarque affirme dans la vie de César, ajoutant qu'il y eut une immense étoile chevelue, qui après la fin de César, brilla d'un éclat exceptionnel, à la septième jusqu'à la nuit. mais plus impressionnant dans ce livre II de Pline, ch. 25, où il raconte:
Rome est le seul lieu de l'univers qui ait élevé un temple à une comète, celle que le dieu Auguste jugea de si bon augure pour lui. Elle apparut lors des débuts de sa fortune, pendant les jeux qu'il célébrait en l'honneur de Vénus Genitrix, peu de temps après la mort de son père César, et dans le collège institué pour cela par ce dernier; il exprima en ces termes la joie qu'elle lui causait :
Ces mêmes jours de la célébration de mes jeux, on aperçut durant sept jours un astre chevelu dans la région du ciel qui est sous le Septentrion. Elle commençait à paraître vers la onzième heure; elle eut beaucoup d'éclat, et fut visible de toutes les parties de la terre. Suivant l'opinion générale, cet astre annonça que l'âme de César avait été reçue au nombre des divinités éternelles; c'est à ce titre qu'une comète fut ajouté à sa statue, que peu de temps après nous consacrâmes dans le forum. Ceci en public, en privé il rapporta avec joie cette naissance à lui même, et donc descendre d'elle. Et, si nous le reconnaissons vraiment, ce fut un bien-être pour la Terre.
Il n'est pas incohérent d'avoir vu cette comète, le soleil se présentant au dessus de l'horizon, alors que Vénus fut non une fois, mais mainte fois observée en plein jour, par nous et par d'autres.

De cette comète elle même rendent compte ces quelques mots de Quinte Curce, livre 10.
Aussi par le droit et le mérite, le peuple romain reconnait hautement de voir le salut au prince, pour qui, de la nuit presqu'extrème que nous eumes, un nouvel astre se leva. De lui, non du soleil, Hercule rendit au monde obscurci la lumière de son lever. Combien n'éteignit-il pas de flambeaux? Combien de glaives n'enterra-t-il pas? Quelle tempète n'apaisa-t-il pas par une soudaine serénité?
Riccioli
Note: Lubienietski copie tout ce qu'il trouve, et copie tout Riccioli, alors que le passage de Quinte Curce, simple flatterie sur Auguste, n'a visiblement rien à voir avec la comète.
Eckstormius eundem Cometam recenset, & Plinium cum Milichio censet his verbis:
Sed quam salutare fuerit (ut addit Milichius Plinii Commentator) aestimari potest ex mutatione Reipublica & quinque bellis civilibus, quae sequuta sint stellae istius apparitionem, utpote Mutinense, Philippense, Perusinum, Siculum, Actiacum. Ita enim recenset Suetonius in Octavio Augusto cap.9. Sequutus est Octavii, Antonii & Lepidi triumviratus, plenus crudelitatis & homicidii, quo etiam Marcus Tullius Cicero Antonii jussu est interfectus.

Eckstorm recense cette même comète, et attribue à Pline avec Milichius, ces mots:
Mais qu'elle fut bienfaisante (comme l'ajoute Milichius, commentateur de Pline) on peut en juger d'après l'altération de la république, et les cinq guerres civiles qui suivirent l'apparition de cette étoile, comme celles de Modène, de Philippes, de Pérouse, de Sicile, d'Actium. car Suétone,dans la vie d'Auguste, ch. 9 recense ainsi que suivit le triumvirat d'Octave, Antoine et Lépide, rempli de cruautés et de meurtres, ou Ciceron fut tué sur l'ordre d'Antoine.

Note: Ce prétendu commentaire de Milichius, qui confond batailles et guerres civiles, ne figure pas dans l'édition de 1535 des commentaires de Milichius à Pline.
(Lubienietski, p 26)

1681, Lubienietski mentionne une deuxième fois la comète avec une fausse date.
XLVI Anno M. 3922. A.U.710. ante Christ. Nat. 41. Cometa horrendae magnitudinis (in signo Scorpii ut aliquii volunt) una cum aliis miraculis in coelo, post mortem Julii Caesaris, primi imperatoris, qui Romae in Curia, a Cassio & Bruto, 15. Martii viginti tribus vulneribus confossus est, per noctes 7 arsit, anteque Solis occasum exortus est, apparuit. Hunc bella civilia 5. magnaeque clades sunt secutae. Rockenb.
XLVI L'an 3922 de la création, 710 de Rome, 41 avant Jésus Christ, Une comète d'une grandeur effrayante (dans le signe du Scorpion comme d'autres le veulent) apparut, avec d'autres prodiges célestes, après la mort de Jules César, premier empereur, qui fut percé de 23 coups, à Rome dans la Curie, par Cassius et Brutus, le 15 mars, brula pendant 7 nuits, et se leva avant le coucher du soleil. Rockenbach.
(Lubienietski, p 35)
Note: Lubienietski, comme d'autres ne se rend pas compte qu'il cite deux fois la même apparition de comète.

1696, Zahn copie Rockenbach de travers.
42) M.3922. A.C.N. 41.
horrendae magnitudinis Cometa in signo Scorpii per 7 noctes etiam ante Solis occasum apparuit: imo plures Cometae visi dicuntur. Rockenbachius
Une comète d'une grandeur effrayante apparut encore 7 nuits, avant le coucher du soleil, dans le signe du Scorpion: Ou plutôt, on dit qu'on vit plusieurs comètes. Rockenbach
(Zahn, p 166)
Note: Où Zahn a-t-il lu "plusieurs comètes"? Rockenbach parle "d'autres prodiges".

Jusqu'ici, les auteurs se sont contentés de mentionner l'apparition de la comète, en se citant les uns en autres. Mais voici que Halley va tenter de déterminer les orbites des comètes connues, tout au moins, celles pour lesquelles on a pu faire des mesures de position. En 1715, Il publie une table des éléments de 24 comètes, dont celle de 1680. Mais cette table ne contient que les éléments qu'on a pu déterminer au voisinage du périhélie. Elle ne contient pas l'excentricité, ou ce qui revient au même, la distance à l'aphélie ou la période de révolution. Elle permet seulement de comparer des comètes dont les éléments sont connus, et pas de tenter une comparaison avec les comètes de l'antiquité, dont seule l'année est connue. Néanmoins Halley va tenter cette comparaison... et se planter

1715, Halley voit la comète de Jules César dans celle de 1680.


Edmund Halley
But as far as probability from the equality of Periods, and similar appearance of Comets, may be urged as an argument, the late wondrous Comet of 1680. seems to have been the same, which was seen in the time of our King Henry 1. anno 1106, which began to appear in the West about the middle of February, and continued for many days after, with such a Tail as was seen in that of 1680. And again in the Consulate of Lampadius and Orestes about the Year of Chrift 531, such another Comet appeared in the west, of which Malela, perhaps an Eyewitness, relates that it was megas kai phoberos, a great and fearful Star; that it appeared in the West, and emitted upwards from it a long white Beam; and was seen for 20 days. It were to be wish'd the Historian had told us what time of the Year it was seen; but 'tis however plain, that the interval between this and that of 1106, is nearly equal to that between 1106 and 1680, viz about 575 Years. And if we reckon backward such another Period, we shalll come to the 44th Year before Chrift, in which Julius Caesar was murder'd, and in which there appear'd a very remarkable Comet...
Mais dans la mesure où la probabilité de l'égalité des périodes, et d'apparence similaire des comètes, peut être invoquée comme un argument, la dernière comète merveilleuse de 1680 semble avoir été la même, qui a été vue à l'époque de notre roi Henri 1. l'an 1106, qui a commencé à apparaître en Occident, vers le milieu de Février, et a continué de nombreux jours après, avec une queue telle qu'on l'a vu dans celle de 1680. Et une nouvelle fois sous le consulat de Lampadius et Oreste vers l'an 531, une telle autre comète apparut vers l'ouest, dont Malela, peut-être un témoin oculaire, raconte qu'elle était megas kai phoberos, une étoile grande et terrible, qu'il est apparu dans l'Ouest, et émis vers le haut un long faisceau blanc, et a été vu pendant 20 jours. Il serait à souhaiter que l'historien nous eu dit à quel moment de l'année elle a été vue, mais il est cependant clair que l'intervalle entre celle ci et celle de 1106, est à peu près égale à celui entre 1106 et 1680, environ 575 ans. Et si l'on compte en arrière une telle autre période, nous en viendrons à la 44e année avant Jesus-Christ, dans laquelle Jules César fut assassiné, et dans laquelle il apparut une comète très remarquable ...
(Gregory, vol.2,p 901)
Note: Le problème est l'exactitude des données anciennes, et Halley accorde trop de crédit au passage de 531, qui, en réalité a eu lieu à l'automne 530, comme le dit l'histoire de la Chine du père De Mailla:
530
A la neuvième lune de cette année, il parut une comète depuis l'étoile Ta-kio jusqu'à Tchong-taï.

Pingré, en comparant les diverses sources, conclut à la non identité de cette comète avec celle de 1680:
Le mois de l'apparition est désigné par Théophanes, le plus ancien des historiens Européens qui ont parlé de cette Comète: elle parut d'abord au mois de Septembre. En Chine l'année commença les 13 de Février, ainsi le premier jour du neuvième mois ou de la neuvième lune en 530, tomba sur le 6 ou 7 d'Octobre, ce qui ne s'éloigne pas beaucoup du rapport de Théophanes. Halley n'avoit point vu ces autorités lorsqu'il se persuada que cette Comète étoit la même que celle de 1680. La révolution de cinq cents soixante-quinze ans qu'il attribue à la Comète de 1680, exige en effet un retour en 531. Mais cette Comète n'a pu paroître alors du côté de l'occident en Septembre & Octobre; si elle s'est montrée pendant ces deux mois, ce n'a pu être que le matin à l'orient: vers la fin de son apparition seulement on aurait la voir le soir, mais entre le septentrion & l'orient; & le matin, peu après son passage par le méridien & vers le Zénith. Ainsi, la comète dont les auteurs byzantins font mention, ne paroît pas pouvoir être la même que celle de 1680.
(Pingré, vol.1,p 315)
Nous allons voir que Pingré admettait néanmoins l'identité des comètes de 1680 et de 44 av. JC.
Halley supposait donc l'identité des comètes de 1680, 1106, 531 et 44 av. J.C., comme il avait supposé, avec raison, l'identité de celles de 1456, 1531, 1607 et 1682 (devenues autant d'apparition de la "comète de Halley"). Mais cette fois c'était hasardeux, et maintenant prouvé faux, puisque la période de la comète de 1680 n'est pas de 575 ans, mais de plus de 8000.

Les astronomes chinois l'avaient observé aussi.

1777, le père De Mailla mentionne une autre date d'apparition.
-44 av JC.
La cinquième année, à la quatrième lune, il parut une comète à l'étoile Sen.

(Mailla, vol III, p 162)
Note: De Mailla place à la troisième lune de l'an 42 une éclipse qui eut lieu le 27 mars 42 av JC. Son an 44 est donc bien 44 av JC. D'autre part, si le trajet de la comète à travers les constellations, et sa durée d'observation ne sont pas mentionnés, on peut remarquer que sur 19 comètes mentionnées par De Mailla pour le 1er millénaire avant notre ère, le trajet n'est indiqué que pour une seule, et la durée, jamais. Si le père de Mailla n'a pas négligé ces renseignements, il parait probable, que pour des raisons astrologiques, les chinois ne s'intéressaient qu'à la constellation d'apparition. Ainsi, la comète a très bien pu être observé plusieurs semaines. A cette époque, sous la dynastie des Han, la première lune était celle où le soleil entre dans le signe des poissons. La quatrième lune correspond donc à la période du 18 mai au 16 juin. Le fait que les chinois aient situé la comète par rapport à une étoile indiquerait que l'apparition était nocturne, ou au moins vespérale. Cette étoile Sen, ne se trouve pas dans la table des étoiles donnée par Deguignes, mais une traduction plus moderne du Han shu montre que c'est en fait la constellation d'Orion. Dans ces conditions cela pouvait être la position estimée d'Orion dans le ciel crépusculaire.

1783, Pingré se donne du mal mais se trompe dans sa reconstitution.
43. * Deux Comètes.

Alexandre Guy Pingré
« Lorsque je donnois des jeux au peuple , c'est Auguste qui parle, un Astre chevelu parut durant sept jours sous les Étoiles du Chariot. II se levoit à la onzième heure du jour ( vers cinq heures du soir ): il étoit d'un grand éclat; on le vit de toutes les parties de la terre. »
Pline l.II, c.XXV
Note: nous avons vu plus haut le texte de Pline: il ne parle absolument pas des étoiles du Chariot (la grand ourse).
Les jeux en l'honneur de Vénus , desquels il s'agit ici , commençoient le 23 Septembre & duroient sept jours. C'est sans doute à cette durée des jeux qu'Auguste faisoit principalement attention : selon lui, la Comète avoit été vue tous les sept jours des jeux; mais elle peut avoir été plus long-temps visible. Tous les anciens Auteurs ont répété les paroles d'Auguste a. Dion b, après avoir dit qu'on avoit vu cette Étoile tous jours de la durée des jeux, & que plusieurs la prenoient pour une Comète, ajoute que l'on vit en la même année (g) .
un flambeau ardent, qui traversoit le Ciel d'orient en occident ( ce qui ne fut probablement qu'un simple météore), & une Etoile inconnue jusqu'alors, qui brilla pendant un grand nombre de jours. II y a tout lieu de croire que cette Etoile inconnue, n'étoit autre que la Comète qui continua de paroìtre après les jeux solennels, & à laquelle plusieurs refusèrent de donner le nom de Comète, parce qu'on étoit alors persuadé que l'apparition des Comètes ne présageoit que des malheurs & des désastres: la flatterie aima mieux transformer l'ame de Césàr en cette nouvelle Étoile. Voyez les rêveries d'Ovide sur cette nouvelle métamorphose.
Ovid. Métam. l.XV.
Quoique Auguste, cédant à cette basse flatterie, ait cru pouvoir en prendre occasìon de couronner d'une Étoile la statue qu'il éleva quelque temps après à César, il convient au moins que l'Étoile qui parut durant les jeux de Vénus, étoit chevelue, c'est-à-dire que c'étoit une véritable Comète. Elle se levoit, c'est-à-dire sans doute, qu'elle commençoit à être visible vers la onzième heure du jour, lorsque le Soleil, approchant de l'horizon, commençoit à se dépouiller de son éclat: car , vu le lieu qu'Auguste lui-même assigne à la Comète, elle devoit être depuis long-temps au-dessus de l'horizon; elle étoit même alors fort à l'occident du méridien. Elle étoit au-dessous du. Chariot, ou des principales Étoiles de la grande Ourse, & par conséquent dans le ligne du Lion ou même de la Vierge, avec une latitude septentrionale de 35 à 40 degrés: elle devoit être très-belle, puisqu'on la voyoit de jour. Il n'y a aucune de ces circonstances qui ne convienne parfaitement à la belle Comète de 1680; & en effet , la plupart des Astronomes reconnoissent cette dernière Comète dans celle de l'an 43 avant l'ère Chrétienne.
Cette même année 43 , on avoit observé une Comète en Chine au nord-ouest, dans la constellation Tsan, c'est-á-dire en même ascension droite qu'Orion. On date son apparition de la quatrième Lune, c'est-à-dire du mois de Mai ou du commencement de Juin.
Gaubìl. Mailla, t.III.p. 162.
II est difficile de se persuader que cette Comète soit la même que la précédente; si cela étoit, cette Comète de l'an 43 ne pourroit être celle de 1680. La Comète Chinoise pourroit être plus facilement confondue avec l'Étoile nouvelle de Dion. Il est inutile d'avertir que le P. de Mailla date son apparition de l'année 44.
________________________________________________________
(g) Je dis la même année; car à peu-près dans la même page, Dion nomme les Consuls Antoine & Dolabella, qui appartiennent certainement à l'an 43 , Dolabella ayant été subrogé à César , aussitôt après la mort de celui-ci.
a Sueton. in Jul.Caes. Senec. l.VII.C.XVII, Obsequ.etc.
b Dio Cass l.XLV.

(Pingré, p 277)
Note: Pingré utilise la notation des astronomes, et 44 av. JC. correspond à -43. Il a bien raison de penser que la comète pourrait avoir été visible plus de 7 jours, que le flambeau n'était qu'un météore, et l'étoile nouvelle, la comète. Mais il se trompe sur la cause de l'apparition de la comète: Si elle apparaissait à la 11 ème heure, ce n'est pas qu'elle était déja dans le ciel, et le ciel moins lumineux parce que le soleil était près de l'horizon. La comète eut été alors dans une position circumpolaire. Mais à l'heure indiquée, le soleil se trouvait approximativement entre 15° et 20°de hauteur, et donc l'éclat du ciel était encore celui du plein jour. Or dans ces conditions, si la comète avait été dans une constellation circumpolaire, elle eût été visible toute la journée. Donc son apparition correspond bien à un lever, vraisemblablement au Nord-Nord-Est. Il se trompe aussi sur l'époque des jeux qui n'avaient plus lieu le 23 septembre depuis l'année précédente. Aussi sa reconstitution du ciel est elle fausse, et nous n'avons pas de raison de penser que la comète découverte en Chine fut différente de celle observée à Rome. Enfin au siècle suivant, Encke a pu calculer que la période de la comète de 1680 était de plus de 8000 ans!

1785, Joseph de Guignes trouve la longueur de la comète dans les textes chinois.
44 av JC.
La cinquième des années TSO-UEN de YUEN-TI, une comète sortit vers le nord-ouest, elle étoit d'une couleur rouge-jaune, sa longueur de huit Che (pied chinois); après plusieurs jours, elle devint longue de plusieurs Tchang, se dirigeant vers le nord-est, & occupoit une partie de Tsan.

(De Guignes, catalogue des comètes connues et observées par les chinois, Mémoires de mathématiques et de Physique présentés à l'académie royale des sciences, tome X, 1785, p 42)
Note: De Mailla dit que la comète parut à "l'étoile Sen", Pingré parle de "la constellation Tsan", et ici la comète parait au Nord-Ouest, avant de se diriger vers Tsan. La constellation Tsan est en fait, celle d'Orion réduite aux étoiles contenues dans son quadrilatère Bételgeuse - Bellatrix - Rigel - Saïph. La mention d'une longueur pour la comète prouve que les chinois la voyaient avec une queue. Si les chinois employaient les mêmes mesures subjectives que nous (1 m = 2°), et sachant que le pied chinois faisait 32 cm, cette queue devait d'abord faire environ 5°. Sachant que le (ou la?) Tchang faisait 10 pieds, nous voyons que la queue s'était étendue sur probablement au moins 15°. Mais dans quelle constellation se trouvait elle? On nous dit qu'elle arriva finalement dans la constellation Tsan, d'Orion. Or pendant la quatrième lunaison, au coucher du soleil, Orion était invisible et ne commença d'apparaitre à l'aube, vers l'Est, que début juillet. Mais il faut bien savoir que, selon le père Gaubil, les chinois ont noté des occultations de Jupiter, et de Mars, par la lune, dans la constellation Tsan. Or ces occultations ne peuvent avoir lieu qu'au voisinage de l'écliptique, où ne se trouve pas Orion. Dans ces conditions, il faut comprendre que ces occultations eurent lieu à la longitude céleste d'Orion, ce qui nous donne beaucoup plus d'incertitude en latitude. De plus, une difficulté apparait avec le Nord-Ouest. Nous n'avons trouvé aucune orbite convaincante faisant passer la comète près d'une étoile visible au NO, et l'orbite trouvée par Ramsey et Lewis ne la fait pas apparaitre au NO, mais plutôt y disparaitre, en sorte qu'il faut probablement comprendre, entre le Nord et l'Ouest. Pour ce qui est de l'heure d'apparition, si nous faisons l'hypothèse que la comète était au Nord-Ouest un peu avant l'aube, alors elle eu été visible toute la nuit, et se fut touvé au Nord après le coucher du soleil. On ne nous dirait pas alors qu'elle "sortit vers le nord-ouest". Elle était donc vers le nord-ouest après le coucher du soleil, qui était lui même sous l'horizon nord-ouest. La queue de la comète devait donc s'étendre vers le haut. D'autre part, après plusieurs jours, le fait que la queue s'était allongée montre que la comète s'était rapprochée du soleil.

1842, Victor Verger, traduit l'édition d'Obsequens par Lycosthenes.
CXXVIII. Sous les consuls M. Antoine et P. Dolabella (2)
A Brindes, C. Octavius, d’après le testament de César son père, se fit déclarer membre de la famille Julia;
Pendant les jeux célébrés en l'honneur de Vénus Mère, une étoile chevelue parut, à la 11ème heure, dans la constellation du Chariot, et attira tous les regards. Comme cet astre s'était montré pendant les jeux de Vénus, on s'empressa de le consacrer au divin Jules, et comme un ornement de son diadème.
On vit dans le ciel une torche ardente, qui se portait vers l’occident. Une grande étoile brilla pendant sept jours.
(2) Même année. (An de R. 710)
(Obsequens3, p 141)

1856 Les vulgarisateurs entrent en scène.

1857, Arago est optimiste.
Tout le monde sait, enfin, qu'une comète se montra dans le mois de septembre, l'année de la mort de César, pendant les jeux qu'Auguste donnait au peuple romain. Cette comète était très-brillante, puisqu'elle commençait à s'apercevoir dès la onzième heure du jour, c'est-à-dire vers cinq heures du soir, ou avant le coucher du soleil. La date est ici 43 avant notre ère.
(Arago, t III, p 110)
Note: admirons le bel optimisme de ce grand savant et vulgarisateur que fut Arago. Tout le monde savant le savait, ou plutôt le croyait, puisque la date est fausse, mais on peut douter que tous les ouvriers agricoles de Corrèze l'aient su.

1875, Guillemin s'exprime avec maladresse.
C'est ainsi que les comètes de 134 ou 137 et de 118, sont rapportées la première à la naisance et la seconde à l'avènement de Mithridate, et que la comète de l'an 43 ne fut autre chose que l'âme de César transportée au ciel.
(Guillemin, p 9)
Note: Il faut bien sûr comprendre que les romains de l'époque le croyaient.

1880, Flammarion caricature la crédulité des romains.
Les romains paraissent avoir cru très sérieusement que la grande comète qui apparut à la mort de César l'an 43 avant J.-C., était vraiment l'âme du dictateur.
(Flammarion, p 596)
Note: Nous avons vu qu'Auguste ne disait pas que la comète était l'ame de son père, mais qu'elle en annonçait la réception parmi les dieux.

1891, Rambosson fait annoncer la mort de César plusieurs mois après.
On prétendit que la mort de Jules César fut annoncée par la comète qui parut l'an 44 avant notre ère.
J. Rambosson, les astres, 1891, p 259
Note: Rambosson est tellement imprégné de l'idée que les anciens voyaient dans les comètes le présage de la mort d'un prince, qu'il répète l'erreur de Comiers, en plaçant la comète avant la mort de César, et non après.

1903, Proctor reprend l'opinion de Flammarion.
The comet of 43 B.C. was held by some to be the soul of Julius Caesar on its way to the abode of the gods.
La comète de 43 av. JC. fut tenue par certains comme l'âme de Jules César sur son chemin vers la demeure des dieux.
Proctor, myths marvels of astronomy, 1903, p 219

1909, Chambers explique assez bien l'idée des romains.
Neither astronomy in general nor comets in particular owe much to the ancient Romans, for they did not trouble themselves much about astral phenomena, being more disinguished as warriors, lawyers, and bricklayers. Nevertheless they looked upon the Comet of B.C. 43 as a celestial chariot carrying away the soul of Julius Caesar, who had been assasinated shortly before it made its appearance.
Ni l'astronomie en général, ni les comètes en particulier ne doivent beaucoup aux Romains, car ils ne s'inquiétaient pas beaucoup des phénomènes astraux, étant plus distingués comme guerriers, avocats et maçons. Néanmoins, ils regardaient la comète de 43 av. JC. comme un char céleste emportant l'âme de Jules César, qui avait été assassiné peu de temps avant qu'elle fasse son apparition.
Chambers, the story of comets, 1909, p 206

1910, Emerson fait de l'histoire à grand spectacle.
On the night of Caesar's assassination, when the Comet was seen blazing at its brightest, the Romans said that it come to bear away the great soul of the murdered Caesar.
Dans la nuit de l'assassinat de César, quand la comète fut observée flamboyant à son plus grand éclat, les Romains dirent qu'elle venait emporter la grande âme de César assassiné
Emerson, Comet Lore, 1910, p 15
Note: Cette fois c'est de l'histoire à grand spectacle. La comète s'approche, présage terrifiant, atteint son plus grand éclat lors de l'assassinat, puis s'en va en emportant l'âme du dictateur. La comète était de mêche avec les assassins, elle faisait partie du complot, c'est sûr.

1910, H W Elson simplifie l'histoire.
When Augustus Caesar began his reign in Rome, he pronounced a comet then in the sky an omen of promise to himself and his people, he also declared that it conveyed his departed uncle, the great Julius Caesar, to a place among the demigods.
Lorsque César Auguste commença son règne à Rome, il déclara qu'une comète alors dans le ciel était un présage de promesse pour lui-même et son peuple, il déclara aussi qu'elle transportait son défunt oncle, le grand Jules César, à une place parmi les demi-dieux.
Henry W Elson, comets, 1910, p 20
Note: C'est lors de l'entrée en scène d'Octave sur la scène politique romaine que cette comète parut. Il ne commenca à régner que 17 ans plus tard.

1977 Les ufologues s'en mèlent.

1977, Raymond Drake hallucine.
Selon Plutarque, en 44 av. J.-C., avant l'assassinat de César, des signes, des apparitions et des lumières extraordinaires apparurent dans le ciel. Strabon dit qu'on vit passer des multitudes d'hommes flamboyants.
Des hommes flamboyants! Tite-Live mentionnait des hommes en vêtements étincelants à Amiternum en 218 av. J.-C. Des anges resplendissants de lumière sont signalés dans la Bible comme le sont aujourd'hui de prétendus hommes de l'espace éblouissants.

(Drake2, p 120)
Note: Grandiose! Dommage qu'il n'y ait rien de vrai. C'est après la mort de César qu'on vit des phénomènes dans le ciel. Les hommes de feu de Strabon ne nous sont connus que par Plutarque, et pourraient concerner les Eduens, étymologiquement "les hommes de feu". Tite Live ne signale pas d'hommes en vêtements étincelants à Amiternum, mais des "apparences de navires", et des apparences d'hommes vétus de blanc. Des êtres resplendissants de lumières sont signalés dans tous les passages hallucinatoires des livres dits sacrés, et on aimerait que Drake nous cite un cas d'hommes de l'espace éblouissants.

1977, Christiane Piens confond Ciceron et son assassin.
Sous le consulat de M. Cicéron et P. Dolabella ( -46), ... Une grande étoile brilla pendant sept jours, ... 32.
32. J.O., CXXVIII (67).

(Piens, p 35)
Note: Ce n'est pas M. Ciceron mais M. Antoine (qui le fit assassiner), et Dolabella fut consul avec lui après les ides de Mars de l'an 44 av JC, et non 46

1997, Ramsey et Licht font une étude complète.

l'étude

J. T. Ramsey
De nombreux auteurs ont écrit des bétises en s'attaquant à des sujets dont plusieurs aspects sortaient de leur domaines de compétence, le plus bel exemple étant Vélikovsky, dont la théorie nécessitait de s'y connaitre à la fois en astronomie, géologie, physique, histoire, archéologie, épigraphie et mythologie. Or c'était, en fait, un psychiatre, qui avait fait quelques études de médecine et de mathématiques.
Ici, le problème nécessite de s'y connaitre à la fois dans les vieux textes, et dans la mécanique céleste, et c'est pourquoi la collaboration entre John. T. Ramsey, professeur émérite de lettres classiques et A. Lewis Licht, physicien, a produit une magistrale, étude décortiquant tous les aspects du problème et expliquant autant les observations, que leur absence. Les critiques sont élogieuses et les études des cométographes précédant sont, au mieux dépassées, au pire, ridicules.
Nous ne pouvons donner qu'un aperçu de ce travail, en en extrayant ce qui nous parait le plus important.

THE COMET OF 44 B.C. AND CESAR FUNERAL'S GAMES
LA COMETE DE 44 AV. J.C. ET LES JEUX FUNÈBRES DE CESAR

Les auteurs traitent d'abord l'observation chinoise, la première chronologiquement
The Chinese report has the comet appearing for only a few days at some point during 18 May to 16 June. There are a number of possible ways to interpret this evidence. (a) The comet was actually visible to the Chinese for a much longer period but only a partial report has come down to us. (b) The comet would have been visible for a longer period. but the weather was only clear for a few days. (c) The comet was too dim to be seen for much of its approach to the Sun but experienced a sudden outburst near perihelion, which lasted for only a few days. (d) The comet emerged for only a few days from the sunset skyglow.
  Interpretation (a) cannot be ruled out. In fact, this particular comet is known to have inspired the emperor to issue an edict in which he apologized for the deficiencies of his rule.
...
  Likewise. (b) and (c) are quite possible, but give us no further information on the comet’s position.
Le rapport chinois donne la comète n'apparaissant que quelques jours à un moment donné entre le 18 Mai et le 16 Juin. Il y a plusieurs façons possibles d'interpréter ce témoignage. (a) La comète était effectivement visible aux Chinois pour une période beaucoup plus longue, mais seulement un rapport partiel nous en est parvenu. (b) La comète aurait été visible pour une période plus longue, mais le temps ne fut clair que pour quelques jours. (c) La comète était trop faible pour être vu pour une grande partie de son approche du Soleil, mais a connu une explosion soudaine à proximité périhélie, qui n'a duré que quelques jours. (d) La comète n'a émergé que pour quelques jours des lueurs du coucher du soleil.
  L'interprétation (a) ne peut pas être exclue. En fait, cette comète particuliere est connue pour avoir incité l'empereur à émettre un édit dans lequel il s'excusait pour les carences de son règne.
...
  De même, (b) et (c) sont tout à fait possibles, mais ne nous donnent pas plus d'informations sur la position de la comète.

  In the following we shall adopt interpretation (d). That is, we assume that the path of the comet is close to the Sun during May-June, as shown in Figure 2. This figure is a schematic plot of the sky near the Sun in terms of right ascension and declination relative to the Sun. The western horizon at sunset is shown and anything to the right of that line sets before the Sun. The eastern horizon at sunrise is also shown and anything to the left of that line rises after the Sun. An object in the region of the sky to the right of the western horizon and to the left of the eastern horizon both sets before, and rises after, the Sun. An object in that region, unless it is extremely bright, cannot be seen since it is above the horizon only when the Sun is also in the sky. We call that region the “cone of invisibility." The exact boundaries of that region depend on the observer’s latitude and also on the day. The figure is calculated for the latitude of the Chinese sighting. 34° N. near 30 May.
Dans ce qui suit, nous adopterons interprétation (d). C'est à dire que nous supposons que le chemin de la comète est proche du Soleil en mai-Juin, comme représenté sur la Figure 2. Cette figure est un diagramme schématique du ciel près du Soleil en termes d'ascension droite et déclinaison par rapport au Soleil. L'horizon ouest au coucher du soleil est représenté et tout ce qui est à droite de cette ligne se couche avant le Soleil. L'horizon est au lever du soleil est également montré et tout ce qui est à gauche de cette ligne se lève après le Soleil. Un objet dans la région du ciel à droite de l'horizon ouest et à gauche de l'horizon Est à la fois, se couche avant, et se lève après le soleil. Un objet dans cette région, sauf s'il est extrèmement brillant, ne peut pas être vu car il n'est au-dessus de l'horizon que quand le Soleil est aussi dans le ciel. Nous appelons cette région le «cône d'invisibilité." Les limites exactes de cette région dépendent de la latitude de l'observateur et également du jour. La figure est établie pour la latitude de l'observation chinoise 34° N. vers le 30 mai.

Figure 2: A hypothetical orbit for Comet Caesar, plotted in right ascension and declination relative to the Sun. The western horizon at sunset and the eastern horizon at sunrise are shown. Anything to the right of the western horizon line sets before the Sun. Anything to the left of the eastern horizon line rises after the Sun. The lines of first visibility are drawn very schematically. The orbit at our hypothetical comet is marked by the number of days relative to the comet's transit through the Sun's meridian. This orbit is retrograde and has a perihelion at 0.224 A.U.

Figure 2: Une orbite hypothétique pour la Comete de César, tracée en ascension droite et en déclinaison par rapport au Soleil. L'horizon ouest au coucher du soleil et l'horizon est au lever du soleil sont représentés. Tout ce qui est à droite de la ligne d'horizon ouest se couche avant le Soleil. Tout ce qui est à gauche de la ligne d'horizon est se lève après le Soleil. Les lignes de première visibilité sont dessinés de façon très schématique. L'orbite de notre comète hypothétique est jalonnée par le nombre de jours par rapport au passage de la comète au méridien du Soleil. Cette orbite est rétrograde et a un perihélie à 0,224 U.A.

Puis les auteurs étudient les sources occidentales
The Roman Sighting
Our Greco-Roman sources may be combined to give a reasonably full account of how, when, and where the comet appeared in July. The considerable degree of agreement among these sources is best explained by the fact that most of them drew upon a tradition that was grounded in Augustus’ account of the comet in his Memoirs. De vita sua
L'observation romaine
Nos sources gréco-romaines peuvent être combinées pour donner un compte rendu raisonnablement complèt de comment, quand et où la comète apparut en Juillet. Le degré considérable d'accord entre ces sources est expliqué au mieux par le fait que la plupart d'entre eux s'appuyaient sur une tradition qui fut fondée dans le compte d'Auguste de la comète dans ses Mémoires. De sa vie

Ici une analyse des sources gréco-romaines que nous avons déja vu. Puis les auteurs réussissent à connecter les deux sources.
Be that as it may, both allowed regions are shaded in Figure 4, the Chinese to the left, and the Roman to the right. The regions are connected by the path of a comet having a perihelion distance of 0.224 A.U. (See Table l. p. 126. for the orbital parameters).
Quoi qu'il en soit, les deux régions autorisées sont ombrées dans la figure 4, les chinoises vers la gauche, et les romaines vers la droite. Les régions sont reliées par la trajectoire d'une comète ayant une distance de périhélie de 0,224 UA (Voir le tableau 126. lp pour les paramètres orbitaux).

Figure 4: The view to the north, as seen from 42° N (the latitude of Rome rounded to the nearest whole degree), at sunset on 23 July 44 B.C. The allowed regions for the comet's positions are shown shaded. The region on the right is bounded by a curve showing those points that rise at the NNE, and by two straight lines, one showing those points that rise at the beginning of the 11th hour, and another showing those points that rise at the end of the 11th hour. A path is plotted for a retrograde orbit with perihelion = 0.224 A.U. This path shows the comet within the allowed region on 23 July.
Figure 4: La vue vers le nord, comme on la voit à partir de 42° N (la latitude de Rome arrondi au degré entier le plus proche), au coucher du soleil le 23 Juillet 44 avant JC Les régions autorisées pour les positions de la comète sont affichés grisés. La région sur la droite est délimitée par une courbe montrant les points qui se lèvent au NNE, et par deux lignes droites, une montrant les points qui se lèvent au début de la 11e heure, et une autre montrant les points qui se lèvent à la fin de la 11e heure. Un trajet est tracé pour une orbite rétrograde périhélie = 0,224 U.A. Ce chemin montre la comète dans la région permise le 23 Juillet.

Ensuite, les auteurs étudient la raison des observations manquantes: Aune source romaine ne nous parle d'observations antérieures au mois de Juillet.
THE TROUBLING SILENCE OF OUR SOURCES
We now have a rough position for the comet for several days sometime during the latter part of May and the first part of June, and another around 20 to 26 July. Before we attempt to reconstruct a probable orbit for Cornet Caesar, let us first consider what appear to be some surprising gaps in our sources. On the one hand, our Greco-Roman sources fail to confirm the Chinese sighting of a comet in the spring of 44 BC, and on the other hand, both the Chinese sources and the contemporary letters of Cicero fail to attest the sighting of a comet during late July when Octavian held his games. This silence of our sources is bound to arouse suspicion and cast a shadow of doubt over the reliability of the sources that do report the comet of 44 unless some logical explanation can be offered for the absence of reports in both the East Asian and European sources. Let us take a closer look at this potentially negative evidence and try to discover how much weight should be given to it.
THE SIGHTING IN MAY
Our Western sources offer no account of the comet in the spring of 44 comparable to the report from China, despite the fact that there are extant a good number of letters written by Cicero and his friends during the very period of the Chinese sighting (18 May-16 June). In all, there survive 21 letters for this span of 30 days, eighteen written by Cicero to Atticus (nos.378-95 in Shackleton Bailey) and three in the collection Ad Familiares (nos.328-30 in Shackleton Bailey), but not one of those letters contains the faintest allusion to the comet reported by the Chinese in the NW, soon after sunset. At first glance, this silence may appear ominous, and in other circumstances it might well cause us to question the historical reality of a comet that is made to follow so closely upon the heels of the assassination of Caesar.
LE SILENCE TROUBLANT DE NOUS SOURCES
Nous avons maintenant une position approximative de la comète pendant plusieurs jours au cours de la dernière partie de mai et la première partie de Juin, et une autre du 20 à 26 Juillet. Avant d'essayer de reconstruire une orbite probable pour la cornete de César, nous considérons d'abord ce qui semble être des lacunes surprenantes dans nos sources. D'une part, nos sources gréco-romaines ne parviennent pas à confirmer l'observation chinoise d'une comète au printemps de 44 avant JC, et d'autre part, tant les sources chinoises que les lettres contemporaines de Cicéron ne parviennent pas à attester l'observation d'une comète à la fin de Juillet quand Octave tenait ses jeux. Ce silence de nos sources est propre à éveiller les soupçons et a jeté une ombre de doute sur la fiabilité des sources qui présentent la comète de 44 à moins qu'une explication logique puisse être offerte pour l'absence de rapports à la fois dans les sources de l'Asie de l'Est et les européennes. Voyons de plus près ces éléments de preuve potentiellement négatif et essayons de découvrir quel poids devrait leur être donné.
L'OBSERVATION DE MAI.
Nos sources occidentales n'offrent aucun rapport de la comète au printemps 44 comparable au rapport de Chine, en dépit du fait de l'existance d'un bon nombre de lettres écrites par Cicéron et ses amis pendant la période même de l'observation chinoise (18 mai -16 Juin). En tout, survivent 21 lettres pour cette durée de 30 jours, dix-huit écrite par Cicéron à Atticus (nos.378-95 dans Shackleton Bailey) et trois dans la collection Ad Familiares (nos.328-30 dans Shackleton Bailey), mais aucune de ces lettres ne contient la moindre allusion à la comète rapportés par les Chinois dans le nord-ouest, peu après le coucher du soleil. À première vue, ce silence peut apparaître inquiétant, et dans d'autres circonstances, il pourrait bien nous amener à remettre en question la réalité historique d'une comète, fabriquée pour suivre pied à talon l'assassinat de César.

ici, les auteurs discutent en détail des sources romaines qui auraient du mentionner la comète vue en Chine, puis ils remarquent que le moindre intérèt des romains pour les comètes suffirait à expliquer ce silence si la comète était peu visible
Given these circumstances, it is certainly odd that our Greek-Roman sources contain no notice of the comet in May-June, comparable to the report from China. This silence of our western sources cries out for an explanation, and a number of factors are worth considering. Part of the explanation may lie in the fact that the Chinese conducted their observations from a tower, using instruments, and drawing upon years of training and experience that might permit them to take note of objects that could go undetected by a casual observer. Indeed, the absence of any account of the comet in our western sources for the period of the Chinese sighting (May-June) strongly suggests that the object was not plainly visible at that time of year, and the reason why this may have been so is not difficult to imagine. As we have remarked earlier, when the comet was first observed by the Chinese in the evening sky, in the NW, it most likely remained rather deep in the sunset skyglow . This circumstance could readily account for the failure of the comet to attract much notice on the part of the Romans. It may also be relevant that in contrast with the interest shown by the Chinese and Babylonians in observing the heavens and recording their observations, the Roman state never established a comparable astronomical bureau, nor were even educated Romans much inclined to make direct observations of physical phenomena for their own sake.
Compte tenu de ces circonstances, il est certainement étrange que nos sources gréco-romaines ne contiennent pas de notification de la comète en mai-Juin, comparable au rapport de la Chine. Ce silence de nos sources occidentales réclame une explication, et un certain nombre de facteurs mérite d'ètre examinés. Une partie de l'explication réside peut-être dans le fait que les Chinois ont mené leurs observations d'une tour, en utilisant des instruments, et s'appuyant sur des années de formation et d'expérience qui pourrait leur permettre de prendre note d'objets qui pourraient passer inaperçus pour un observateur occasionnel. En effet, l'absence de tout rapport de la comète dans nos sources occidentales pour la période de l'observation chinoise (Mai-Juin) suggère fortement que l'objet n'était pas clairement visible à cette époque de l'année, et la raison pour laquelle cela peut avoir été si n'est pas difficile à imaginer. Comme nous l'avons souligné plus haut, lorsque la comète a été observée par les Chinois dans le ciel du soir, dans le nord-ouest, elle est fort probable restée assez profondément dans les lueurs du coucher du soleil. Cette circonstance pourrait facilement expliquer l'échec de la comète à générer beaucoup de notification de la part des Romains. Il peut également être pertinent que, en contraste avec l'intérêt manifesté par les chinois et les babyloniens à observer les cieux et à enregistrer leurs observations, l'état romain n'a jamais établi un bureau astronomique comparable, ni même n'a éduqué les romains beaucoup plus enclins à faire des observations directes des phénomènes physiques pour leur propre intérêt.
Ils trouvent alors la raison de la faible visibilité de la comète à Rome, avant le mois de Juillet.
How then are we to account for the surprising fact that our western sources neglect the comet of 44 until late July, when it suddenly emerged in broad daylight?

Eruption of Mt. Etna
In our opinion. the most promising answer to this question is furnished by evidence pointing to the presence of a volcanic dust veil in the atmosphere over Italy in the spring of 44, precisely at the time when the comet was seen from China but did not attract much, if any, notice in Italy. We may even be able to identify the probable origin of this volcanic aerosol, although certainty is impossible because we lack a world-wide record of volcanic activity for this early period. The leading candidate as the source of the aerosol is Mt. Etna, which, according to a notice attributed to Livy, gave off such a great blast of fire before the murder of Caesar that the heat was felt across the Strait of Messina in southern Italy." Although it may seem an incredible coincidence that both an eruption of a volcano in the Mediterranean and the apparition of a comet should occur in the same year, on either side of the date of Caesar’s death, the historical reality of the comet, as we have seen, is established beyond all reasonable doubt. So too, an explosive eruption of a volcano in the spring of 44 (quite likely Mt. Etna) can now be shown to be virtually an assured historical fact thanks to a stream of corroborative scientific data which have been developed in the last decade or two.
Comment donc pouvons-nous expliquer le fait surprenant que nos sources occidentales négligent la comète de 44 jusqu'à la fin de Juillet, quand elle apparut soudainement en plein jour?

L'éruption de l'Etna
À notre avis. la réponse la plus prometteuse à cette question est fournie par des preuves montrant la présence d'un voile de poussière volcanique dans l'atmosphère de l'Italie au printemps 44, précisément au moment où la comète a été vu depuis de Chine, mais n'a pas attiré beaucoup, le cas échéant , de notification en Italie. Nous pouvons même être en mesure d'identifier l'origine probable de cet aérosol volcanique, bien que la certitude est impossible parce que nous manquons d'un enregistrement mondial de l'activité volcanique pour cette première période. Le principal candidat comme source de l'aérosol est l'Etna, qui, selon un avis attribué à Tite-Live, a dégagé un si grand souffle de feu avant le meurtre de César que la chaleur a été ressenti à travers le détroit de Messine en Italie du Sud ". Bien qu'il puisse sembler une coïncidence incroyable qu'à la fois une éruption d'un volcan en Méditerranée et l'apparition d'une comète devrait se produire dans la même année, de chaque côté de la date de la mort de César, la réalité historique de la comète, comme nous l'avons vu, est établi au-delà de tout doute raisonnable. De même, une éruption explosive d'un volcan au printemps 44 (très probablement l'Etna) peut maintenant être montré ètre pratiquement un fait historique assuré grâce à un flux de données scientifiques corroborantes qui ont été développés dans la dernière ou les deux dernières décennies.

Il ne reste plus qu'à expliquer pourquoi, la comète fut brusquement visible fin Juillet. Cette explication résulte d'un brusque sursaut de luminosité, comme les comètes en connaissent parfois.
The maximum observed increase in the brightness of a comet experiencing such an outburst seems to be nine magnitudes at most. The mechanism is some sort of change in the internal structure of the comet's nucleus (Hughes). For a few comets the brightness increase is associated with a splitting of the nucleus (Sekanina 276-78). Recently the explosive polymerization of HCN has been discussed as a possible mechanism (Rettig). A typical light curve for a brightness increase, as given by Richter ([1963] 143), is shown in Figure 5a. There is a rise in brightness over a very short time, then a period of roughly constant brightness, followed by a period in which the brightness falls to its initial value.
L'augmentation maximale observée dans l'éclat d'une comète éprouvant une telle explosion semble être de neuf magnitudes au plus. Le mécanisme est une sorte de changement dans la structure interne du noyau de la comète (Hughes). Pour quelques comètes l'augmentation de la luminosité est associée à une scission du noyau (Sekanina 276-78). Récemment la polymérisation explosive de HCN a été discuté en tant que mécanisme possible (Rettig). Une courbe de lumière typique pour une augmentation de luminosité, comme donnée par Richter ([1963] 143), est représenté sur la figure 5a. Il y a une augmentation de la luminosité sur un temps très court, puis une période de luminosité à peu près constante, suivie d'une période où la luminosité retombe à sa valeur initiale.

Figure 5a: Typical cometary brightness outburst (after Richter). The duration at the outburst varies, and is given here in arbitrary units. We have set the initial magnitude equal to +18, and the magnitude change equal to 9.
Figure 5a: Sursaut typique de luminosité cométaire (d'après Richter). La durée depuis l'explosion varie, et est donnée ici en unités arbitraires. Nous avons mis la magnitude initiale égale à 18, et le changement de magnitude à 9.

Pour trouver une orbite acceptable, malgré le flou des données, les auteurs vont utiliser une méthode astucieuse, voire révolutionnaire.
To get an idea of the uncertainty in our resulting orbital parameters, we performed a Monte Carlo calculation. A five-dimensional “box” was defined in such a way as to enclose the reference positions given above for our two dates of observation (30 May and 23 July) as well as our 0.224 A.U. perihelion distance. The computer then chose positions and perihelion distances at random within the box. It found 41 sets of orbital parameters within this box, and computed their mean values and standard deviations. The mean values were not significantly different from those of our 0.224 A.U. retrograde and direct orbits, which we give, along with the standard deviations, in the following table.
Pour avoir une idée de l'incertitude dans nos paramètres orbitaux résultant, nous avons effectué une simulation aléatoire. Une «boîte» à cinq dimensions a été défini de manière à enserrer les positions de référence ci-dessus pour nos deux dates d'observation (30 mai et 23 Juillet) ainsi que notre distance au périhélie de 0,224 U.A. L'ordinateur a alors choisi des positions et des distances de périhélie au hasard dans la boîte. Il a trouvé 41 ensembles de paramètres orbitaux au sein de cette boîte, et calculé leurs valeurs moyennes et les écarts types. Les valeurs moyennes n'étaient pas significativement différents de celles de nos orbites rétrogrades et directes avec 0,224 U.A., que nous donnons, ainsi que les écarts-types, dans le tableau suivant.
Note: On est bien loin ici des méthodes classiques, enseignés dans les manuels d'astronomie générale, comme celles de Laplace, Gauss ou Olbers, qui échouent lamentablement, comme nous l'avons vérifié, à trouver une orbite vraisemblable avec des données aussi floues. Saluons l'audace des auteurs.

perihelioninclinationΩ ω DP
Retrograde0.224 ± 0.048 A.U.109.81 ± 20°141.40 ± 30°17.09 ± 17°25.16 ± 1 d
Direct0.224 ± 0.048 A.U.45.91 ± 10°178.88 ± 22°6.91 ± 23°25.26 ± 1 d
This table lists the perihelion distance, inclination, longitude of the ascending node (Ω ) in epoch -43.0, argument of perihélion (ω ), and the day of perihélion (DP) in may 44 B.C.
Cette table donne la distance au périhélie, l'inclinaison, la longitude du noeud ascendant (Ω ) pour l'époque -43.0, l'argument de latitude du périhélie (ω ), et la date de passage au périhélie (DP) en mai 44 av. J.C.


Of these two orbits, the direct causes the comet to approach the Earth more closely during the latter part of May (see Figure 8), and so the comet should have been approximately one magnitude brighter in May-June than the comet having a retrograde orbit. The apparent absence of reported sightings during that period in 44 B.C. would tend to favor a dimmer comet, making it slightly more probable that Caesar's comet had the retrograde orbit. We therefore base the remainder of our analysis on a comet with a retrograde orbit.
De ces deux orbites, la directe force la comète à approcher au plus près de la Terre au cours de la dernière partie du mois de mai (voir Figure 8), et ainsi la comète aurait été environ une magnitude plus brillante en mai-Juin que la comète ayant une orbite rétrograde. L'absence apparente d'observations rapportées pendant cette période en 44 BC tendrait à favoriser une comète plus faible, ce qui rend un peu plus probable que la comète de César avait l'orbite rétrograde. Nous basons donc le reste de notre analyse sur une comète avec une orbite rétrograde. Nous basons donc le reste de notre analyse sur une comète avec une orbite rétrograde.
Les auteurs peuvent alors montrer les deux orbites possibles, vu en plan.

Figure 3: Two orbits for Comet Caesar, each with a perihelion distance equal to 0.224 A.U. One orbit is retrograde, the other is direct. The view is of the plane of the ecliptic from the north side. The portions of the orbits that pass beneath the plane are shown dashed. The Earth‘s orbit and its positions at the two dates of observation are shown, as well as the lines of sight to the comets following the orbits. The comets' apparent positions coincide on these dates. Next to each comet position, the Sun-comet distance is listed above the Earth-comet distance.

Figure 3: Deux orbites pour la comète de César, chacune avec un périhélie égal à 0,224 U.A. Une orbite est rétrograde, l'autre est directe. La vue est celle du plan de l'écliptique depuis le nord. Les parties des orbites qui passent en dessous du plan sont présentés en pointillés. L'orbite de la Terre et de ses positions sur les deux dates d'observation sont présentés, ainsi que les lignes de visée vers les comètes suivants les orbites. Les positions apparentes de comètes coïncident pour ces dates. À côté de chaque position de la comète, la distance Soleil-comète est notée au-dessus du La distance Terre-comète.
Et voila, malgré la difficulté, Ramsey et Licht ont réussi cet exploit de trouver une orbite vraisemblable, pour une comète dont les observations paraissaient jusque là, incompatibles. Ils ont eu aussi cette honnèteté de mentionner les marges d'incertitudes, marges bien logiques à partir de données aussi floues. Grace à leur travail nous pouvons tenter une reconstitution de ce qui était visible en Chine. Nous avons choisi le 24 mai, date ou la comète était angulairement proche de la planète Vénus.
Note: Nous avons du rajouter manuellement la queue de la comète, que ne reconstitue pas Stellarium.
(Ramsey, p 80 à 129)

1999, Gary Kronk présente l'orbite calculée par Ramsey and Licht, sans les marges d'incertitude.

Gary Konk
C/-43 K1
Following the death of julius Caesar on -43 March 15, one of the most celebrated comets of the ancient world appeared in the skies over Rome. Both Roman and Greek sources report details that are strikingly similar to those reported for a comet seen from China and Korea during that same year. Although the Chinese and Korean records are dated down to the lunar month, there has been debate as to the date indicated by the Roman and Greek sources. Subsequently, there is some question as to whether the European comet is the same as the Asian one.
Ici les récits de Pline, Sénèque, Calpurnius Siculus, Plutarque, Dion Cassius, Julius Obsequens et Servius.
  The actual date of the Roman event has, until recently, been considered uncertain. From the details above it can be noted that the comet was seen "during the games of Venus Genetrix." According to John T. Ramsey and A. Lewis Licht (1997) the temple to Venus Genetrix was inaugurated on 45 September 26. Previous astronomers, including A. G. Pingré (1783), had indicated the comet was seen at the end of September, but Ramsey and Licht made special note that within the two years of the temple inauguration a new celebration called the ludi Victoriae Caesaris had been created which occurred around July 20-23, and the games of Venus Genetrix were combined with the ludi Victoriae Caesaris. Thus, Caesar’s comet was probably seen near the end of July in 43.
  An original source also indicates the comet was seen in China. Pan Ku was the primary compiler of the Han shu (100). In the annals he says a "broom star" was seen in the summer during the month of -43 May 18 to June 16. The comet "appeared in Shen [α, β, γ, δ, ε, ζ and κ Orionis]." Additional details are given in the astronomical chapter, where it is said the comet was "seen at the northwest. It was reddish-yellow and measured about 8° long. After several days passed it measured over 10° and pointed toward the northeast. It was then found at the division of the Shen."
...
  As long ago as 1783 Pingré noted in his Cometographie that the Chinese and Roman comets were probably unrelated. Debate on this issue has resurfaced every so often since that time. Ramsey and Licht wrote a 236-page book on the subject during 1997. They were the first to offer evidence that the Roman comet was seen during late July instead of the previously accepted September, which brought the Roman and Chinese comets closer than ever before. With the observations at hand, they not only concluded the two comets Were one and the same, but determined the orbit given below which would enable the comet to meet all the details published in Rome and China. They concluded the comet had been a relatively bright object when seen in China, but then faded away and that it was invisible for about a month before a dramatic outburst in brightness made it an obvious naked-eye object for about a week near the end of July.
Tω Ω (2000.0)iqe
-43 May 25 (UT)171701100.221.0
Note: On peut s'étonner que Gary Kronk donne des éléments si prècis alors que les données de départ étaient si floues. En fait les éléments de l'orbite présentés par Ramsey et Licht, comprenaient des marges d'incertitude que Gary Kronk ne mentionne pas.
Après la mort de Jules César, le 15 Mars 44 av. J.C., l'une des plus célèbres comètes du monde antique apparut dans le ciel de Rome. Les deux sources romaines et grecques signalent des détails qui sont étonnamment semblables à ceux rapportés pour une comète vu de la Chine et de la Corée au cours de cette même année. Bien que les chroniques chinoises et coréennes soient datées par le mois lunaire, il y a eu débat quant à la date indiquée par les sources romaines et grecques. Par suite, la question est de savoir si la comète européenne est la même que l'Asiatique.
Ici les récits de Pline, Sénèque, Calpurnius Siculus, Plutarque, Dion Cassius, Julius Obsequens et Servius.
  La date effective de l'événement romain a, jusqu'à récemment, été jugée incertaine. D'après les détails ci-dessus, il peut être noté que la comète a été vu "pendant les jeux de Vénus Genitrix." Selon John T. et A. Ramsey Lewis Licht (1997), le temple à Vénus Genitrix a été inauguré le 26 Septembre 45. Des astronomes précédents, y compris A.G. Pingré (1783), avaient indiqué que la comète a été observée à la fin de Septembre, mais Ramsey et Licht ont remarqué que, dans les deux ans de l'inauguration du temple une nouvelle célébration appelé les Jeux de la victoire de César avait été créé, qui ont eu lieu autour du 20-23 Juillet et les jeux de Vénus Genitrix ont été combinées avec les Jeux de la victoire de César. Ainsi, la comète de César a probablement été vu près de la fin de Juillet 44 av. J.C.
  Une source originale indique également que la comète a été vu en Chine. Pan Ku était le compilateur principal de la Han shu (100). Dans les annales il dit qu'une «étoile de balai" a été vu l'été pendant le mois du 18 Mai au 16 juin 44 av.J.C. La comète "est apparu dans Shen [α, β, γ, δ, ε, ζ et κ Orion]". Des détails supplémentaires sont donnés dans le chapitre astronomique, où il est dit la comète a été «vu au nord-ouest. Elle était jaune-rougeâtre et mesurait environ 8° de long. Après plusieurs jours passés elle mesurait plus de 10° et pointait vers le nord-est. Elle a alors été trouvé à la limite de Shen".
...
  Dès 1783 Pingré a noté dans sa Cometographie que les comètes chinoises et romaines étaient probablement sans rapport. Le débat sur cette question a refait souvent surface depuis ce temps. Ramsey et Licht ont écrit un livre de 236 pages sur le sujet en 1997. Ils furent les premiers à apporter la preuve que la comète romaine a été vu à la fin de Juillet, au lieu de Septembre précédemment accepté, ce qui rendait les comètes romaines et chinoises plus proches qu'avant. Avec les observations en main, ils ont non seulement conclu que les deux comètes étaient une seule et même, mais déterminé l'orbite donnée ci-dessous qui permettrait à la comète de rendre compte de tous les détails publiés à Rome et en Chine. Ils ont conclu que la comète avait été un objet relativement brillant lorsqu'il a été vu en Chine, mais s'évanouit alors et qu'il fut invisible pendant environ un mois avant qu'une explosion spectaculaire de sa luminosité en fasse un objet évident à l'œil nu pour environ une semaine à la fin de juillet.

(Kronk, p 22)
Note: Ramsey et Licht ont évidemment fait un excellent travail, mais s'il est exact qu'en 1783, Pingré croyait la comète apparue au mois de Septembre, il est faux de dire que Ramsey et Licht sont les premiers à dire qu'elle apparut au mois de Juillet. Cette datation apparait déja en 1887, dans la Revue belge de numismatique, à propos du "Sidus Julium" sur des monnaies frappées après la mort de César.

2009 Jacques Vallée n'a pas lu les auteurs qu'il cite.

Jacques Vallée
July 43 BC: The Comet of Murtine, Croatia
Pliny the Elder tells that Augustus wrote "On the very days of my games, a comet was visible over the course of seven days, in the northern region of the heavens. It rose at about the eleventh hour of the day and was bright and plainly seen from all lands. The common people believed that this star signified the soul of Caesar had been received among the spirits of the immortal gods. On this account, it was added as an adornment to the head of the statue of Caesar that I, not long afterwards, dedicated in the Forum."
Gaius Suetonius Tranquillus included Augustus' account in his book The Lives of the Caesars, and Seneca also mentions it in Quaestiones Naturales, stating the phenomenon appeared at the 11th hour of the day. Plutarch, Siculus and Obsequens all wrote about it, as well as Servius in his commentaries on Virgil's Eclogue and Aeneid in the 4th century. Servius relates the phenomenon was observed in the daytime and lasted for three days, but he was writing long after the event. Astronomers believe there could be a link with a comet recorded in the Han Shu for May and June 43 BC.

juillet 43 av JC: la comète de Murtine, Croatie.
Pline l'ancien dit qu'Auguste écrivit "Les jours mêmes de mes jeux, une comète était visible dans le cours de sept jours, dans la région nord du ciel. Elle se levait à la onzième heure de la journée et était brillante et parfaitement vue de tous les pays. Le peuple croyait que cette étoile signifiait que l'âme de César avait été reçu parmi les esprits des dieux immortels. A ce titre, elle a été ajouté comme un ornement à la tête de la statue de César que, peu de temps après, je consacrais dans le Forum".
Gaius Suétone Tranquillus inclus le récit d'Auguste dans son livre Les Vies des Césars, et Sénèque le mentionne également dans Questions Naturelles, indiquant que le phénomène est apparu à la 11ème heure de la journée. Plutarque, Diodore de Sicile et Obsequens écrivirent tous à ce sujet, ainsi que Servius dans ses commentaires sur l'églogue de Virgile et sur l'Enéide au 4ème siècle.
Servius rapporte que le phénomène a été observé dans la journée et a duré trois jours, mais il écrivait longtemps après l'événement.
Les astronomes pensent qu'il pourrait y avoir un lien avec une comète enregistrée dans le Han Shu pour Mai et Juin 43 avant JC.

(Vallée2, p 456)
Note: Ca commence mal: la comète fut observée en 44 av JC à Rome, et non en 43 en Croatie
Ensuite, le passage d'Auguste est correctement cité, mais si Suètone s'inspire du récit d'Auguste, il ne le cite pas vraiment, pas plus que Sénèque. Plutarque et Obsequens en ont bien parlé, mais les livres de Diodore de Sicile sont perdus pour cette époque. Servius dit bien que le phénomène a été observé au milieu du jour, mais il ne dit pas qu'il dura trois jours, et il écrivait à une époque où les livres des principaux historiens existaient encore. Manifestement, Vallée n'a pas lu les auteurs qu'il cite. Sinon, oui, il y a un lien avec la comète observée par les chinois en -43 des astronomes, soit 44 av. JC.


Analyse:

à l'avers: Auguste, au revers: la comète, le Sidus Julium
Voila un prodige, dont exceptionnellement, nous connaissons le témoin. Il n'y en a ainsi que quelques rares cas dans notre liste, comme pour la comète observée par Aristote et Ephore, ou le bolide observé par le proconsul Silanus. Mieux, bien que ce ne soit qu'unc copie, nous avons son témoignage, avec une description sommaire, la date, même indirecte, et l'heure, même imprécise. Le seul problème est que, comme ce témoignage apparait dans l'histoire de sa vie, il a probablement été rédigé bien des années après les faits.

Auguste dit que l'étoile chevelue apparut vers la onzième heure, soit entre une heure et deux heures avant le coucher du soleil, donc en plein jour. Ceci ne doit pas nous faire rejeter ce témoignage, car nous connaissons d'autre observations de comètes en plein jour. Nous pouvons plutôt en conclure que cette comète fut exceptionnelle, et qu'elle impressionna le peuple. Elle l'impressionna même tellement qu'Auguste en profita. C'est au point qu'il fit taire l'impudent aruspice, qui avait eu l'audace d'affirmer que ce n'était qu'une comète. Puisque le peuple voyait cet astre apparu pour sa gloire, et était enclin à y voir l'âme de César, non seulement il fit ajouter l'astre à la statue de César, mais il fit frapper des médailles, qui l'associaient au Sidus Julium, l'astre mémorable.

Auguste dit aussi qu'elle était sous le septentrion. Devons nous admettre, avec Pingré, qu'elle était juste au nord, et apparut avec la diminution de la clarté du ciel? Non, car en fait, il faisait encore plein jour, et comme la comète aurait été alors circumpolaire, elle aurait été vue toute la journée, et non vers la onzième heure. N'oublions pas non plus que "sous le septentrion" est assez vague, d'autant qu'à l'époque, il n'y avait pas d'étoile polaire. Donc la comète n'est pas apparue progressivement sur un ciel devenu moins lumineux, mais en se levant à l'horizon. Pour être encore jugée sous le Septentrion, la comète devait donc se lever au N-N-E.

Auguste nous dit que la comète fut vue lors de la célébration des jeux qu'il donnait pour les fètes de Vénus Génitix, que, l'année précédente, César avait avancé au 20 juillet. Ces jeux durèrent sept jours. Auguste ne dit pas qu'on la découvrit le premier jour, mais il dit qu'elle fut visible 7 jours, soit la durée des jeux. Il est donc bien probable qu'elle apparut le 20 juillet. Elle fut probablement encore visible après, et Auguste ne dit pas qu'elle apparaissait tous les jours au même endroit, à la même heure. Nous avons vu que le 20 juillet, la comète serait apparu entre 16H 59 et 18H 13, heure de Rome. Nous pouvons voir aussi que, se levant au nord-nord-est, elle devait se trouver juste sous le W de la constellation de Cassiopée (constellation invisible à cette heure là, bien sûr). Mais ensuite, elle put tout aussi bien se déplacer dans le ciel. Auguste n'est pas astronome, et ne cherche pas à connaitre sa trajectoire. Il s'attache au prodige, qui parait manifester la grandeur de César, et donc la sienne propre, en tant qu'héritier de César. Le prodige étant seulement l'apparition de cette comète visible en plein jour, nous ne saurons pas la suite. Nous savons seulement qu'elle fut visible pendant toute la durée des jeux, et qu'elle ne s'éloigna probablement pas trop du septentrion.

Mais comment cette comète pouvait elle être visible en plein jour, au point qu'on prète à Pontanus l'idée de la faire paraître la nuit? Nous savons, comme l'avait remarqué Riccioli, que Vénus, avec sa magnitude de -4, est visible en plein jour, mais nous savons aussi qu'on ne la découvre pas spontanément. Il faut un point de repère, pour pouvoir diriger son regard juste dessus. Cette observation de Vénus en plein jour par tout un chacun eut lieu, en particulier, le 14 aout 104 av. JC. de la troisième à la septième heure, grace au point de repère de la lune. Mais pour la comète, il n'y avait pas de point de repère, il nous faut donc admettre une magnitude de -5, voire -6.
Il faut évidemment que la comète soit suffisamment grosse, pour paraître aussi lumineuse. Nous savons que le noyau d'une comète brillante fait couramment plusieurs dizaines de km, que celui de la comète Hale-Bopp avoisinait les 80 km, et que celui de Chiron, comète sans queue ni tête fait environ deux cent km.
Il y a alors deux cas de figure: Soit l'éclat de la comète est du à sa taille apparente, soit elle est très proche du soleil, et son éclat est du à la combinaison du dégazage du noyau et de son éclairement, l'éclat intrinsèque de la comète variant alors comme la quatrième puissance de l'inverse de la distance.
Mais ici, nous sommes sûr que la comète n'était pas près du soleil: Elle était visible au N-N-E, alors que le 20 juillet, à l'heure où elle apparut, le soleil était à l'O-N-O, a bien 90° de la comète. Donc la comète n'était pas proche du soleil.
Donc, vers le 20 juillet, la comète se projetait dans les environs de Cassiopée, avec une taille apparente importante de sa tête. A nouveau, deux cas de figure: Soit la comète était très proche de la Terre, soit elle avait subi une explosion augmentant son volume, comme dans le cas de la comète Holmes, dont l'éclat fut brutalement multiplié par un million en 2007.
Mais nous pouvons éliminer l'hypothèse d'une grande proximité, car avec sa vitesse parabolique, si la comète avait été proche de la Terre, elle ne le serait pas resté longtemps, alors qu'il faut rendre compte d'une période de visibilité d'environ sept jours.
Reste l'explication par une brutale augmentation de luminosité, comme on l'a vu récemment pour la comète Holmes, et mentionnée par Ramsey et Licht, alors que cette comète n'avait d'ailleurs pas encore explosé. Il n'est d'ailleurs pas nécessaire d'invoquer une augmentation d'un facteur un million (15 magnitudes), et Ramsey et Licht se contentent timidement d'une augmentation de 9 magnitudes. L'exemple de Holmes montre qu'on peut sans imprudence aller jusqu'à 10, et supposer que la comète ait brusquement passé de la magnitude 5, à peine visible à l'oeil nu, à la magnitude -5, visible en plein jour.

Nous avons vu comment Ramsey et Licht ont réussi à connecter les observations romaines et chinoises, et trouver une orbite approximative qui rende assez bien compte des observations chinoises de fin mai, et des observations romaines de fin Juillet. Nous pouvons, grace à Stellarium, montrer pourquoi la comète ne fut pas vu à Rome. Nous savons que la latitude de Rome est un peu supérieure à celle du pont d'observation chinois. Mais nous savons aussi par Pline, Plutarque, Servius et Obsequens que le soleil parut affaibli, après une éruption de l'Etna, ce qu'ont trouvé aussi Ramsey et Licht. Il y avait donc une importante pollution atmosphérique, dont nous avons tenu compte, dans une reconstitution par Stellarium, comparant ce qui était visible en Chine, et à Rome.
On voit qu'à Rome, Vénus est à peine visible, et la comète pas du tout. (les heures sont en T.U.)

C'est la première fois que nous trouvons une orbite de comète assez sérieuse pour en faire une reconstitution par Stellarium. Coup de chapeau à Ramsey et à Licht, qui sont probablement les seuls que notre étude n'ait pas égratigné.

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Dernière mise à jour: 09/12/2014